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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Djorkaeff 1995, coup franc avec sursis

Un jour, un but - Le 16 août 1995 au Parc des Princes, Youri Djorkaeff marque dans les dernières minutes d’un France-Pologne qualificatif pour l’Euro 1996. Son échec aurait changé l’histoire. 

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C’est comme si on était revenu au bon vieux temps des années Platini, quand un coup franc bien placé réglait quelques situations mal embarquées.

 

Lorsque Reynald Pedros et Youri Djorkaeff élaborent leur stratégie pour tirer le coup franc accordé à la 87e minute de la rencontre France-Pologne, les Bleus sont au bord du précipice.

 

 

 

 


Porte de sortie

Le but du Polonais Andrzej Juskowiak en première mi-temps, consécutif à une perte de balle de Zidane, a jeté un froid sur le Parc des Princes. L’équipe de France est de nouveau confrontée à son inefficacité offensive face à un adversaire qu’elle domine pourtant copieusement.

 

Les occasions françaises se sont multipliées en vain en deuxième mi-temps, facilitées par l’exclusion du défenseur Tomasz Lapinski avant l’heure de jeu. Un penalty fut même accordé, mais Lizarazu a vu son tir repoussé par le gardien polonais – confirmation de la malédiction du latéral dans cet exercice

 


 

 

La défaite qui se dessine éliminera pour de bon la France de l’Euro 1996 et indiquera la porte de sortie à son sélectionneur Aimé Jacquet. Elle réduira ainsi à néant deux ans de travail mis en place depuis le funeste France-Bulgarie de 1993.

 

Le successeur de Gérard Houllier s’est vu assigner l’objectif fou de remporter la dernière Coupe du monde du siècle, organisée dans l’Hexagone. Une participation à l’Euro 1996 en Angleterre s’avérait indispensable pour aguerrir un groupe au contexte particulier d’une phase finale.

 

Depuis son intronisation, Aimé Jacquet n’a pas eu la tâche facile. Une partie de l’opinion publique ne le voyait que comme un intérimaire chargé de préparer le travail d’un homme providentiel.

 

L’ancien entraîneur de Bordeaux a tenté plusieurs options. Il a voulu construire autour d'Éric Cantona, mais la nouvelle idole de Manchester s’est sabordée un soir de janvier 1995 en réglant son compte à un supporter de Crystal Palace. 

 


Première pierre

Jacquet a tenté de se conformer à la mode nantaise, incluant jusqu’à quatre Canaris dans son onze de départ, mais la fusion ne s’est jamais produite.

 

C’est sur la pelouse de Nantes que, paradoxalement, Jacquet propose en avril 1995 la première esquisse de son projet: une équipe avec Deschamps capitaine, Desailly en vigie et un duo Zidane-Djorkaeff pour dynamiser l’attaque. Les Bleus l’emportent 4-0 contre la Slovaquie et semblent partis vers une nouvelle dynamique.

 

Quatre mois plus tard, voici cette embellie remise au point mort face à la Pologne. Reynald Pedros est entré après l’heure de jeu, suivi par Youri Djorkaeff cinq minutes plus tard. Les deux remplaçants discutent autour du ballon posé sur le côté droit de la surface.

 

Tout indique que c’est le gaucher nantais qui va le frapper. Finalement, c’est Djorkaeff qui tente sa chance, du pied droit. Sa frappe flottante passe au-dessus du mur polonais et va se nicher sur la droite du gardien, qui plonge trop tard. Et qui attendait certainement le tir de Pedros.

 

Le Parc des Princes explose de joie et Aimé Jacquet pousse un ouf de soulagement. Son équipe de France n’est pas encore qualifiée pour l’Euro 1996, mais elle n’est pas non plus encore éliminée.

 

Les fantômes de France-Bulgarie semblent définitivement s’en aller. Quelques jours plus tard, à Saint-Denis, le premier ministre Alain Juppé pose la première pierre du "grand stade" destiné à accueillir la finale de la Coupe du monde 1998.

 

 

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