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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Le Diaporama de Noël

Eder 2016, comme un papillon de nuit

Un jour, un but – Le 10 juillet 2016 au Stade de France, la frappe de l'attaquant portugais Eder fait mouche et brise le rêve d'un troisième sacre européen pour l'équipe de France.

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Eder reçoit la passe de Joao Moutinho à une trentaine de mètres de la cage française. L'attaquant portugais se bat avec Laurent Koscielny et doit se déporter dans l'axe. Le libéro français lâche son effort et son coéquipier Samuel Umtiti reste à distance sans intervenir. Alors Eder, esseulé, tente sa chance. Sa frappe du pied droit surprend Hugo Lloris, qui plonge avec un léger retard. Le gardien français ne peut détourner la course du ballon et le voit fuser au pied de son poteau droit puis rouler dans ses filets. À onze minutes de la fin des prolongations, ce 10 juillet 2016, le Portugal mène 1-0 en finale du championnat d'Europe.

 

 

 

Un soupçon de réussite

La France du foot vient de se prendre une gifle. Elle qui somnolait quelque peu, attendant le but français que son esprit avait programmé, est prise d'une soudaine inquiétude. Les hommes de Didier Deschamps ont dominé une grande partie du match, mais sans réussite. Il y a bien eu quelques éclairs d'Antoine Griezmann, le meilleur buteur du tournoi, quelques percées spectaculaires de Moussa Sissoko, ou encore cette ultime occasion d'André-Pierre Gignac qui trouve le poteau dans les dernières secondes du temps réglementaire. Mais pas de but.

 

Tout semblait pourtant avoir été mis en place pour un triomphe de cette équipe de France de 2016, sans doute pas aussi solide que ses devancières de 1984 ou 2000, mais finalement bien présente pour conquérir le trophée. Sortie d'un premier tour poussif grâce aux exploits individuels de ses attaquants, elle s'est lancée dans les phases éliminatoires épiques avec un Antoine Griezmann retrouvé et ce soupçon de réussite qui accompagne les grandes équipes vers la victoire. Une réussite qui semblait poursuivre son œuvre ce 10 juillet lorsqu'après vingt minutes de jeu, le Portugal se retrouva amputé de son meilleur joueur, le multiple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, contraint de sortir le genou en compote suite à un choc avec Dimitri Payet.

 

 

Un parcours sans convaincre

Du coup, le Portugal joua longtemps sans se créer de véritable occasion. À l'image de son parcours, où l'on critiqua beaucoup la qualité de son jeu. Les hommes de Fernando Santos franchissent le premier tour sans remporter la moindre rencontre (trois matches nuls) mais en bénéficiant de la règle fumeuse des meilleurs troisièmes. Ensuite, les Lusitaniens provoquent une petite surprise en éliminant la Croatie en huitième de finale. Puis c'est la Pologne, battue aux tirs au but, et enfin, le Pays de Galles, dans un choc des "sans-grades" en demi-finale.

 

Les Portugais sont donc loin d'être favoris de cette finale, d'autant qu'ils affrontent l'équipe hôte du tournoi. Mais depuis 2004, ils sont bien placés pour savoir qu'un pays organisateur a beau être favori d'une finale, il lui arrive de ne pas lever le trophée.

 

 

Pour faire le nombre

Ederzito António Macedo Lopes dit Eder est entré en finale à dix minutes de la fin du temps réglementaire. Avant cela, durant cet Euro, l'avant-centre prêté par Swansea au LOSC n'avait joué que cinq minutes, lors du premier match contre l'Islande. À vrai dire, Fernando Santos, le sélectionneur portugais, ne comptait pas trop sur lui. Il l'avait couché sur sa liste des vingt-trois faute d'avoir trouvé un avant-centre véritablement convaincant.

 

C'est un peu par hasard, et sous la contrainte imposée par la sortie de Cristiano Ronaldo, que le sélectionneur portugais va réaliser un coaching gagnant. Dès que Eder foule la pelouse du Stade de France, le Portugal devient plus offensif et se procure des occasions. Le Bissau-Guinéen impose sa masse athlétique sur l'arrière-garde française et manque bien d'être décisif dans la première prolongation, lorsqu'il cadre une reprise de la tête repoussée par Lloris. Quatre minutes plus tard, son tir ne manquera cette fois pas sa cible.

 

 

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