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Ligue : déjà les plans d'urgence ?

Espagne 2002 : l'étoffe des héros ?

A quelques semaines du Mondial, il est assez difficile de cerner les plans exacts de Camacho. Mais entre les stars, les "vieux" et les espoirs, il y a de quoi faire une belle équipe, et de belles polémiques…
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Les motifs d’espoir pour la sélection nationale sont nombreux. L’Espagne peut s’enorgueillir de posséder le meilleur football de club de ces dernières saisons. Et si ces équipes obtiennent les meilleurs résultats sur le plan continental, c’est autant dû aux fabuleux joueurs étrangers qui foulent les pelouses de la péninsule qu’au talent des footballeurs nationaux.

Show devant, slow derrière
Le duo Tristan-Raul n’a par exemple pas grand chose à envier aux Français Henry et Trezeguet, ni même aux Argentins Crespo ou Claudio Lopez. Les statistiques de cette paire d’attaquants sont édifiantes. En 280 matches de Liga, Raul a inscrit 140 buts. Quant à son collègue de La Corogne, il a marqué 52 fois en 93 matches sous ses différentes couleurs. Ce dernier est d’ailleurs, un quasi-novice en équipe nationale espagnole (seulement cinq sélections!). Passé par Majorque ou le Betis, il semble atteindre, à 26 ans, un statut de "fuoriclasse", d’autant que son jeu n’est pas sans rappeler celui d’un des meilleurs buteurs de la dernière Coupe du Monde, Christian Vieri. Il ne serait finalement pas étonnant que le solide attaquant galicien succède à l’Italien en tête de ce classement (un peu sans intérêt) en juin prochain.

C’est au milieu de terrain que les choses se compliquent un peu pour les Espagnols. Ceux-ci ne possèdent pas de joueurs aussi magiquement talentueux que Zidane ou Beckham. Il n’existe pas non plus, en sélection, de véritable meneur de jeu, ni même de milieu offensif inamovible comme c’est le cas dans la plupart des meilleures formations mondiales. Beaucoup de "relayeurs" ont par exemple fait office d’animateur de l’entre-jeu, à l’image de Helguera, Pep Guardiola ou encore Mendieta. Les derniers matches de Liga ont néanmoins fait émerger Valeron comme une solution relativement crédible afin de pourvoir le fabuleux duo d’attaque en bons ballons. Particulièrement technique, détenteur d’une conduite de balle hors du commun, le joueur de La Corogne (qui ne joue pourtant quasiment jamais un match en intégralité avec son club) pourrait être intronisé comme dépositaire du jeu espagnol lors de la prochaine Coupe du Monde.

Derrière, c’est en revanche toujours le flou total. La ligne défensive varie au gré du temps et des saisons. A côté de l’indéboulonnable Hierro, des joueurs comme Salgado, Abelardo, Paco, Sergi, Puyol ou Juanfran ont été sélectionnés ces derniers mois. Cela dit, si ces défenseurs n’ont rien de comparable, en terme de stabilité, avec notre quatuor Bleu, par exemple, ils restent malgré tout de bons techniciens. Mais il est évident que la défense n’est pas le point fort de la sélection ibérique.

Au final, on peut cependant noter une évolution dans la composition de la sélection. L’époque ou la plupart des joueurs étaient issus des deux clubs majeurs — Barça et Real —est bel et bien révolue. Le pays compte un vivier de joueurs relativement étoffé, évoluant dans des clubs disséminés sur l'ensemble du territoire. C'est finalement à l'image des équipes de tête du championnat espagnol, puisque des formations comme Vigo, le Betis, Alaves ou Mallorque ont, ces dernières années, approché ou atteint le podium de la Liga. Cette situation est finalement assez caractéristique d’une certaine évolution du niveau de cette compétition, ce qui ne va évidemment pas sans une évolution parallèle du niveau de ses joueurs nationaux.

Tout nouveaux, tout beaux
Ces observations sont aussi valables pour la jeune garde espagnole. Si certains sélectionneurs restent fidèles à un groupe bien défini, Camacho a quant à lui pour habitude de donner sa chance assez régulièrement à de jeunes pousses. Sans aller jusqu’à gérer sa sélection à la mode brésilienne, celui-ci n’hésite pas ainsi à tenter quelques expérimentations. Il déclarait encore il y a quelques jours qu’il restait 20% de places à prendre en équipe nationale…

L’une de ses tentatives les plus audacieuses est cette année est la sélection du jeune Joaquin. Agé de seulement 20 ans, ce milieu de terrain du Betis Séville casse littéralement la baraque cette saison. Le milieu de terrain est ainsi l’un des principaux artisans du retour au plus haut niveau du Betis en première division, puisque que le club andalou fait partie des formations actuellement en lice pour une qualification en Ligue des Champions. Camacho n’hésite d’ailleurs pas à comparer Joaquin à… Maradona, tout bonnement. Certains commentateurs espagnols gardent cependant un certain recul vis-à-vis des performances de ce joueur, en particulier en raison du fait qu’il s’agit pour lui de sa première saison au plus haut niveau. Son dernier match contre les Pays-Bas (ponctué par une défaite 1-0) n’a d’ailleurs pas été convaincant pour le jeune milieu de terrain andalou. On peut toutefois lui souhaiter la même carrière en Rouge que celle d’un Trezeguet en Bleu, titularisé pour la première fois à quelques semaines du Mondial 98, alors qu’il découvrait encore le plus haut niveau en D1 française.

Dernière exemple en date de ces expérimentations, Camacho a également opté, lors du match contre les Pays-Bas mercredi 27 mars, pour la sélection de deux nouveaux débutants en la personne de Tiko, de l’Athletic et de Capi, également du Betis. Bref, à quelques jours seulement du coup d’envoi de la compétition planétaire, les essais sont encore d’actualité… L’avenir nous dira si cette stratégie s’avèrera ou non un succès.

La polémique, sport national aussi en Espagne
Malgré ces conditions visiblement idéales, en Espagne comme ailleurs, la polémique fait rage en ce qui concerne certains cas particuliers.

Les premiers visés par la critique sont les deux "vieux": Guardiola et Mendieta. Le premier, contrôlé positif en début d’année, a été privé de ballon pendant de longues semaines. Avec son transfert dans un club de milieu de tableau italien, on ne peut pas dire que le Catalan se soit placé dans les meilleures conditions pour être du voyage en Corée et au Japon à la fin du printemps. Reste que le sélectionneur semble prêt à faire confiance à l'ex-Barcelonais, pour lequel il semble avoir une très haute estime. Quant à Mendieta, souvent placé sur le banc des remplaçants de la Lazio, il sera clairement du voyage. Camacho compte sur lui et à déjà affirmé son intention de le placer dans les 23.

Bien évidemment, cela ne va pas sans quelques grincements de dents. Mais ceux-ci restent surtout l’apanage des joueurs, les médias soutenant globalement l’action de Camacho à la tête de la sélection. Il est d’ailleurs bon de souligner cet atout supplémentaire dans sa manche. Au contraire de son prédécesseur Clemente, la presse apprécie son travail, et le style de jeu de l’équipe actuelle. En cas de difficultés, au moins le sursis pourra-t-il se prolonger un petit plus longtemps.

On peut enfin signaler le cas de Pedro Munitis, qui a laissé de "bons" souvenirs aux spectateurs français. La plupart d’entre eux se rappellent ainsi du grand match livré par l’ailier du Real Madrid face aux Bleus. Sur la pelouse de Mestalla, le petit lutin avait fait souffrir une défense française obligée de multiplier les fautes pour l’empêcher de sévir*. Le match s’était d’ailleurs soldé par une défaite tricolore. Pour autant, Munitis ne fait pas l’unanimité de l’autre côté des Pyrénées. Visiblement, ses récentes performances à la fois en club et en sélection ont jeté le doute sur la pertinence de sa présence en Asie. Mais il continue néanmoins d’être sélectionné régulièrement, même si ce n’était pas le cas contre les Néerlandais mercredi.

* Composée ce soir-là de Karembeu, Desailly, Silvestre et Lizarazu.

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