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Jamel Attal et Boris Gouduneuf

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Les raisons d'y croire

Charles Billetterie

Nos deux chroniqueurs donnent leur sentiment sur la nomination de Charles Biétry à la tête du PSG. C'est peu dire que ni l'un ni l'autre ne croit en sa réussite…
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Le souverain pontifiant, par J.A.

Charles Biétry se retrouve au pied de son mur, un mur dont il a bien sapé les fondations, notamment lorsque son amertume était au plus fort après que sa candidature au poste de Président-délégué ait été rejetée. On a encore dans les oreilles ses sous-entendus malveillants et sa satisfaction pas toujours très discrète quand le PSG traversait une de ses légendaires crises (avec quel plaisir il enfonça encore une équipe qui n'en avait nul besoin après le PSG-Juventus de Supercoupe).

Il aura attendu son heure, sans jamais manifester un quelconque soutien à la formation qu'il dirigera désormais et à laquelle il va illico destiner son humide et indéfectible "amour" (lire par ailleurs Biétry-Lalanne). Car Charles est un homme de cœur, il n'est jamais aussi grand que dans les effusions, les mièvres déclarations, la fausse modestie, toutes tendances que l'on peut regrouper dans la catégorie démagogie auto-publicitaire. Rappelez-vous: Charles en suceur d'abonnés, infatigable flatteur et flagorneur, caresseur dans le sens du poil, vantant les délicates attentions de la chaîne cryptée aux très honorables possesseurs de décodeurs.
Démagogue naturel, Biétry est aussi un maître de la fausse modestie, interprétant toujours ce rôle de brave gars, bonhomme et plein de bon gros bon sens, proche des "gens", parce qu'il les connaît les vrais gens, il en est un: c'est le Biétry de son émission quotidienne lors des législatives de 1997, allant interviewer le petit peuple l'oeil mouillé, plein d'humanité poisseuse, prêt à s'esbaudir de ces pensées profondes et simples.
Modestie fausse car derrière son obséquiosité l'homme ne doute pas de lui, pas plus qu'il ne doute des interprétations psychologico-ridicules qu'il balance comme autant de vérités immanentes à longueur de match.

Mais les affaires sont une autre affaire, et descendu de sa tour d'ivoire, ce juge de toutes choses aura à se frotter à des réalités autrement moins arrangeantes. Il ne suffira plus d'avancer ses certitudes à l'abri d'un fauteuil de commentateur mais d'assumer les conséquences d'une politique : bonnes intentions, bons sentiments et démagogie facile n'y suffiront plus. Les Cahiers ont la dent dure avec l'ami Charles, peut-être parce qu'il était un bon client et qu'à ce titre nous le regretterons, surtout s'il s'avère plus crédible à la tête du PSG que comme pontife du service des sports de Canal. La page est tournée, un Biétry nouveau est arrivé, nous voulions simplement rappeler son passif et lui souhaiter bonne chance... à notre façon. Complot contre le PSG, par B.G.

A l'image de la vente des billets pour la Coupe du Monde, la reprise du PSG par le commentateur le plus hautain du paysage sportivo-cathodique, ressemble à une blague. Autant je reconnais que satisfaire 20 millions de demandes, quand il n'y a que 2 millions de places dans les stades est une mission délicate, autant satisfaire 40.000 supporters parisiens par l'arrivée d'un des plus fervent supporter de l'OM reste une galéjade inexplicable. Enfin si! En creusant un peu, j'y vois peut-être la lueur d'une raison machiavélique.

Imaginons que Pierre Lescure veuille se débarrasser du PSG, n'étant plus vraiment maître de son destin, acculé par la présence d'un conseil d'actionnario-administrationnaire au-dessus de sa tête. On peut imaginer que Pierre subit une pression hydraulique de la Générale des eaux pour se concentrer uniquement sur l'art du cinéma pornographique de qualité qui a fait la renommée de C'anal+. La surexposition médiatique de l'équipe de la capitale relayée par les critiques puériles d'un parisianisme journalistique omniprésent, puis par la virulence pétrie d'humour des "Guignols de l'Info", qui, rendons leur hommage, nous démontre ce que signifie l'expression "liberté du même nom", commencent passablement à ternir l'image Canal.

Ainsi, on commence subrepticement à voir se profiler le pari du "quitte ou double". Ou bien Paris arrive à tout reconquérir, ou alors Canal se désengage de cette équipe! Or que feriez-vous à la place de Lescure, si vous étiez dans la situation possible de liquider le PSG? Vous protègeriez votre meilleur ami, non? Vous lui proposeriez une place assurée dans la nouvelle restructuration de votre chaîne préférée! Désolé.
Ensuite, vous placeriez un irresponsable ayant une haute opinion de lui même, qui est le seul à croire à sa possible réussite, quelqu'un qui a déjà réussi à couler un club de Volley-Ball, comme Asnières par exemple, en l'absorbant dans un premier temps pour bénéficier de sa place parmi l'élite, puis en le laissant choir comme une vieille chaussette Nike qui pourrirait dans le fond troué d'une chaussure Adidas. Quelqu'un qui n'a comme unique maître du football que "Bernard Tapie", quelqu'un qui mélange deux règles distinctes du footchibol et qui se borne à nous expliquer que la passe volontaire d'un défenseur vers le gardien s'applique aussi pour déterminer le hors-jeu d'un attaquant recevant la balle d'un défenseur (Cf. Auxerre-PSG sur Canal+ 1997). Ce quelqu'un, ce n'est certes pas grand chose, c'est Charles.

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