auteur
Christophe Zemmour

Du même auteur

> article précédent

Arbitre enc...

Ballon de Plomb 2012, les candidats: Amalfitano et Mbia

Deux des trois "Marseillais" de la liste s'offrent aux suffrages: ces deux-là ont fait de leur mieux pour convaincre, mais l'effort sera-il suffisant?

Partager

 

Mbia, Stéphane en berne

Il l’avait annoncé à son arrivée à Marseille à l’été 2009: ce transfert n’était qu’une étape, un tremplin pour le futur de sa carrière, qu’il voyait déjà en Angleterre. Quoi de mieux pour bien s’intégrer et se faire apprécier des supporters? Stéphane Mbia a donc finalement réalisé son rêve et a signé aux Queens Park Rangers cette saison. Partir en Premier League dans une équipe montée de toutes pièces dont la saison est d'ores et déjà cauchemardesque, voilà la contribution de Stéphane Mbia au critère "choix de carrière". Choix que l'on appréciera mieux en écoutant l'aveu de son auteur: "Honnêtement, je ne voulais pas quitter l’OM, mais la patronne du club m’a fait comprendre que je devais partir." Des propos que José Anigo s’était empressé de démentir.

 

Le Camerounais a toujours eu envie d’ailleurs et aurait confié en off, le soir du titre de 2010, que les dirigeants marseillais allaient devoir fournir des efforts s’ils souhaitaient le garder. Il s’en est donc allé imiter son ancien compère Alou Diarra, transféré à West Ham United. Avec ce dernier, il a formé une sorte de charnière dans l'entrejeu marseillais, zone dans laquelle il n'a cessé de demander de jouer depuis son arrivée – à cor et à cri et jusqu'à la nausée. Pour un rendement au final nettement moins bon qu’en défense centrale, ce qui n'est pas une surprise pour un joueur ne disposant pas d'un bagage technique exceptionnel. Ni d'un grand discernement, quand par exemple il se rend coupable d’un coup de coude volontaire en plein rond central sur Mario Gomez, en quart de finale de la Ligue des champions. Sous les yeux de l’arbitre, peut-être incrédule, qui ne le sanctionne que d’un avertissement.

 

Après un accrochage avec Jérémy Morel et quelques banderilles contre les dirigeants, sa carrière marseillaise s'achève sur une expulsion à Sochaux, un quart d'heure après son entrée en jeu, pour un tacle sur Roudet. Mbia, c’est l’histoire d’un joueur de football à la modestie très refoulée qui, pris au second degré, constitue une bonne source de rigolade. Comme quand il déclare, il y a un an, que "pour avoir le Ballon d’Or, il faut être au-dessus de tous ceux qui sont à ton poste, il faut avoir la classe comme Laurent Blanc. Aujourd’hui, devant moi il y a Piqué, ouais. Puyol non, et sinon, il y a Maldini et Blanc. Mais ils ne jouent plus". Le Ballon de Plomb est probablement plus indiqué pour les symptômes dont il souffre.

 


Le point fort
Un melon à très bon prix.
 

Le point faible
Il est peut-être le roi du second degré.
 

Le slogan de campagne
“Je vote pour moi.”

 

 

 

Amalfitano, le poids de la déception

Arrivé en dixième position de l'obscur scrutin interne qui désigne les candidats au Ballon de Plomb – devançant M'Baye Niang (trop jeune), Jirès Kembo-Ekoko (trop El-Arabi 2011) ou Ryad Boudebouz (pas assez Maïga) – Morgan Amalfitano n'a a priori pas le profil d'un vainqueur, même s'il émarge dans l'effectif d'une équipe grande pourvoyeuse de postulants. C'est peut-être moins son "choix de carrière" qui est ainsi pointé que la déception de le voir assez loin de confirmer les promesses que son transfert à Marseille recelait.

 

À la fin du récent OM-Lorient perdu 0-3 par les joueurs marseillais, il repousse la caméra de Canal+ et se contente d’un: “Y a rien à dire”. Et pourtant, la saison et demie écoulée de l’ancien Merlu soulève quelques questions. Des prestations très irrégulières, et très en deçà de celles qu’il pouvait produire à Lorient, s’ajoutent à un bilan statistique famélique, de 3 buts et 8 passes décisives en 71 matches sous le maillot phocéen. Pour l’année 2012, ces totaux se réduisent respectivement à 2 et... 0.

 

Si la statistique ne dit heureusement pas tout du football, elle est ici probablement révélatrice d’une inadaptation de celui que l’on attendait justement performant dans ces domaines. Pis, Amalfitano semble être de ces joueurs au ballon toujours poussé trop loin ou donné dans le mauvais timing, qui n’en finit pas d’exaspérer le spectateur et le supporter. Pourtant, il fut en début d’année un des acteurs principaux de la bonne période marseillaise, ce qui l’amènera même à être sélectionné en bleu le 29 février en Allemagne. Comme pour d'autres avant lui, cette reconnaissance eut un effet désastreux – celui d'un dépassement de seuil de compétence –, et le joueur concentra un peu plus la frustration exacerbée par la médiocre saison olympienne.

 

Pour finir une année en pente accentuée, il a terni le spectacle du dernier OM-PSG en assénant un coup de coude et une gifle à Blaise Matuidi. À son sujet, Jérémy Morel a déclaré: "Il a deux personnalités. Une sur le terrain, où il est très combatif, même s'il peut parfois sortir de ses matches, mais on sait qu'il répond présent quand on a besoin de lui. À l'extérieur, c'est quelqu'un de calme, posé, c'est Morgan." À Marseille, on attend encore de voir un Amalfitano entier.

 


Point fort
Son ratio utilité/touches de balle.
 

Point faible
Il a joué à Lorient.
 

Le slogan de campagne
"Le Merlu qui énerve les sardines."
 

 

 

Partager

> déconnerie

Les blockbusters du PSG

> sur le même thème

Ballon de Plomb 2012 : les candidats

Le Ballon de Plomb


La rédaction
2015-01-19

Et le Ballon de Plomb est…

… annulé. Après onze ans d'existence chahutée, le diagnostic est tombé, fatal. Voici les raisons pour lesquelles nous préférons arrêter de décerner un trophée que nous ne reconnaissions plus vraiment. 


2014-01-13

Thauvin 2013, un bras de fer pour un Ballon de plomb

Le vainqueur de cette année remporte avec une avance record un trophée que ses agents, mais aussi les dirigeants marseillais et lillois, doivent porter avec lui.


Zénon Zadkine
2014-01-03

Ballon de Plomb 2013, les candidats : Florian Marange

Un transfert désastreux, des déclarations plombesques: candidat inattendu, l'ex-Bordelais s'est mis dans la peau d'un favori.


>> tous les épisodes du thème "Le Ballon de Plomb"

Sur le fil

RT @tleplat: Cet inquiétant "entraîneur étranger" https://t.co/Vfk5rKaBrV via @Eurosport_FR

Publication de la thèse "Analyse statistique de tous les types d’objets utilisables par des enfants pour jouer au f… https://t.co/6y09urhryr

RT @RemiBelot: Apparemment l'écharpe de foot serait devenue un accessoire de mode (en attendant le bonnet). https://t.co/aq7ALudv8g

Les Cahiers sur Twitter

Les brèves

Adolphe un mec

"Un scandaleux tifo à la gloire d'Hitler." (football.fr)

Fanchone week

"Dupraz : 'Dix mannequins toulousains sur la pelouse'." (lequipe.fr)


Lâche investigation

"Pierre Ménès tacle Elise Lucet." (20 minutes)

Gerrard Majax

"L'excuse magique de Steven Gerrard." (lequipe.fr)

Retour au lycée

"Messi : une première en quatre ans." (sports.fr)