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Diaporama : la 31e journée du championnat

On a cru jusque tard dimanche soir que cette journée consacrerait le statu quo en tête, mais Govou a modifié la donne du championnat dans les arrêts de jeu de cet Auxerre-Lyon, faisant du nul de Lens un terrible faux-pas.
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Lorient-Sedan : 1-1
Depuis l’arrivée de Pouliquen à la trêve, les Merlus semblent avoir de nouveau une certaine assise défensive (hormis l’épisode pathétique du Parc), mais ils n’en ont pas pour autant retrouvé la réussite. Ils ont ainsi vu s’échapper deux points précieux dans la course au maintien, en s’inclinant sur un coup de patte pour le moins inesthétique de N’Diefi dans le temps additionnel.
Auparavant, les Bretons s’étaient pourtant manifestés par quelques beaux mouvements: même si la première période ne restera pas gravée dans les mémoires, l’ensemble de la prestation lorientaise a été plutôt convaincante. Entre une frappe sur la barre et de belles prouesses techniques de Feindouno et un déboulé de Darcheville interrompu par Regnault, c’est finalement à Guel qu’est revenu l’honneur d’inscrire son nom au tableau d’affichage. Comme d’habitude, les Merlus ont été plaisants, mais restent derrière des Messins qui comptent encore deux matches en retard. Le vent du boulet de la D2 leur souffle dans le cou depuis de nombreuses semaines maintenant, et il leur sera difficile de l’éviter…

Observations
Guel marque du pointu. S'il avait adopté cette technique plus tôt, aurait-il marqué dix fois plus de buts dans sa carrière?
N’Diefi marque de la semelle. S'il avait adopté cette technique plus tôt…

Bordeaux-Bastia : 2-1
Il a fallu attendre 87 minutes pour voir Bastia marquer un but à une défense girondine pourtant décimée: on ne peut pas dire que ce soit bon signe quant à la capacité des Corses de se prémunir d’un retour de leurs poursuivants, même s’ils bénéficient d’une marge de manœuvre plutôt confortable. Quant aux Girondins, les voilà prêt à rêver d’une quatrième place désormais accessible après la déroute lilloise et la contre-performance bourguignonne. Bref, ce serait presque la fête en Gironde, si les Marine et Blancs avaient eu la bonne idée de produire du jeu. Car en matière de ballon rond, les hommes de Baup ont fait à peu près le minimum, comme toujours: ils ont donc évolué de façon sporadique, avec beaucoup de fighting spirit et quelques rares beaux mouvements collectifs. Les deux buts étaient de ceux-ci, puisqu’ils ont tous deux été la conclusion d’une série de passes courtes bien ajustées. Entre une belle frappe sèche de Meriem de l’extérieur du droit et une tête de Sanchez presque sauvée par Penneteau, les Girondins se sont mis à l’abri en une mi-temps. Quant aux Corses, obligés de courir après le score, ils sont tombés sur un Ramé inspiré, qui s’interposait brillamment sur une déviation à bout portant et une tête de Vairelles, ainsi que sur une frappe vicieuse de Manso.

Observations
Pauleta qui rate deux face à face avec le gardien, il faut s’en souvenir, ça ne se reproduira pas de sitôt.
Les Girondins veulent vraiment nous faire croire qu’ils peuvent se qualifier pour l’Europe lors de la dernière journée de championnat?

PSG-Nantes : 1-1
Dans une confrontation un peu terne, Jérôme Leroy fut sans conteste l'homme du match. Après avoir attendu la 29e minute avant de réussir une passe, il fut décisif sur le but d'Okocha, mais après que la balle soit rentrée dans les filets. Déjà fort embarrassés face à la rigoureuse organisation nantaise, les Parisiens réduits à dix ne purent faire beaucoup mieux. La remontée de Déhu en milieu de terrain couronna l'impuissance du PSG dans l'animation du jeu et en attaque. Bien pris par le hors-jeu (ou par le juge de ligne), l'équipe de Fernandez ne pouvait s'en remettre samedi soir qu'à un exploit de Ronaldinho, qui n'est pas venu.
Côté nantais, on aura surtout apprécié la solidité de la charnière sud-américaine, l'activité de Berson et la qualité exceptionnelle d'Armand, toujours bien placé et décisif dans sa zone de jeu, où le combat fut particulièrement intense. Le duel des défenses n'a pas eu de vainqueur, celles-ci ne cédant que sur un contre parfaitement conclu par Quint et un coup franc imparable d'Okocha. Un papier de L'Equipe du matin même évoquait "l'histoire d'amour" de ce denier avec le public du Parc. Vu les sifflets qui lui furent adressés, on peut douter de cette vision angélique.

Observations
Encore deux ou trois matches comme ça et les Rangers ne voudront plus d'Arteta.
En titularisant Ogbeche, Fernandez vise la Gambardella pour l'an prochain?
Armand explose même les panneaux publicitaires.
Leroy, phénomène de la nature. Un peu comme les poulets qui continuent à courir après qu'on leur ait coupé la tête.
Landreau : le problème du double arrêt, c’est que parfois ça rate dès le premier.

Montpellier-Guingamp : 2-1

Ce genre de gros plan devrait être passible de sanctions pénales.
C'est sa première victoire de l'année 2002 en championnat qui permet au MHSC d'assurer sa victoire. Autant dire que finalement, le calcul très risqué des départs décidés à l'intersaison se révèle sinon gagnant, du moins non perdant. Les Montpelliérains avaient pourtant montré en première période une qualité de jeu quasiment nulle, l'égalisation de Carotti juste avant la pause se révélant un pur don du ciel. La suite marqua le réveil des locaux, enfin volontaires et un tant soit peu inspirés. Barbosa en recueillit les fruits à l'heure de jeu. Cette fois, ce furent les Bretons qui lâchèrent prise, paraissant s'incliner avant terme.

Observation
Quel aspect du jeu de Guingamp a incité Sochaux à contacter Guy Lacombe?

Rennes-Lille : 4-0
Heureusement que toute saison ratée préserve quelques instants de bonheur. Les spectateurs du Stade de la route de Lorient et Christian Gourcuff ont connu une telle félicité avec un joli carton face à des Lillois qui ont l'air quelque peu déprimés, et qui en plus vont se faire encore engueuler par Vahid. Pas forcément à tort compte tenu de l'insignifiance des Nordistes, qui ont complètement cédé dans les 25 dernières minutes.

Observation
Heureusement pour Lille que Sorlin a raté une occasion sur deux.

Sochaux-Marseille : 3-0
Décidément, les penalties, sifflés ou non sifflés lors des matches de l'OM auront alimenté les controverses cette saison. Dans le choc entre Pagis et Van Buyten, la notion "épaule contre épaule" ne tient pas, l'épaule de l'un étant à la hauteur de la taille de l'autre. Mais il aurait fallu bien plus qu'une plus grande bienveillance arbitrale pour permettre à l'OM de remporter cette rencontre, et ne serait-ce que d'approcher le niveau de jeu des Sochaliens, qui retrouvent un peu de leur brio de 2001.

Observations
Si on avait compté les passes décisives de Franck Lebœuf cette saison, il menacerait peut-être Pedron.
Au moins, quand Cygan rate sa passe en retrait, il court assez vite pour éviter que la balle ne franchisse la ligne.
C’est quoi la formule magique de Sochaux pour faire marquer Saveljic comme Trezeguet?
Le trophée Cyril Rool revient à Franck Jurietti.
Jean Fernandez : enfin un entraîneur viré mais content.

Lens-Troyes : 0-0
Jusque-là, les Lensois ont bien su gérer leurs absences, mais on sera enclins à dire que celles de Coridon et Diouf ont pesé sur cette rencontre sans but. Rodriguez a ses qualités, mais largement privé de compétition et mal récompensé par un poteau en début de match, il n'a pu être plus décisif que ses partenaires. Moreira ne fut ainsi pas plus heureux. Sa terrible frappe, déclenchée en embuscade au second poteau Lachor échoua sur la transversale, qui venait là suppléer un excellent Heurtebis. Goussé aurait même pu faire son bonheur et celui de l'ESTAC d'un extérieur du pied trop décroisé.
Devenu inefficace à Bollaert, le Racing relance donc le championnat à ses dépens, et n'échappera plus au doute dans un final au couteau. C'est peut-être ce qu'il lui faut pour échapper à cette torpeur fatale. Les mauvaises langues diront qu'il ne joue pas mieux qu'avant, mais qu'il a moins de chance. Alain Perrin a eu beau qualifier d'immérité ce résultat, il n'est pas totalement le fruit du hasard, même si sa solide équipe confirme sa propension à perdre une grande partie de ses moyens en déplacement.

Monaco-Metz : 2-2
Si les Monégasques n'en finissent pas de décevoir leur entraîneur, les Messins version Gress renouent sérieusement avec l'espoir de se maintenir, passant symboliquement au-dessus de la barre des relégables (à 29 points comme Lorient et Guingamp, mais avec un match en retard à jouer). Un improbable doublé de Givet n'a donc pas permis à l'ASM de renouer avec un peu plus de dignité, à l'image de ses stars, sous l'éteignoir d'une sérieuse équipe lorraine. Adebayor aura été décisif en obtenant le penalty transformé par Bastien, puis en obtenant de la tête l'égalisation. Jolis débuts pour le jeune Togolais, que Gress a judicieusement sorti de sa poche.

Observation
Se faire siffler par 4000 spectateurs, c'est le comble de la misère sportive monégasque?

Auxerre-Lyon : 0-1
La confrontation a été à l'image du championnat et de ses "sommets". Si la qualité technique globale et l'intensité sont de bon niveaux, on ne peut que constater une pénurie chronique d'actions offensives tranchantes et d'occasions nettes. Considérant que la valeur des attaquants présents sur le terrain de l'Abbé-Deschamps n'est pas à mettre en cause, il faut peut-être incriminer une certaine culture tactique à la française, qui ne se signale pas par son audace et ne permet pas à des animateurs comme Carrière ou Lachuer de donner leur pleine mesure. A ce jeu du football-pourcentage, Santini n'est pas le plus maladroit, et force est de s'incliner devant le score final et le classement au terme de cette journée. Il fallait vraiment croire aux vertus de la patience pour parvenir à un tel dénouement.
On regrettera donc le petit nombre de percussions véritables et de tirs cadrés, les deux équipes s'étant neutralisées pendant une bonne heure avant de se lâcher enfin la bride. Lorsque Cissé ne parvint pas à redresser la course du ballon après avoir débordé Coupet, c'était en effet la meilleure occasion de la soirée, et elle survenait à la 60e minute. Malgré une animation nettement plus grande et une emprise bourguignonne retrouvée (car la domination lyonnaise ne s'était jusque-là pas démentie), les défenses tenaient bien leur affaire (avec un Mexès redoutable chez les Blancs) et plus rien ne semblait pouvoir faire basculer la rencontre. Mais lancé presque à l'aveuglette par une balle en cloche de Carrière, Govou résistait à l'impact de Boumsong et tuait Cool d'une frappe wiltordienne. Une ultime tête en extension de Cissé, et la messe était dite.

La liesse lyonnaise est pleinement justifiée, car la redistribution des cartes avant les trois dernières journées met l'OL dans une situation très favorable, avec un moral tout neuf d'équipe enterrée trop tôt. Coutumier des sprints ravageurs, l'OL se trouve sur un élan bien plus positif qu'un RC Lens qui fait du surplace et ne pourra désormais plus nier qu'il est sous pression. A l'inverse, l'AJA a consommé une bonne partie de ses chances d'atteindre ses objectifs, et ce n'est pas vraiment une surprise compte tenu d'une expression en baisse depuis quelques semaines. Mais avec un match de plus à jouer, l'équipe de Roux n'a pas brûlé tous ses jokers.

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