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Bordeaux en kart de finale

C1 beau roman > quarts aller

Le football tactique prend le pas sur le football romantique, et la magie collective bute sur quelques génies du joga solito. La gazette de la Ligue des champions, elle, est là pour vous remonter le moral.
Les gestesLa banetteEuropean Premier League des ChampionsRésurrection ratée à LondresAccident de quart pour SchalkeLes observations en vrac
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Roma-Manchester: 0-2
Schalke 04-Barcelone: 0-1
Arsenal-Liverpool: 1-1
Fenerbahçe-Chelsea: 2-1


Les gestes des quarts

• Le numéro d'homme canon exécuté par Cristiano Jordano pour propulser au fond des filets de Doni la balle amoureusement piquée par Scholes au terme d'une séquence de 476 passes.
• La facilité déconcertante du virevoltant John McEnronaldo pour enrhumer Cassetti avant de rentrer dans l'axe et de casser la main droite puis le poteau de Doni d'une frappe rasante.
• La précision diabolique de Tevez qui, après s'être débarrassé de Cassetti d'un crochet extérieur, dose parfaitement son centre pour la reprise de volée légèrement trop enlevée d'un Ronaldo probablement perturbé par l'irruption de Gérard Ernault sur le pré, le Ballon d'Or dans les mains.
• La frappe d'une incroyable pureté décochée sans élan des trente mètres par Deivid, qui nettoie la lucarne de Cudicini pour un Goaliath qui plonge l'Europe dans l'incrédulité, de Londres à Bordeaux.
• La passe en eau profonde d'Iniesta qui plonge dans le noir les défenseurs de Schalke Rafinha et Bordon, récupérée au bout du tunnel par Henry qui gâche finalement son caviar en dirigeant sa frappe sur Neuer.


Les antigestes des quarts

• L'arrêt approximatif de Neuer, tellement étonné d'avoir vu Henry rater sa "spéciale" qu'il lui redonne le ballon.
• La reprise du plat du pied gauche de Panucci, qui rate l'égalisation alors qu'il était seul au second poteau dans le dos d'un Wes Brown qui se demande encore où était passé le Romain.
• La prise de balle aérienne de Doni qui, lourd comme un cheval mort, relâche le ballon dans les pieds de Rooney qui n'en demandait pas tant.
• La tentative de flambe de Bendtner qui se dit qu'il serait beaucoup plus stylé de faire entrer la frappe de Fabregas en moonwalk plutôt que de la laisser connement mourir dans le but.
• La poussée vicieuse d'Abidal qui empêche Westermann d'ajuster une tête à trois mètres des cages de Valdes et que Monsieur Duhamel aurait sifflée, lui.
• Le petit croc-en-bras de Kuyt sur Hleb, seule façon trouvée par le Batave pour interrompre la percée du funambule biélorusse dans la surface des Reds, que Monsieur Duhamel aurait sifflé, lui.



La bannette

La grande évasion fiscale
Arsène Wenger (L’Equipe) : "Nous n’avons pas été payés". Un problème lors du transfert depuis les îles Caïman?

Le flop au box office
Arsène Wenger (L’Equipe) : "Nous avons produit le match que nous voulions".

L’impréférence nationale
Luciano Spalletti (L’Equipe):  "Les Anglais ont eu de la chance". Avec leur nourriture ou avec leurs filles?

Le match joué à Londres la cosmopolite
Rafael Benitez (L’Equipe) :  "En Angleterre, il n’y a pas penalty".

La manette possédée
Rafael Benitez (L’Equipe) : "Nous n’avions pas le contrôle du jeu".

L’amateur de cinéma français
Patrice Evra (L’Equipe) : "Je n’ai pas envie de vivre un scénario incroyable".

Le retour du "J’ai dit"
Yaya Touré (L’Equipe) : "Thierry Henry a montré ce soir qu’il était de retour".


C1BR_Manu.jpg
European Premier League
des Champions

Roma-Manchester: 0-2

Évidemment, il y avait l’absence de Francesco Totti. Ainsi que celle de cet insaisissable piège chinois qu’est Simone Perrotta, à la fois homme à tout faire et ligne de fuite prodigieusement intenable du dispositif habituel de Spaletti. Le genre de handicap dont peu d’équipes peuvent se relever à ce stade de la compétition. Pourtant, on retiendra surtout qu’il s’agit ici d’une victoire tactique éclatante de Ferguson. On aurait tort de limiter Alex à l’image qu’il se complait à façonner, celle d'un nabab plénipotentiaire affalé sur une rente de situation et une capacité ininterrompue à délivrer des piques amères a travers la presse. Cette victoire sans discussion est avant tout la sienne.

Machine
Bien loin du choc offensif tête contre tête (le-premier-qui-baisse-les-yeux-a-perdu) attendu, on a contemplé, songeurs, une machine mancunienne ultra disciplinée et construite pour empêcher le jeu romain de respirer. United s’est appliqué à bloquer méticuleusement toutes les rampes de lancement romaines par la triple digue Anderson-Scholes-Carrick dans l’axe, mais aussi sur les côtés par le revenant Park et le décidément précieux Rooney. Résultat: un nombre famélique d’occasions italiennes, le cas échéant bloquées par l’intelligence de jeu de Ferdinand ou le talent immortel de Van der Sar.
Le reste n’est qu’histoire trop attendue, livrée sur place par un éclair magistral d’un Cristiano Ronaldo qui avait jusque la passé son temps le nez dans le gazon au moindre contact. Aussi par l’opportunisme d’un Rooney qui avait semblé s’ennuyer au possible, jusqu’au moment de profiter de la bourde d’un gardien dont on comprend mieux pourquoi il avait été testé par le FC Metz. United, pas loin d’être la meilleure équipe du monde depuis trois mois, s’envole une nouvelle fois vers les demies, et les amateurs de jeu court travaillé n’ont plus qu’a prier pour Arsenal.



C1BR_Livars.jpgRésurrection ratée à Londres
Arsenal-Liverpool: 1-1

On y est habitués depuis vingt ans. Il arrive toujours un moment dans les grandes compétitions internationales où les équipes qu’on se régale à voir jouer échouent face aux murs sans âme échafaudés sans autre but que de gagner à la fin. La veille, on avait cherché en vain cette Roma qui avait enchanté l’Europe à Bernabeu. Ce fut cette fois au tour d’Arsenal de jouer la partition désormais trop connue du coïtus footballicus interruptus.
Ceux qui ont lu l’opus 41 des Cahiers du football savent que le football est mort en 1986, et Liverpool s’est amusé ce mercredi à donner quelques coups de latte dans son cadavre. Il aura fallu que les défenseurs des Reds jouent aux semelles de plomb le temps d’un corner pour faire naître un espoir de courte durée. Quelques minutes, le temps que Gerrard – décidément bionique – ne vienne remettre l’église au milieu du village.

La suite ne fit que confirmer que Benitez est le Sacchi du XXIe siècle, passé maître dans l’art du colmatage de brèches. Il y avait toujours trop de joueurs de Liverpool entre le porteur du ballon et ses solutions potentielles. Kuyt, en plus de faire fuir nos compagnes les soirs de matches, s’est mué en Gattuso de la Mersey pour aggraver l’embouteillage à l’entrée de la surface de Liverpool. Et quand la scoumoune s’y colle, comme le pied de Bendtner à la frappe de Fabregas, on y voit un signe qu’il ne faut pas trop espérer pour le match retour. Le bon résultat des Reds, c’est le sens de l’histoire.



C1BR_Schalke.jpgAccident de quart pour Schalke
Schalke 04-Barcelone: 0-1

Depuis sa qualification in extremis à Porto, Schalke s’est relancé dans la course à la troisième place en Bundesliga en glanant trois victoires sur des mal classés. Slomka donc a gardé sa confiance aux titulaires habituels (sauf Jones, suspendu) pour ce premier quart de C1 depuis 1959. Un match dont tout le monde se faisait une fête, joueurs comme fans.
Las, la plupart faisaient la tête en quittant la pelouse. Les Königsblauen ont surtout montré leur côté obscur. Comme Neuer, pas irréprochable sur le but catalan. Bien intervenu sur Iniesta auparavant, le gardien a repoussé le tir d’Henry, puis a été trop court sur la passe qui a suivi. Une seule "absence", payée au prix fort. Comme le milieu, sans schéma directeur – surtout sans Rakitic, blessé de longue date à la cheville. Comme l’attaque, surtout: six buts marqués en neuf matches de C1, dont cinq contre Trondheim.
 
La meilleure attaque, c’est… la défense
Certes, le trio Asamoah-Altintop-Kuranyi est la meilleure attaque que Slomka puisse aligner. Mais si Asamoah cumulait les buts, ça se saurait, et le meilleur des deux Altintop évolue au Bayern. Quant à Kuranyi, sorti sous des applaudissements railleurs, il est presque invisible. Leurs remplacements à tous trois sont révélateurs de cela, mais aussi du fait que le banc, occupé par les Sanchez et autre Larsen, n’est pas à la hauteur. Asamoah trop à gauche, Altintop trop à droite, Larsen trop haut: la visée n’est toujours pas réglée. Les plus menaçants auront été Westermann et Bordon, défenseurs dont les têtes auraient pu faire mouche.
Outre les défaillances de l’attaque, ce qui a perdu Schalke est surtout le respect montré à ce Barça qu’il eût fallu d’entrée prendre à la gorge: les Königsblauen ont mis soixante-dix bonnes minutes à sortir de leur torpeur. Autant de temps perdu.
 
Endstation Barcelona?
Ce "Spiel des Jahres" – match de l’année – côté Allemand s’est donc réduit à vingt minutes. Pas sûr que l’optimisme dont voulait faire preuve Slomka après le match tienne. Il faudra que les Allemands comprennent qu’à Barcelone, ils n’auront rien à perdre mais tout à donner, histoire de montrer que leur club n’est pas un schtroumpf européen. Pour Pander, Westermann et Kuranyi, ce sera aussi une ultime chance de briller en vue de l’Euro 2008.
 


Les observations en vrac

• Et en plus il vole, Cristiano Ronaldo?
• Après avoir manqué la WM 2006 grâce à Klinsmann, Kuranyi se place décidément en excellente position pour être le 24e homme dans le groupe des 23 pour l'Euro 2008. On le dit frappé d’Anelkite.
• L'effet Larsen version Schalke, c'est bien quand on aide les défenseurs adverses à dégager les ballons en six mètres?
• Vu les prestations d’Henry à gauche, il vaut peut-être mieux se plier à ses exigences, et le laisser hors-jeu dans l’axe.
• Au Barça, Márquez joue sur une jambe, Touré sur une hanche, et Eto’o sur un genou. Pas étonnant que les Blaugranas ne jouent qu’une mi-temps à chaque match. 
• Mais pourquoi mettre Denoueix aux commentaires en direct où il est si anodin, voire ennuyeux?
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