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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Revue de Stress #70

Dhorasoo 2006, la tatane magnifique

Un jour un but – Le 29 avril 2006, Vikash Dhorasoo est le buteur inattendu d'une finale de Coupe de France opposant le PSG à l'OM.

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Vikash Dhorasoo n'a jamais été un footballeur conventionnel. Non seulement son mètre soixante-huit un peu frêle et son type indo-mauricien le distinguaient physiquement de ses coéquipiers et adversaires, mais sa mentalité et le recul qu'il prenait par rapport aux choses du foot en faisait un homme à part, un intello suspecté de préférer les livres aux jeux vidéo.

 

 

Une frappe de dingue

Vikash Dhorasoo était un joueur offensif mais pas vraiment un buteur. Son expression était en seconde ligne, derrière les attaquants attitrés, où il donnait libre cours à son goût pour le geste juste et la passe onctueuse. Mais un jour, Vikash Dhorasoo marqua un but extraordinaire. Un but qui ne lui ressemblait pas: une longue course suivie d'une frappe de dingue façon Bundesliga. C'était en finale de la Coupe de France où le Paris Saint Germain, le club de sa fin de carrière, affrontait son ennemi préféré, l'Olympique de Marseille.

 

Cela se passa en début de seconde période. Le club parisien avait ouvert le score très tôt et maintenu son avantage jusqu'à la mi-temps. Le parisien Modeste M'Bami récupérait un ballon dans son camp et le transmit à Vikash Dhorasoo positionné dans le rond central. Libre de toute opposition, le numéro 10 parisien déclencha une accélération droit vers le but marseillais. Lorsqu'il s'approcha de la surface de réparation, alors qu'on s'attendait à une passe pour Pauleta ou Rothen, Vikash Dhorasso frappa du pied droit. Contre toute attente.

 

 

Le ballon, mû par la puissance du tir, survola la surface de réparation à mi-hauteur, se dirigeant vers la droite de Fabien Barthez. Le gardien marseillais se détendit suffisamment pour toucher le ballon du bout des gants, mais assez pour le dévier de sa trajectoire. La sphère s'en alla claquer au fond des filets.

 

 

Le seul but de sa carrière parisienne

Le Stade de France explosa de joie, ébahi par cet exploit d'autant plus inattendu que le principal intéressé n'avait pas marqué le moindre but depuis son arrivée au PSG en début de saison. Vikash Dhorasoo avait même plutôt déçu ses supporters agacés de voir leur équipe plafonner en milieu de classement. Malgré les tiraillements avec l'entraîneur en place, l'ancien Lyonnais conservait sa place de titulaire. Il gardait même la confiance du sélectionneur, Raymond Domenech, qui en avait fait un Bleu en puissance et l'avait retenu pour la Coupe du monde en Allemagne.

 

Avec deux buts d'avance sur son rival, le club de la capitale tenait cette finale. Il s'offrit même plusieurs occasions de creuser l'écart, envoyant notamment deux fois le ballon sur les montants de Fabien Barthez. La fin de match tourna en faveur de l'OM, qui avait réduit l'écart. Mais il n'empêcha pas le club parisien de s'imposer (2-1) et de remporter la septième Coupe de France de son histoire. Une fois de plus, le trophée sauvait une saison médiocre du club, que la chaîne Canal Plus, propriétaire depuis quinze ans, venait de céder au fonds d'investissement américain Colony Capital.

 

Quelques semaines après la finale, Vikash Dhorasoo verra son rêve de disputer la Coupe du monde gâché par le choix du sélectionneur de le laisser sur le banc. L'artiste profitera de son statut inattendu de substitute pour filmer son désarroi alors que ses coéquipiers réalisent un parcours historique jusqu'en finale. Quelques mois plus tard, en conflit avec le club, Vikash Dhorasoo sera tout simplement licencié. Son but du Stade de France aura été le seul de sa carrière parisienne.

 

 

 

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