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Petit 1998, millénaire nuit

Deschamp’s Eleven

Une folle finale, des Bleus battants, un titre sur le toit du monde. Pour toucher sa deuxième étoile, l'équipe de France a pris l'eau avant de faire tomber l'orage sur la Croatie: l'épilogue improbable d'une Coupe du monde hors-catégorie. 

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D'accord, les finales de Coupe du monde sont des matches singuliers. Mais on aura beau avoir élaboré des dizaines de scénarios, dans l'attente, celui-ci était planqué dans les replis d'un cerveau dérangé.

 

La France était tellement forte qu'elle a largement battu une équipe meilleure qu'elle. On ne saura jamais vraiment ce que cette force doit aux circonstances. N'avoir été menée que neuf minutes durant toute la compétition, est-ce un signe de son ascendant, ou la confirmation qu'il vaut toujours mieux ouvrir la marque? Quoi qu'il en soit, quand elle arrive à la fin d'une première mi-temps ratée sur le score de 2-1 avec un contre-son-camp et un VAR-penalty en sa faveur, c'est que la réussite est de son côté.

 

 

 

 

Certes, elle a encore bien défendu, quoique ce fut cette fois beaucoup plus près son but, mais elle n'a longtemps presque rien fait des ballons qu'elle récupérait, incapable de retrouver sa maîtrise et sa capacité à faire mal. Elle les avait juste égarées, parce que les deux buts qui donnent une autre dignité à sa victoire viennent à la conclusion d'actions qui résument à la perfection son style offensif. Une touche très basse de Hernandez, trois têtes de Giroud, Nzonzi et Griezmann pour trouver Pogba libre, une passe sublime de volée, Mbappé au travail à droite, Griezmann en relais dans l'axe et Pogba pour conclure en deux temps. Le suivant récompense une des rares longues possessions de balle, avec Hernandez qui élimine, fixe et trouve Mbappé aux vingt mètres.

 

Après les coups de la providence, les Croates encaissaient les coups de massue de ces Bleus décidément trop tueurs pour quiconque dans cette compétition. Quand Lloris a ajouté une touche de burlesque en offrant un but, on a compris que cette finale avait basculé du côté de Lewis Carrol, plutôt que craint un retour des Rouge et Blanc. À défendre leur avantage, les Tricolores retrouvaient en effet leur position préférentielle, se montraient encore dangereux au point de sacrifier de nouveau à leur maladresse chronique.

 

 

 

 

La boucle était bouclée, le match aussi. Il échappe à l'analyse et malgré ses péripéties, il s'est finalement inscrit dans la droite ligne d'un parcours incroyablement linéaire, droit vers un titre mondial. Cette équipe n'est l'héritière d'aucune de ses illustres devancières, elle interrompt la lignée des grands numéro dix, elle est hétéroclite, un peu bancale jusque dans sa disposition, mais elle a les talents et l'esprit qui font les champions du monde – l'esprit de son sélectionneur, pour une grande part.

 

Les maillots détrempés par l'orage ont pris une teinte noire au moment de la remise du trophée, probablement celle du deuil des adversaires des Bleus, abattus les uns après les autres. La deuxième étoile n'en brille que de plus d'éclat sur les joueurs qui ont accompli cela.

 

 

 

 

La nalyse : le talent plus que la maîtrise

Retrouvez la chronique de Christophe Kuchly sur le site du Monde (que nous remercions une nouvelle fois pour son accueil durant ce Mondial) et le dernier épisode mondial du podcast Vu du banc.

 

 

 


Les gars

Une bourde en mode "Pas toi, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait", sans compromettre le résultat. Lloris va s'en mordre un peu les gants, mais cela ne tient déjà plus que de l'anecdote. Sa parade sur le tir de Rebic a été plus importante.

 

Dans une rencontre jouée sur le fil en défense, Umtiti s'est trouvé assez à son aise en funambule. Il a défendu à la limite et cela a souvent été salvateur. Parfois en difficulté, Varane s'est progressivement repris et a retrouvé son autorité, notamment dans les airs, pour finir en patron.

 

Pavard aura jusqu'au bout de ce Mondial subi les assauts des meilleurs joueurs adverses sur le côté des Bleus le plus faible défensivement. Il a malgré tout tenu, sa part dans la légende étant assurée depuis le huitième de finale.

 

Hernandez est peut-être le joueur le plus emblématique de cette équipe, pour sa hargne maîtrisée, son engagement, et sa capacité à porter des coups – surtout dans le jeu: son rush le long de la ligne, ponctué de passements de jambes, fait l'action décisive du but de Mbappé.

 

Émoussé contre la Belgique, Kanté a paru usé dimanche, loin de son efficacité antérieure. Averti, effacé par Perisic sur son but, il est resté loin de son influence habituelle, jusqu'à son remplacement avant l'heure de jeu. Pas de quoi ternir une Coupe du monde hors-normes, cependant.

 

Peut-être la science percera-t-elle un jour le mystère des centres de l'équilibre de Matuidi, qui a rarement paru plus désarticulé. Une première mi-temps horrible, rattrapée ensuite par une meilleure efficacité défensive. Si l'on vante la force morale de cette équipe, il en a forcément une part.

 

 

 

 

Pogba perd des ballons, mais il tord le bras de l'adversaire: encore un gros volume défensif, encore des ouvertures lumineuses, et un but qui assomme les Croates. De niveau pogmondial, laissons-le danser.

 

Griezmann a conservé le rôle de l'exécuteur sans états d'âme: un penalty inscrit avec le même contrepied que contre l'Argentine, un coup franc assez dangereux en soi pour mettre Mandzukic à la faute, une passe décisive après une série de jongles dans la surface. Et puis des tacles de forcené en plus d'un jeu dans les intervalles qui cimente cette équipe composite.

 

On a lu sur son visage sa déception personnelle, celle de rester l'avant-centre non buteur d'une équipe championne du monde. Mais pas un instant, encore une fois, Giroud n'a sacrifié son intérêt personnel à celui du collectif.

 

La seule logique du tableau d'affichage tient à l'inscription des trois "stars" de cette équipe, Mbappé ayant logiquement complété la liste des buteurs. Aussi sporadique fut-il dans ces circonstances, le danger qu'il a porté a été fatal. On ne peut plus douter que le garçon a un destin.

 

Nzonzi a effectué une entrée remarquable en stabilisant l'entrejeu, avec beaucoup de justesse dans ses interventions et ses passes. Il finit le tournoi avec un statut de premier remplaçant, et son rôle aura été déterminant. Tolisso a eu vingt minutes de jeu pour remplacer Matuidi poste pour poste, et s'est bien acquitté de la tâche. En quelques semaines, il s'est ménagé des possibilités d'avenir en bleu. Fekir a lui aussi apporté son écot, adressant un tir, obtenant un coup franc.

 

 

 

 


Vu du forum

=>> Moravcik dans les prés - 16h45
Vous aussi vous avez vu Ronaldinho qui joue du tam-tam ou je suis déjà bourré?

 

=>> Marquet Moon - 17h20
La vache on est devenus l'Atletico Madrid. Et c'est pas si mal en fait.

 

=>> Run - 17h29
Puree, les joueurs de l'Inter, c'est obligé qu'ils nous em*** en finale de CdM?

 

=>> Anglachel - 17h46
On est à la rue. Espérons qu’on soit dans la rue dans une heure.

 

=>> Hyoga - 17h52
Csc + penalty sur Var, on fait juste un hommage final à cette Coupe du monde.

 

=>> tikko - à 17h58
On n'a pas démarré le match encore et on mène déjà 2-1, c'est cool.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 18h00
Je viens de me découvrir un ancêtre croate. Serrelémic.

 

=>> Cush - 18h50
On n'est pas l'Allemagne. On n'est pas l'Italie. On est le Mordor.

 

 

 

 


Les titres auxquels vous avez échappé

Sous le signe de Paul bloc bas
Les Croates sont cuites
N’importe Croate
World (Des)Champs !
Croatie maman si !
Jules Rimet is coming home
Initials DD
Les hussards sous l'étoile

 

Le titre est deJoey Tribbiani, les TAVAE de Cantona Kelamour, Schizo retourné, Mama, Rama & Papa Yade, gurney, tikko, forezjohn, Toto le Zéro et Jamel Attal.
 

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