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Trente-cinq

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Qui a une tête de Ballon d'or?

DIAPORAMA : la 22e journée du championnat

Un Diaporama spécial, un peu déprimé par cette piètre fin d'année, et qui préfère revenir sur les incidents lamentables de la "dernière journée du siècle". Trois matches non boycottés quand même, à Bordeaux, Rennes et Auxerre. Et heureusement, quel joli podium!
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Cris de couloirs
À Marseille, les médias ont surexposé une rencontre qui sentait encore le soufre de l'édition précédente. On a vu Canal+ mettre autant d'énergie à guetter la poignée de main entre Galtier et Gallardo que la chaîne en avait mis à occulter leur fameuse rencontre dans le tunnel (on se rappelle le silence de Paganelli et les commentaires "comme si de rien n'était" de la seconde période). Sans qu'il ne soit aucunement besoin de recommencer de stériles polémiques, on peut simplement rappeler que cet épisode, et plus encore la façon dont il a été enterré par tous les intéressés, n'ont pas fait la gloire du football français.
Le couloir devient-il le décor privilégié des avanies de notre championnat? À Lille, c'est le passage entre l'entrée du stade et les vestiaires qui a été le lieu de bagarres surréalistes. Les dirigeants et les joueurs bastiais n'étant pas munis de leurs passes, le refus de les laisser passer a dégénéré en pugilat, où le président bastiais a été sérieusement malmené. On ne sait si l'incident est dû à un blocage cérébral (accident fréquent chez les responsables de sécurité) ou à une tracasserie délibérée dans le cadre d'une stupide guerre psychologique (on connaît les vestiaires surchauffés ou surgelés, les sorties du car à proximité de la foule et autres amabilités réservées aux visiteurs). Très énervé et marqué au visage, François Nicolaï, président du Sporting, affirmait son intention de porter plainte contre le LOSC. Après conversation entre gentlemen avec son homologue Luc Dayan, la plainte ne concernait plus que les agents de sécurité, contre qui Lille aussi va se retourner. En ce moment, nos dirigeants portent plainte à tout va. Ils devraient plutôt se pencher sur tous les graves dysfonctionnements qui apparaissent au sein de leurs clubs et prendre leurs responsabilités.

Balistique du crétin
C'est probablement le démon qui a guidé les trajectoires de l'orange qui a atterri sur le défenseur troyen au Parc des Princes et du pétard qui a explosé près de la tête de l'arbitre assistante à la Meinau. À moins que les auteurs de ces jets soient aussi diaboliquement adroits qu'ils sont désespérément stupides. Celui de Strasbourg a été interpellé, et l'on espère que celui de Paris le sera aussi. S'il écope de prison ferme, on viendra lui lancer des oranges. Notons aussi qu'au Vélodrome, une pile a atteint Jean-Marie Aubry.
Les conséquences risquent d'être dramatiques pour les deux clubs, à commencer par le Racing, qui tenait une victoire à domicile. Bertin peut perdre ses nerfs à la sortie du terrain, tout s'acharne sur Strasbourg, particulièrement quelques supporters Strasbourgeois. Le club encourt une défaite sur tapis vert et la suspension de son stade. Voilà exactement l'aide dont il avait besoin pour se redresser. Le Parc des Princes était justement sous le coup d'une suspension avec sursis (suite au grave incident de PSG-Marseille), qui pourrait devenir ferme. Encourageons les instances disciplinaires à prononcer de vraies sanctions à l'égard des clubs, afin de créer un minimum d'effet dissuasif sur les faibles d'esprit tentés par ce genre de geste. Il est injuste qu'un public soit collectivement sanctionné pour les actes "d'un ou deux excités", mais c'est la seule façon de le responabiliser
Dans les deux cas, on voit le chemin qui reste à parcourir pour inhiber totalement toute volonté de lancer quoi que ce soit sur le terrain. Le geste est banalisé: tirs de fusées, rouleaux de PQ, boules de papier sur les tireurs de corner... La pelouse est loin d'être la zone de sécurité absolue qu'elle devrait être.

Réserves en série
Joli match, surtout pour les Lyonnais, le derby OL-ASSE s'est aussi déroulé en coulisse avec un double dépôt de réserves de la part des deux équipes, qui poursuivent ainsi d'étrange façon l'affaire des passeports. Rappelons une nouvelle fois les menaces de Jean-Michel Aulas avant le match aller, si Saint-Etienne faisait jouer Alex. Le chantage avait fonctionné, puisque l'attaquant brésilien ne figurait pas sur la feuille de match, pour une raison fallacieuse. Cette fois, les Lyonnais reprochent officiellement aux Stéphanois de n'être pas en règle avec leurs joueurs extra-communautaires (sans que l'on sache précisément lesquels, Alex étant redevenu Brésilien, Levytsky n'étant pas alignés). Les Stéphanois ont répliqué en remettant en cause la validité des cachets médicaux sur sur la licence de Marlet (c'est à la mode), ainsi que les identités de Foé, Edmilson et Mueller (d'après AFP 21/12). Mais seul ce dernier, Suisse, évolue sous un passeport communautaire (autrichien)... Alors, s'agit-il du premier épisode d'une guérilla administrative dont la D1 va être le théâtre, à l'occasion de chaque rencontre? La situation n'est-elle pas d'autant plus absurde que le défenseur de l'ASSE dans ces affaires est Me Soulier, ami de Jean-Michel Aulas?..

Ces épisodes plus ou moins dramatiques ne constituent pas la meilleure façon de terminer l'année, surtout qu'ils annoncent ici et là des développements qui risquent d'être franchement tragiques. Faut-il souhaiter une bonne année 2001 au football français?
On se consolera avec un podium de fin d'année qui en dit long sur cette saison si particulière, où ceux qui ne pensent qu'à jouer sont étrangement favorisés...

Bordeaux-Nantes: 0-2
Qui aurait dit après quelques journées de championnat que l’opposition de ce jeudi soir aurait pour enjeu la première place du classement? Mais dans cette folle compétition, seules ces deux équipes ont su réussir une série prolongée de résultats positifs. C’est ainsi en toute logique que ces deux clubs se retrouvent en lice pour le sacre final et pour une place de leader avant l’interruption provoquée par les festivités de fin d’année.
L’importance du résultat incitant sans doute les deux adversaires à une certaine prudence et provoquant un zeste de nervosité, le match eut du mal à démarrer. Aussi, c’est un peu à la surprise générale que les Nantais ouvrirent le score sur la première action tranchante de la partie. Ce but, marqué à la 24e minute, fut l’occasion d’admirer, une nouvelle fois, l’opportunisme de Moldovan, idéalement placé pour reprendre de la tête un centre de Da Rocha.
Cela eu pour effet de réveiller des Bordelais dont la pugnacité est cette saison une des marques de fabrique. Leur domination alla crescendo jusqu’à la fin de la première période, mais elle resta stérile. Ce ne fut pas faute de frapper au but. Dans cet exercice, Pauleta se tailla la part du lion. D’abord à la 31e minute en feintant un centre qui fut difficilement repoussé par Landreau. Puis, six minutes plus tard par l’intermédiaire d’une tête qui échoua sur la transversale.
Dès l’entame de la seconde mi-temps, les Bordelais reprirent le cours de leur domination. Laslandes et Batlles furent pendant une vingtaine de minutes les principaux protagonistes du jeu en multipliant les actions sur le flanc droit des canaris. Mais là aussi, ces velléités restèrent vaines. Le schéma sur le terrain devint extrêmement classique entre des Bordelais jouant en majorité dans le camp adverse et des Nantais profitant de rares occasions de contre. Touré eut ainsi deux fois l’occasion de tuer le match mais Ramé et un peu de maladresse le mirent en échec. C’est dans cette disposition et avec un second but nantais dans les ultimes secondes que s’acheva ce match, qui voit les visiteurs réaliser une excellente opération. Le bénéfice pour eux est triple. Tout d’abord, la victoire leur permet de creuser l’écart avec un adversaire direct pour le titre. Ensuite, elle place les hommes de Denoueix dans des conditions idéales pour profiter au mieux de la trêve. Ayant confirmé leur statut de favori, ils vont pouvoir mettre à profit les quelques jours qui viennent pour l’assimiler au mieux. Enfin, de manière plus anecdotique, le succès des Nantais leur permet de prendre une petite revanche sur un adversaire qui les avait humiliés à la Beaujoire à l’aller. Les conditions sont donc réunies pour passer d’excellentes fêtes de fin d’année.
Côté Bordelais, elles ne devraient pas être trop mauvaises non plus malgré la défaite. En dépit de celle-ci, les Girondins restent en haut de tableau dans une position d’attente qui les protège de toute pression intempestive. De surcroît, la qualité de leur jeu n’est nullement remise en question. Les résultats mitigés de ces dernières journées étant plutôt à mettre sur le compte d’une fatigue physique de plus en plus difficile à gérer. La trêve vient donc à point pour eux également.

Rennes Sedan: 2-0
Confrontation entre deux équipes en forme. Si pour les Sedanais l’état de grâce est permanent depuis le début de saison (surtout à la maison), la situation est relativement nouvelle pour les Rennais. Très à l’aise à l’extérieur, les Bretons ont longtemps eu beaucoup de peine à s’imposer à domicile. Mais depuis quelques matches, ces difficultés semblent à ranger au rang des mauvais souvenirs. Cette partie contre un des ténors de la compétition était donc une excellente occasion de confirmer ce nouvel état d’esprit. En face, malgré une fatigue grandissante, le but du jeu était de prendre au moins le point du match nul afin de rester au contact des Nantais.
Le début de match vit les deux équipes s’observer quelque peu. Peu désireuses de s’offrir aux attaques adverses, elles restaient très prudentes. Le premier éclair eut lieu à la 14e minute par l’intermédiaire de Mionnet qui frappa sur l’angle de la transversale après un beau débordement sur le côté gauche de la défense rennaise. Côté d’où revint le danger deux minutes plus tard par une percée de Diao dont la frappe fut détournée in extremis par Lama. Se traduisait ainsi une domination de plus en plus marquée des visiteurs. Sentant sans doute le danger, les hommes de Le Guen s’attachèrent à se remettre dans le bon sens. Aussitôt dit, aussitôt fait puisqu’à la 24e minute ce fut au tour de Gourvennec de frapper sur la transversale. La deuxième occasion qui intervint sept minutes plus tard marquait bien le net retour des Rennais dans le match. Ce fut encore plus perceptible la minute suivante puisque le meneur de jeu breton ouvrit le score après une bonne frappe de Chapuis. Menés à la marque, les Sedanais eurent bien du mal à atteindre la pause, le physique bien plus que le moral semblant touché.
Le quart d’heure de récupération ne fut sans doute pas suffisant car la reprise vit de nouveau les Rennais à l’abordage. N’ayant rien à perdre, Alex Dupont décida de changer ses batteries offensives en faisant entrer N’Diaye et Brogno. Ce fut insuffisant pour changer le cours d’un match que Lucas illumina d’une classe encore à peine entrevue. Effectuant un petit numéro, il obligea Sachy à aller chercher le ballon une nouvelle fois dans ses filets. Une minute plus tard, il offrit une balle de but à Le Roux qui enleva trop sa frappe. Ne restait plus qu’une seule équipe sur le terrain et l’issue du match ne revêtait dès lors plus aucun suspense.
Si les vacances arrivent au bon moment pour des Sedanais complètement lessivés, il n’en va pas de même côté Rennais. En effet, avec treize points pris sur quinze possibles, ils sont la meilleure équipe des matches retour. Après avoir connu le pire, les Bretons ont lancé leur saison avec leur victoire contre Paris. Depuis, ils volent de succès en succès et sont désormais tout près des places européennes, objectif impensable il y a quelques semaines. Il leur reste désormais à négocier au mieux cette trêve forcée en faisant tout pour ne pas perdre l’élan si difficilement acquis. Mais il semble que les difficultés vécues par Paul Le Guen ait eu au moins un aspect positif, celui de resserrer les liens du groupe. La maladresse des dirigeants aura donc par un chemin détourné réussi à mener l’équipe sur le remonte-pente. Conscients de leur réussite, espérons pour le Stade Rennais qu’il gère au mieux la suite de la saison, à commencer par cette mini-coupure.
Ces quelques jours de vacances feront, en revanche, le plus grand bien aux hommes d’Alex Dupont. Inconsistants mais chanceux contre Strasbourg, ils avaient réussi à s’en tirer. Le miracle ne s’est pas reproduit. Ils n’ont fait illusion que pendant vingt minutes lors de ce match. Lassitude physique, lassitude mentale, la coupe est pleine pour une équipe que personne n’attendait en aussi bonne position. Laissant le leadership aux seuls Nantais, les voilà à l’abri d’une pression médiatique encore difficile à maîtriser pour eux. Au calme et avec un état d’esprit toujours aussi positif, ils pourraient se refaire une santé très rapidement et continuer à nous surprendre dès la reprise. C’est tout le mal que nous leur souhaitons pour cette fin d’année.

Auxerre-Lens : 3-2
Nous avions enterré Auxerre sans doute un peu trop vite. Sans génie, cette équipe peut compter sur quelques jeunes et quelques personnalités qui réussiront peut-être à sauver l’équipe. La preuve ce soir avec un Guivarc’h en passe de redevenir le buteur pré-mondial et un Cool toujours aussi décisif. Mais, à l’image du match de ce soir, les Bourguignons devront se battre sur chaque point pour assurer un maintien encore loin d’être acquis. Difficulté supplémentaire, ils devront également réussir à garder leurs joueurs pendant le mercato.
Pour les Lensois, la douche froide se prolonge. En trois matches, ils n’ont arraché qu’un point contre Bordeaux. La trêve leur permettra peut-être de repartir sur les bases qui avaient été les leurs en début de saison et qui en avaient fait les leaders du championnat. Seul petit problème, l’effet Courbis ne jouera plus et le groupe a montré quelques limites. L’éclaircie viendra peut-être du retour en forme de Sibierski ou des relations de l'entraîneur lensois qui lui permettra de faire quelques bonnes affaires pendant le mercato.

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