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et alors, Sylvain Dupont et Bastien Josserand

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Les fantômes de Cathkin Park

Copa America 2015 : Le Groupe A

Aujourd'hui, c'est le coup d'envoi au Chili et sur les Cahiers de la Copa America 2015. Au programme de la première journée, le Groupe A, celui du pays hôte. Présentation des équipes en lice. 

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Quatre ans après la victoire de l'Uruguay sur les terres de l'Argentine, c'est au tour du Chili d'accueillir la Copa America. Les hommes de Jorge Sampaoli tenteront de remporter la compétition à domicile, à l'instar de la Colombie en 2001. Il faudra d'abord sortir du groupe A, où se trouvent également le Mexique, la Bolivie et l'Équateur. Où en sont-ils, d'ailleurs, tous ces pays?

 

Chili

Le Chili s’inscrit dans la continuité de son Mondial plus excitant que triomphal, symbolisé par la frappe sur la barre de Pinilla contre le Brésil, mais qui lui aura suffi à attirer l’attention de tous les aficionados. En tant que pays organisateur, il lui faudra cette fois faire plus pour tenir son rang. Ne pas arriver en demi-finales serait un échec, d’autant que le tableau lui est favorable: dans un groupe A à sa portée, une première place garantirait un quart contre un troisième de poule.

 

 

 

 

Et la Roja possède les atouts pour satisfaire aussi bien le goût des esthètes que la ferveur populaire. Dans une sélection marquée par le passage de Marcelo Bielsa (2007-2011), l’actuel sélectionneur en est un disciple. Jorge Sampaoli, entraîneur à succès au pays notamment avec l’Universidad de Chile, a imposé une formation en 3-5-2 et un jeu à haute intensité. Cela lui permet à la fois d’assurer un gros pressing défensif et une forte présence offensive, neuf joueurs étant régulièrement impliqués dans chacune de ces phases. L’adversaire souffre, le spectacle est au rendez-vous, mais l’efficacité ne suit pas toujours. La débauche d’énergie est parfois préjudiciable aux joueurs, mais le calendrier “maison” peut cette fois permettre une montée en puissance progressive.

 

Les stars: Alexis Sanchez et Arturo Vidal

Pour réussir son grand oeuvre (le Chili n’a jamais remporté la Copa América), Sampaoli dispose d’un groupe équilibré et compétitif, appuyé sur des valeurs sûres disposant de l’expérience du plus haut niveau (Claudio Bravo, Gary Medel, Gonzalo Jara…). Mais surtout, il a deux véritables stars pour bonifier l’ensemble. Le juventino Arturo Vidal revient dans sa meilleure forme au moment le plus décisif de la saison, son impact dévastateur en fait le “leader moral” de l’équipe. Sur le plan offensif, le leader technique est Alexis Sanchez, qui a démontré à Arsenal avoir peu à envier à son successeur barcelonais Neymar. Surtout, son registre vif et technique, sa capacité à balayer tout le front de l’attaque, conviennent parfaitement au style du Chili qui compte sur lui pour concrétiser le travail d’une équipe.

 

Le revenant: David Pizarro

Pour donner une touche technique à un milieu de combattants, Sampaoli aura l’embarras du choix: son ancien joueur de la U Charles Aranguiz, le meneur à l’ancienne Jorge Valdivia ou le plus moderne Mati Fernandez. Mais il s’est donné une option supplémentaire en faisant revenir David Pizarro, longtemps en rupture de sélection. A priori, le “Pek” devrait débuter sur le banc mais il constitue une solution alternative intéressante, soit pour tenir la balle et calmer le rythme dans des matchs maîtrisés, soit pour servir de rampe de lancement reculé dans le rôle de regista qu’il affectionne.

 

 

Mexique

Coincée entre les playoffs du championnat mexicain et la Gold Cup qui commence début juillet, la Copa América est rarement un objectif pour la sélection mexicaine, composée une fois de plus de joueurs évoluant au pays. Malgré les ambitions affichées (arriver jusqu’en finale), les hommes de Miguel Herrera seraient déjà bien heureux de s’extirper de leur poule, gommant ainsi l’humiliation subie en 2011 (trois défaites, un seul but marqué) et de donner un peu d’expérience internationale à certains joueurs.

 

 

 

 

Cela dit, d’autres seront tentés d’utiliser la compétition comme vitrine à leur envie de départ vers l’Europe (le jeune défenseur Carlos Salcedo, l’intermittent Marco Fabián) ou de trouver un nouveau club (Javier Aquino, du Rayo Vallecano). Pour encadrer cette équipe inexpérimentée ne possédant aucun vécu ensemble, l’indéboulonnable Rafa Márquez sera encore indispensable derrière, tout en espérant que cette solidité en défense et quelques fulgurances en attaque seront suffisantes face aux grosses armadas.

 

Le joueur à suivre: Jesús Manuel Corona

Quasi homonyme du gardien titulaire (José de Jesús Corona), le joueur de Twente est le plus grand espoir du football mexicain. La preuve, c’est que les clubs européens, notamment séduits par ses bonnes performances à la Coupe du monde des clubs 2012, ne l’ont laissé jouer qu’une seule saison complète en Liga MX, avec Monterrey, avant de l’emmener parfaire sa formation sur le Vieux Continent. Élu révélation du Tournoi de Toulon l’année suivante, il a connu une première saison d’adaptation en Eredivisie avant d’exploser cette année: neuf buts et quatre passes décisives en vingt-sept titularisations, ce qui lui a valu d’être nominé dans le XI de la saison de WhoScored. Lors des matches de préparation du Tri contre le Guatemala et le Pérou, il a simplement été le meilleur joueur, bien qu’en entrant en deuxième mi-temps (un but). Officiellement présent pour alimenter en attaque Raúl Jiménez (Atlético de Madrid), l’ailier de vingt-deux ans pourrait également bien briller pour son compte et viser beaucoup plus haut.

 

Le grand absent: l’équipe A

Les "Espagnols" Memo Ochoa, Carlos Vela, les frères Dos Santos, Héctor Moreno, Chicharito Hérnandez, la pépite de Porto Héctor Herrera et son coéquipier Diego Reyes, la surprise du dernier Mondial au poste de latéral, Miguel Layún (Watford) ainsi que le champion des Pays-Bas, Andrés Guardado, ce ne sont pas moins de onze footballeurs évoluant en Europe qui ont été réquisitionnés pour la Gold Cup, compétition qui offre un ticket pour la Coupe des Confédérations 2017. Pour retrouver le jeu en mouvement du Mexique et les automatismes aperçus au Brésil l’an dernier, il faudra donc attendre les matchs contre Cuba, le Guatemala et Trinidad-et-Tobago, dans un mois.

 

 

Bolivie

Petit poucet du groupe A, où elle devra se frotter à trois équipes de la dernière Coupe du monde, la Bolivie vient surtout au Chili pour afficher ses progrès, et selon les dires du sélectionneur Mauricio Soria, pour "prouver que le football bolivien n’est pas aussi à la traîne qu’on le dit".

 

 

 

 

La tâche sera malgré tout ardue pour l’entraîneur trois fois titré au niveau local (avec trois clubs différents), qui après un long imbroglio* et plusieurs sélectionneurs intérims, a récupéré la sélection en janvier, ne disputant que trois matchs officiels avec la nouvelle équipe qu’il a formée. La rencontre contre le Venezuela ayant de plus été annulée, la Bolivie n’aura joué qu’un seul match de préparation avant le début de la compétition: une défaite 5-0 face à l’Argentine…

 

Le joueur à suivre: Sebastián Gamarra

Le sélectionneur ayant ouvert la porte aux joueurs naturalisés, on aurait pu évoquer Martin Smedberg-Dalence, Suédois de père bolivien, ou Damián Lizio, Argentin ayant joué à Bolívar plusieurs saisons, qui seront titulaires au milieu de terrain. On aurait pu aussi présenter les joueurs stars évoluant à l’étranger, mais on reparlera de Marcelo Martins Moreno et de Ricardo Pedriel ci-dessous. Penchons-nous plutôt sur le joueur le plus jeune de cette Copa América, dix-huit ans depuis janvier dernier, qui joue dans les divisions inférieures du Milan AC, après avoir été repéré à l’âge de onze ans dans un tournoi au Brésil. Filippo Inzaghi, qui le suit particulièrement depuis plusieurs années, l’a déjà surnommé le "Pirlo bolivien", tout en le convoquant l’an dernier à la pré-saison avec l’équipe première. Véritable surprise de la liste des 30, puis des 23, Sebastián Gamarra qui n’avait jamais joué en sélection, même de jeunes, a particulièrement séduit lors de la préparation, jusqu’à gagner une place de titulaire. Il pourrait débuter lors des trois matches de poule et confirmer tous les espoirs qu’on place en lui en Bolivie.

 

Le(s) grand(s) absent(s): Juan Carlos Arce et Carlos Saucedo

Véritables artisans du brillant parcours de leurs équipes en 2015, les expérimentés attaquants de Bolívar et d’Oriente Petrolero n’ont pas été retenus par Mauricio Soria, qui leur a préféré le globe-trotter Marcelo Martins (passé par le Brésil, l’Allemagne, l’Ukraine puis la Chine) et Ricardo Pedriel qui joue en Turquie. Problème: le premier n’a pas marqué en sélection depuis deux ans, et le deuxième n’a mis qu’un seul but cette saison avec Mersin Idmanyurdu. Les deux joueurs ne sont par ailleurs pas vraiment plébiscité par les supporters boliviens, contrairement aux deux attaquants évoluant au pays et qui ont rassuré par leurs dernières performances: Juan Carlos Arce, double champion cette saison, en est à quarante buts en trois saisons avec son club de Bolívar, et Carlos Saucedo, malgré ses trente-cinq ans, a formé une attaque redoutable (72 buts en 44 matches pour Oriente Petrolero, principal challenger en championnat cette saison) avec Yasmani Duk et Alcides Peña. Seul ce dernier sera au Chili ce mois-ci, en tant que remplaçant.

 

*Nommé il y a un an pour préparer la Copa América, le caractériel Mauricio Soria a été viré à l’automne dernier, puis traîné en justice, pour des insultes proférées contre la ville de Potosí, où il a été champion mais où il revenait disputer un match avec son nouveau club, Blooming.

 

 

Équateur

Après son Mondial 2014 décevant (élimination en phase de poule derrière la France et la Suisse) et l’intérim pour quatre matchs du revenant Sixto Vizuete, l’Équateur initie une nouvelle ère lors de cette Copa América sous la houlette de son sélectionneur bolivien Gustavo Quinteros, nommé en janvier. Ce dernier était alors double champion en titre en tant qu’entraîneur de l’Emelec, un deux des grands clubs de la plus grande ville du pays, Guayaquil.

 

 

 

 

Le groupe de vingt-trois est ainsi constitué d’une forte ossature de l’Emelec avec sept joueurs encore au club, et avec de nombreux joueurs peu capés, autant par choix que par obligation suite aux nombreux forfaits de joueurs majeurs comme Antonio Valencia, Felipe Caicedo et Angel Mena. L’équipe se trouve dans une phase de transition, Quinteros prônant un football plus offensif, et les résultats des amicaux de préparation sont mitigés (une victoire 4-0 et deux matches nuls). Placé dans un groupe accessible, l’Équateur devrait viser une qualification en quart de finale.

 

 

La star: Enner Valencia

Enner Valencia s’est fait un nom en Europe lors de la dernière Coupe du monde, inscrivant en phase de poule les trois buts de son équipe. Son premier semestre 2014 a été prolifique: dix-huit buts en vingt-trois matches à Pachuca, dix buts en dix matchs avec la Tri. Après un gros mois de septembre à West Ham et son élection de joueur du mois, Valencia a seulement marqué un but en 2015, mais son nom circule du coté de Chelsea notamment. Néanmoins, son nouveau statut et son jeu de tête en font un joueur toujours dangereux et un des leaders de cette nouvelle génération.

 

Le joueur à suivre: Miller Bolaños

Si Valencia et Jefferson Montero ont connu une année difficile du point de vue statistique, Miller Bolaños n’a pas de problème de confiance devant le but. Depuis son arrivée en juillet 2013 à l’Emelec, il marque en moyenne à un rythme élevé d’un but tous les deux matches en 2014 et il en est cette année à dix buts en quinze apparitions dans le championnat local et six buts en neuf rencontres de Copa Libertadores. Il est appelé depuis l’intronisation de Quinteros, et marque lors de sa deuxième sélection contre l’Argentine, avant de récidiver lors des récents amicaux. Il devrait avoir un rôle de joker derrière les plus expérimentés Valencia et Jaime Ayovi, lequel joue actuellement à Godoy Cruz.

 

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