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Julien Momont

 

Journaliste SFR Sport. Membre encarté des Dé-Managers


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Pirès, le bon Robert

Bayern-Juventus : Coman ouragan

Matchbox – L'un des plus beaux matches de la saison a mis du temps à décider de son qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Ce sera finalement le Bayern, qui a fini en trombe une rencontre pourtant bien mal entamée. 

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Miroir du match aller, ce duel au sommet entre deux équipes exceptionnelles a longtemps tenu en la Juventus un vainqueur logique. Intraitables derrière, tranchants devant, les Italiens avaient fait la plus grande partie du travail face à des Bavarois semblant, comme leur entraîneur, en manque de solutions. À force de pilonner son adversaire de centres, le Bayern a pourtant fini par combler l’écart puis arracher la prolongation sur deux coups de têtes. Et ce sont les entrants Thiago et Kinglsey Coman qui ont fini le travail face à une équipe turinoise dont le verrou n’a pas tenu. Analyse à partir de plusieurs déclarations clés des acteurs de cette grande et belle rencontre.

 

 

Les compos

 

 

Bayern Munich vs Juventus Turin - Ligue des champions - Football tactics and formations

 

 

La nalyse

 

“On a été en difficulté pour jouer, on n’avait pas de place sur les côtés, les ailiers étaient bien pris et on sait que c’est une de nos forces. Donc forcément, c’était difficile.” Mehdi Benatia

Disposée en 5-4-1, la Juventus était parfaitement préparée pour neutraliser la principale force de frappe offensive du Bayern Munich: ses ailiers, Franck Ribéry et Douglas Costa, placés en faux pied mais systématiquement collés à la ligne de touche de chaque côté du terrain. Deux éléments dans les couloirs, la couverture d’un milieu axial et d’un défenseur central: la forteresse turinoise était très difficile à percer.

 

 

Mais l’axe n’étant pas forcément une option plus viable, compte tenu de la densité italienne et de la qualité de ses trois défenseurs centraux (dont un bon Patrice Evra), le Bayern a insisté: neuf dribbles et douze centres dans le jeu pour Costa, cinq dribbles et neuf centres pour Ribéry (puis deux et deux pour Coman). Comme si c’était la seule voie possible. Cela a fini par payer, la faute à la fatigue turinoise, mais aussi parce que défendre bas n’offre aucune garantie quand les ballons envoyés dans la surface se multiplient et que les adversaires y sont toujours plus nombreux pour tenter de les reprendre.

 

 

 

“On a eu du mal à gérer Morata, mais quand Mandzukic est entré on l’a beaucoup mieux contrôlé.” Pep Guardiola

Par séquences, la Juventus est allée chercher le Bayern très haut en première période. Cela a débouché sur le but refusé litigieusement à Alvaro Morata pour un hors-jeu limite. Mais le plus souvent, et surtout après avoir acquis l’avantage au score, la formation turinoise s’est repliée dans son camp, évoluant même parfois à dix dans ses trente mètres. Dans ces conditions, ressortir les ballons, remonter les quatre-vingt-dix mètres de terrain restants relevait de l’exploit.

 

Morata y est parvenu à plusieurs reprises, de la manière la plus éclatante sur le deuxième but signé Cuardado. En début de seconde période, l’attaquant espagnol a récidivé mais manqué la balle de match. Seul en pointe, en l’absence de Paulo Dybala, il a été un poison permanent et annihilé à lui seul les garde-fous du Bayern sur les phases de transition. Bref, l’avant-centre parfait pour une équipe vouée à jouer en contre – bien soutenu, également, par Paul Pogba dans une position intermédiaire axe gauche et Juan Cuadrado à droite.

 

 

La sortie de Morata, remplacé par Mario Mandzukic à la 72e minute, a privé la Juve d’oxygène. Le Croate n’a jamais su soulager son équipe d’une pression bavaroise croissante. Que le but du 1-2 de Lewandowski soit intervenu une minute après le changement n’est qu’une coïncidence, mais un symbole tout de même. "Mario Mandzukic est dangereux dans la surface, moins en dehors", notait Pep Guardiola à l’issue de la rencontre. Or, ce n’est pas d’un joueur de surface dont la Juve, qui était acculée dans sa surface, avait besoin. C’était d’Alvaro Morata.

 

 

 

“Le coach, au début du match, avait dit que c’était avec le banc qu’il allait gagner ce match, qu’il avait besoin de tout le monde.” Kingsley Coman

Au cours de ce match, Pep Guardiola est parfois apparu à court de solutions. En atteste son geste d’impuissance à la 67e minute. Mais il avait au moins vu juste sur ce plan: son banc a fait la différence. “Il faut plus que onze joueurs pour gagner un match”, souligna l’entraîneur munichois. Et une fois n’est pas coutume, ce n’est pas en inventant une organisation inédite ou en élaborant des schémas ultra-sophistiqués que le technicien catalan a fait pencher la balance du bon côté. Il a incorporé des jambes fraîches – et de feu –, celles de Kingsley Coman, pour martyriser celles, fatiguées, d’Alex Sandro.

 

 

En remplaçant Xabi Alonso par Coman, Guardiola a certes donné un profil légèrement plus aventureux à son équipe, Vidal se chargeant dès lors de la première relance et Douglas Costa du poste de relayeur… jusqu’à l’entrée, elle aussi couronnée de succès, de Thiago Alcantara. Mais il n’a jamais dévié de son fil directeur, même lorsque le Bayern était dos au mur. “Ce n’est pas facile de renverser un retard de deux buts contre une équipe italienne, donc on avait besoin de patience”, justifia Guardiola. Parfois, la solution d’une problématique tactique émerge de la simplicité et de la stabilité. Les remplaçants ont fait la différence, mais le projet de jeu initial, lui, n’a pas été altéré. Et il a fini par payer.

 

 

 

Les observations en vrac

• Kinglsey Coman rejoint Thibaut Courtois et Fernando Morientes dans la légende des joueurs qui éliminent le club qui les a prêté.

 

• Deux matches à ne rien faire et deux buts hyper importants. Même Pippo Inzaghi doit trouver que Thomas Müller abuse un peu.

 

• À la pause, Manuel Neuer avait touché plus de ballons que neuf joueurs de la Juventus. Et encore, c’était sans compter ceux qu’il a dû aller chercher au fond de ses filets.

 

• Heureusement que les Italiens savaient déjà reboucher les bouteilles de Champagne.

 

• Pep Guardiola prépare son arrivée à Manchester en gagnant à la Ferguson.

 

• La Juve mène 3-0 lorsqu’elle a joué avec Morata et perd 6-1 sans lui.

 

• Du coup, la volée de Luis Suarez pleine lucarne et la pichenette de l’extérieur de Lionel Messi passent complètement inaperçues.

 

L’analyse prévisionnelle de Marcel Desailly.

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Gurney – 21h17
C'est ce que j'ai vu de plus beau cette année avec la chevauchée de Cornet a Rennes.

 

=>> Michelidalgo – 21h31
Oui, ça flotte un peu en défense.

Aux grands mots les grands remèdes: Franz et Sepp en deuxième mi-temps...

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - – 21h34
On peut avoir le nom de l'andouille qui a déguisé les Girondins de Bordeaux en Bayern de Munich?

 

=>> Tricky – 22h01
L'association de lutte contre les clichés sur le football italien vient d'appeler, ils ne sont pas très contents.

 

=>> Gazier – 22h48
Cool, j'ai arrêté mon streaming à la 70e...

Je sens toujours aussi bien les coups, moi.

 

=>> Animasana – 23h19
Müller qui salue longuement les arbitres, Buffon qui félicite les Allemands, même cette fin du match fait du bien.

 

 

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