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Christophe Zemmour et William Vigneaud

> déconnerie

Tabloïd, numéro 7

Allemagne 2-0 Ukraine : Mustafi grave

Matchbox – Après la forte impression laissée par la Croatie dans l’après-midi, les champions du monde allemands sont allés chercher une victoire solide (2-0), bien que révélant certaines de leurs faiblesses face à une Ukraine courageuse mais limitée.

 

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Lille, Stade Pierre-Mauroy.

 

Buts: Mustafi (19e) et Schweinsteiger (90e+2) pour l’Allemagne.

 

Allemagne: Neuer – Höwedes, Mustafi, Boateng, Hector – Kroos, Khedira – Müller, Özil, Draxler (Schürrle, 78e) – Götze (Schweinsteiger, 90e).

 

Ukraine: Pyatov – Fedetskiy, Khacheridi, Rakitskiy, Shevchuk – Kovalenko (Zinchenko, 74e), Stepanenko, Sydorchuk – Iarmolenko, Konoplyanka – Zozulya (Seleznov, 66e).

 

Arbitre: Martin Atkinson (ANG).

 

L’Allemagne s’attaque à un doublé Mondial-Euro (dans ce sens) qui lui a déjà échappé deux fois en finale (1976 et 1992). Pour son sélectionneur Joachim Löw, la préparation de la conquête de ce titre continental, “ce n’est pas de la pression, c’est du bonheur.” C’étaient surtout deux choix délicats à faire en ce début d’Euro: celui du capitaine (le brassard échoiera finalement à Manuel Neuer) et trouver un remplaçant au convalescent Mats Hummels.

 

 

 

La nalyse

C’est d’ailleurs son suppléant du soir, Shkodran Mustafi, qui, sur un coup franc enroulé de Toni Kroos, ouvre le score à la 19e d’une reprise de la tête que n’aurait d’ailleurs pas reniée le désormais ex-défenseur central du Borussia Dortmund. Jusque-là, et pendant toute la première demi-heure, le match s’est résumé à une possession allemande et une équipe d’Ukraine bien en peine pour relancer et construire. Disposée dans un 4-3-3 très offensif, la Mannschaft impose son rythme en récupérant le ballon rapidement sur les phases de transition. La présence haute des latéraux le long de la ligne de touche permet d’étirer le bloc des jaunes et bleus. C’est fort logiquement que les actions les plus dangereuses viennent de changements de jeu bien sentis. De leur côté, les Ukrainiens défendent en faisant le yoyo entre 4-3-2-1 et 4-5-1, avec une très grosse densité dans la surface et les trente derniers mètres. Les multiples tentatives de jeu long des hommes de Löw ont soit manqué de précision, soit de dosage, jusqu’à l’ouverture de Kroos qui lance Khedira plein axe, lequel bute sur Pyatov (29e), avec encore une fois à l’origine de cette action, une récupération rapide sur un contre ukrainien avorté. Autre symbole de la domination des joueurs de Löw, c’est le latéral gauche Hector qui se retrouve à la conclusion d’une action au point de penalty quelques minutes plus tôt. Après cette entame de match, il paraît difficile d’imaginer autre chose qu’une victoire tranquille pour les allemands.

 

 

Les Ukrainiens deviennent alors plus pressants lors du dernier quart d’heure de la première période, malmenant leurs adversaires en accélérant le rythme de jeu, empêchant la récupération haute des allemands et en exploitant les ailes et les corners pour se créer quelques situations bien chaudes. L’une d’elles est toute proche de se terminer en csc de Boateng après un amour d’inspiration de ballon de Iarmolenko pour Konoplyanka (36e). Les deux joueurs ont été évidemment les jaunes les plus dangereux et les plus influents, et ont été à l’origine des sollicitations de Neuer, sur frappe (4e) ou sur coup de pied arrêté (27e). Des éléments de réponse intéressants qui resteront malheureusement sans suite, tant la seconde période a été à sens unique, avec une Allemagne plus concentrée, redoublant de passes, variant ses transmissions et ses combinaisons et surtout, tentant bien plus souvent sa chance de loin. A part un coup franc de Rakitskiy à la 57e, et un frisson en fin de match surtout dû à une mésentente entre Mustafi et Neuer, l’Ukraine n’a plus rien proposé de dangereux offensivement et n’a plus paru en mesure de revenir au score. Si sa défense a été plutôt disciplinée et intéressante dans la relance avant de lâcher de la profondeur en fin de match, il n’en va pas de même pour l’entrejeu qui n’est jamais allé chercher ni gêner le duo Khedira-Kroos, à l’exception de quelques minutes en fin de première période. Iarmolenko et Konoplyanka ont été trop préoccupés par les latéraux adverses en phase défensive, mais leur apport offensif est très certainement le principal atout de cette sélection ukrainienne qui semble très dépendante de ce duo.

 

Pas forcément rassurés par leur préparation, qui les a vus perdre 3-1 contre la Slovaquie en plus de l’absence à long-terme de Rüdiger, les Allemands sont entrés de façon plutôt sereine dans leur compétition. Forts de leurs certitudes collectives, ils n’ont vraiment souffert que durant le dernier quart d’heure de la première période, avant de contrôler les débats dans la deuxième mi-temps. Construction courte, changements de jeu, frappes de loin, coups de pied arrêtés ou combinaisons dans la surface: la Mannschaft a démontré l’amplitude de sa palette technique en attaque, bien aidée par un bloc situé très haut sur le terrain. Elle n’apparaît toutefois pas comme intouchable: ses défenseurs ont montré leurs difficultés quand il s’agit de défendre en reculant, étant bien plus à l’aise dans l’anticipation que dans les un-contre-un face à de virevoltants ukrainiens. Les latéraux, trop aspirés dans l’axe sur phases défensives, ont souvent été pris au dépourvu par des appels au second poteau, aussi bien sur phases arrêtées que dans le jeu. Enfin, leurs adversaires devront savoir exploiter l’espace existant entre la défense et le milieu. En attaque, Mario Gomez pourrait apporter une variété non-négligeable dans un jeu plus en pivot, bien différent de l’apport de Götze ou Müller.

 

 

Les gars

Manuel Neuer, tout proche de concéder assez bizarrement un penalty en fin de match, a tout de même réalisé les arrêts qu’il fallait (4e, 27e, 57e), tout en étant présent dans les airs pour rassurer une défense qui a notamment souffert en fin de première période. La charnière Boateng-Mustafi a d’abord tenté de jouer long, s’est fait quelques frayeurs mais a su les rattraper. Les latéraux Höwedes et Hector n’ont pas vraiment pesé balle au pied, mais leur positionnement très haut et leurs nombreuses courses le long de la ligne de touche ont libéré des espaces pour les ailiers. La paire du milieu de terrain Kroos-Khedira a régné sur l’entrejeu en étant très active à la récupération, imposant le tempo allemand et se permettant de briller sur des frappes de loin. Özil n’a pas spécialement brillé, coincé entre ses deux coéquipiers du milieu et le bloc ukrainien, qui l’a forcé à un exercice qu’il n’affectionne pas particulièrement: porter le ballon sur plusieurs touches. Annoncé en pointe en début de match, Götze a navigué de droite à gauche et a su provoquer quelques différences balle au pied, à l’image également de ce qu’a apporté Draxler. Enfin, Müller a brillé par son absence et ses nombreux gestes ratés, qui lui permettent habituellement de nous rappeler qu’il est sur le terrain. Son jeu sans ballon a toutefois pesé sur la défense ukrainienne, comme toujours.

 

Pyatov n’a rien capté, surtout sur ses sorties aériennes, mais a beaucoup détourné des poings, notamment les frappes lointaines allemandes à répétition de la seconde période (48e, 61e, 75e). Il a aussi été inspiré dans les face-à-face (Khedira à la 29e, Özil à la 87e), même si son langage corporel ne respire pas toujours l’assurance et la confiance. Fedetskiy s’est lui un peu démené comme un chiffonnier, face à Draxler et pour servir Konoplyanka sur l’occasion de la 4e minute. La patte gauche de Rakitskiy a été agréable à regarder, notamment quand il parvint à trouver sur une délicate transversale son latéral Shevchuk dans le dos de Höwedes ou sur son coup franc tendu que Neuer a détourné près de son poteau gauche (57e). L’entrejeu ukrainien n’a pas été particulièrement efficace, se contentant surtout de jouer bas mais sans presque jamais presser pour gêner le milieu allemand, ni proposer beaucoup dans la relance et la construction. Les principales inspirations côté ukrainien ont été à l’initiative des élégants Konoplyanka et Iarmolenko, toujours aussi percutants et techniques. Les avant-centres, Zozulya puis Seleznov, ont été transparents.

 

 

Les observations en vrac

Grégoire Margotton sur TF1, on s’y fait finalement, même s’il confond Irlande du Nord et République d’Irlande. Faudra penser à corriger ça avant le prochain christianico.

 

La page de pub juste après les hymnes, pour en plus ne diffuser qu’un seul spot, rien à faire, ça ne passe pas.

 

Rassurez-nous: le truc que mâchait Joachim Low, c’était bien un chewing-gum, hein?

 

Un peu de tenue sur le but de Schweinsteiger s'il vous plaît, Herr Lizarazu.

 

D’ailleurs, en voyant sa tête aujourd’hui, le Schweini, il n’a vieilli que de deux ans depuis 2014?

 

 

Vu du forum

==> impoli gone - 21h19
Les Allemands, s'ils continuent à avancer sur leur pressing, ils vont bientôt le démarrer derrière les buts ukrainiens.

 

==> Gouffran direct - 21h45
Satané réalisme allemand, Ils sont invisibles depuis et sont bien capables de gagner 1-0 sans trembler.

 

==> Tonton Danijel - 21h46
Sans trembler, sans trembler... Je pense que Boateng va changer de slip à la mi-temps.

 

==> Benoit Fleck - 22h54
Si ils font un jour un remake des 4 Fantastiques, avec ses cheveux grisonnants, Schweinsteiger devrait être du projet dans le rôle de Mr. Fantastic, Reed Richards. Doppelganger.

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé

Ukraine always get what you want
Ukraine degun
Schweini au bar

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