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Francis Dolarhyde

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De buts en Blanc...

Tribune des lecteurs – Partons à la découverte de ce Laurent Blanc, joueur oublié des années 90 et nouvel entraîneur des Girondins.
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Trêve internationale oblige... C’est l’heure d’un premier bilan après sept journées de Ligue 1. Si les observateurs retiennent d’abord le démarrage poussif de Lyon, les crises à répétition de l’OM ou du PSG, ou l’incroyable parcours sans faute de l’AS Nancy-Lorraine, le supporter girondin que je suis préfère se pencher sur la troisième place de son club préféré, désormais entraîné par Laurent Blanc, ex-gloire du football français des années 80-90, quand la France ne gagnait rien, mais faisait plaisir à perdre.

Plafond national
Bien sûr, le grand public ne connaît pas forcement la carrière de cet obscur milieu de terrain du Montpellier-Hérault, reconverti défenseur central, au début des années 90. Formé à Montpellier, par l’illustre dénicheur de talents Michel Mezy (à qui l’on doit également les non moins illustres Pascal Baills, Hervé Alicarte, Jean-Christophe Rouvière, Pascal Fugier et Carlos Valderrama), Laurent Blanc a effectué la majeure partie de sa carrière dans des clubs aux ambitions modestes: Montpellier donc, mais aussi Nîmes, Saint-Étienne ou Auxerre où il glana – contre toute attente – son seul titre de champion de France, en 95-96. Malgré un bref passage à Naples, lors de la saison 91-92, et une pige de coupeur de citrons au FC Barcelone, en 96-97, il n’a jamais réussi à exploser au plus haut niveau international.

Il faut dire que le jeu de Laurent Blanc ne se prête pas vraiment aux joutes musclées. Pas très dur sur l’homme, plutôt lent, et incapable de dégager un ballon par-dessus les tribunes du Camp-Nou, l’actuel entraîneur des Girondins a longtemps vécu dans l’ombre de maîtres incontestés de la surface comme Basile Boli, Marcel Desailly, ou encore Franck Lebœuf qui lui fut préféré, par un Aimé Jacquet soucieux de museler le phénomène Ronaldo, lors de la fameuse finale du 12 Juillet 98, contre le Brésil. Déjà, à ses débuts en bleu, Blanc avait du souffrir de la concurrence des Sylvain Kastendeuch, Yvon Le Roux et autre Franck Silvestre.


Méditation à Limoges
À l’issue d’une carrière de joueur marquée donc par les désillusions, Laurent Blanc se tourne, en 2003, vers la fonction d’entraîneur. Discret et appliqué, il passe ses diplômes et s’offre même une retraite quasi-monastique dans la riante cité de Limoges, où il parfait son sens du management, au Centre de droit et d'économie du sport.
Malheureusement pour lui, Laurent Blanc continue de porter son étiquette de loser... Et bien qu’il eut brillamment obtenus ses diplômes, il ne parvient pas à trouver de club, au contraire de ses anciens collègues Didier Deschamps, Michel Pavon, Jean-Pierre Papin, Stéphane Paille ou encore Éric Cantona qui préside désormais aux destinées de l’équipe de France (de beach soccer). Durant quatre ans, son nom sera souvent cité, mais jamais adoubé par les présidents de club. Il aura fallu toute la roublardise de l’excentrique Jean-Louis Triaud, habitué des coups de folie, pour lancer le Gardois dans le grand bain de la Ligue 1, l’été dernier.

Les Girondins de Bordeaux sortent alors d’une année faste, marquée par une somptueuse victoire en finale de la Coupe de la Ligue, face à l’ogre lyonnais. En deux ans, Ricardo a réussi à concilier efficacité et efficacité, et à ramener le club parmi les grands du championnat grâce à beaucoup d’efficacité. Oui mais voilà, attiré par les fastes de la côte d’azur, le bouillonnant Brésilien décide de rejoindre Monaco, au grand désarroi de ses joueurs qui, un par un, quittent le navire bordelais (Mavuba, Faubert, Darcheville, Fargeon). C’est un effectif en pleine déprime que récupère donc Laurent Blanc, courant juin. Un effectif qu’il semble d’ores et déjà avoir relancé, après seulement quatre semaines de compétition, à l’image d’un Yohan Micoud à nouveau rayonnant au milieu... du banc de touche.
 
Avec sa touillette à café et ses lunettes de cycliste, Laurent Blanc semble, en tout cas, avoir lancé les Bordelais en tête du peloton... en attendant le sprint final.
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