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Jeune et déjà costaud

Footballeurs : quelle image pour nos enfants?

Pour sauver la jeunesse française de l'influence néfaste des footballeurs, ces promoteurs du mal, il est temps de se tourner vers un milieu beaucoup plus irréprochable et vertueux. 

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Notre pays, on le sait, traverse aujourd’hui une crise d’une ampleur inédite. Une crise économique, d’abord, mais également une crise culturelle, une crise humanitaire, une crise sécuritaire, une crise militaire et diplomatique. Ces crises pourraient néanmoins être surmontées si toutes les forces vives de notre pays étaient prêtes à se donner la main pour en sortir et bâtir, toutes ensembles, un avenir meilleur. Or cet horizon commun est maintenant mis à mal par une dernière crise, la plus grave de toutes: une crise, très profonde, de la moralité, que certains sont allés jusqu’à qualifier de "crise civilisationnelle". Cette crise touche avant tout les populations les plus exposées et les plus fragiles – je veux parler des jeunes, bien sûr, et en particulier des adolescents.

 

Un nouveau danger, un dragon hideux a jailli par surprise de cette période de troubles, un monstre qui vient perturber l’équilibre de nos chères têtes blondes, brunes, rouges, chauves, rasées derrière et sur les côtés mais long au-dessus, à vaguelettes sur les tempes, à mèches roses ou peroxydées, à picots gélifiés, à motif léopard. Ce monstre profite des réseaux sociaux pour se propager en secret et pénétrer leur conscience fragilisée. Il grossit sur le terreau de l’internet et fertilise leur imaginaire nourri aux news instantanées, aux sites illégaux et aux streaming russes de mauvaise qualité. Il leur inculque de fausses valeurs, leur apprend le mépris de notre République, fondée sur la tolérance, le partage et le contrôle de balle, et érige en principes l’agressivité, l’individualisme, l’amour du pouvoir, de l’argent et du passement du jambe inutile. Combien de parents vivent aujourd’hui dans la peur de voir leurs bambins si mignons se transformer brusquement en créatures démoniaques au moment de la puberté? Combien redoutent d’apprendre au petit matin que leur fils a quitté en secret la maison maternelle pour rejoindre illégalement Barcelone, Manchester ou Munich?

 

Ce monstre, puisqu’il faut enfin l’appeler par son nom, cette bête immonde qui pourrit la belle jeunesse de notre pays, c’est évidemment la terrible immoralité des footballeurs d’aujourd’hui.

 

 

 

Désenchantement

Comme bien des pères, j’ai construit toute l’éducation de mon fils Tony (en hommage, hélas, à Tony Vairelles) sur l’exemple des footballeurs. Nicolas Anelka, Samir Nasri, Franck Ribéry, Florian Thauvin, Serge Aurier, Karim Benzema… Voilà quels étaient les principaux modèles éducatifs de Tony, comme Platini, Maradona, puis René Higuita, Patrice Loko, Godwin Okpara ont été les miens. Depuis qu’il est tout petit, je lui ai appris que les footballeurs étaient des gens admirables qui portaient sur leur dos toutes les valeurs les plus nobles de l’humanité, et à chaque Noël je lui offre un nouveau maillot, symbole et garant de ces valeurs. Je lui ai dit et répété qu’il devait les imiter en tout – vêtements, coupe de cheveux, langage, activités, rêves… – car quelqu’un qui joue aussi bien au ballon ne peut être qu’un homme d’une nature supérieure… Comme bien des pères, comme bien des responsables politiques (et comme notre Premier ministre) j’ai rêvé d’une société nouvelle, composée d’enfants élevés avec le maillot de l’OL, du PSG ou du Real Madrid sur les épaules. Je ne votais pas, certes, mais je ne ratais pas un match de l’équipe de France. Voilà quelle était mon utopie.

 

Puis, du jour au lendemain, ce rêve s’est transformé en cauchemar. Tony était le plus doux des enfants; il s’est métamorphosé en bête féroce. Depuis quelques temps, il m’adresse des bras d’honneur, me traite de sale fils de p*** ou de grosse tafiole, refuse de chanter la Marseillaise, joue à FIFA toute la nuit, fume la chicha, écoute du hip-hop américain ou du Booba, roule à 250 km/h sans permis avec sa Porsche, porte des costards blancs, fait la grève des devoirs pour obtenir des augmentations d’argent de poche, arbore des tatouages et des coupes de cheveux ridicules, sort avec des grosses pétasses anglaises siliconées, vend des caleçons fluo, part en taxi faire des virées en boîte la veille de ses contrôles de SVT… Heureusement que tous ses amis sont encore puceaux, sans quoi, qui sait où le mènerait le trafic de sextapes!

 

 

François, mon sauveur

Après les tristes affaires qui continuent de faire les gros titres de journaux respectables, quelque chose en moi s’est brisé, j’ai cessé de croire au pouvoir formateur du ballon rond. J’ai compris que le football ne pouvait plus être l’école des Valeurs Humaines de Tony, et je veux désormais donner à mon fils d’autres modèles de moralité, plus solides, plus sincères. C’est pourquoi, plutôt que celui de millionnaires semi-analphabètes de vingt-cinq ans payés pour jouer au ballon, comme cela devrait aller de soi, j’ai décidé de lui vanter l’exemple de grands bourgeois surdiplômés de soixante ans payés pour gouverner la France. Oui, aussi absurde que cela paraisse, j’ai déchiré la licence de Tony, et je lui ai pris une carte au Parti socialiste. Après avoir défloqué son maillot "Benzema 9", j’ai écrit "Hollande 2012", en gros, au marqueur noir. Adieu la team France! Vive la team gouvernementale!

 

J’espère de tout mon cœur qu’en lui faisant porter les maillots de François Hollande, en décorant les murs de sa chambre avec des posters de Manuel Valls, en l’amenant passer ses mercredis et ses samedis après-midi à écouter les interventions de ses nouvelles idoles à l’Assemblée, je rendrai à Tony le goût des Vraies Valeurs que notre gouvernement incarne. C’est que, contrairement à l’équipe de France, ce repaire de petites racailles arrivistes et prétentieuses obsédées par l’argent, l’équipe gouvernementale est une équipe modeste, composée de joueurs humbles, prêts à sacrifier leur ambition personnelle pour l’intérêt du collectif.

 

 

#LesValeurs

L’équipe gouvernementale est une équipe où l’on a un véritable respect de la parole donnée, et une haine absolue du mensonge et de la trahison. L’équipe gouvernementale est une équipe où personne ne fait des pieds et des mains pour obtenir son transfert vers un poste mieux rémunéré et plus exposé médiatiquement. Une équipe où l’on ne tire pas dans les pattes de ses coéquipiers, mais où on lui passe le ballon avec un grand sourire. Une équipe où l’on n’aime ni l’argent, ni le pouvoir, ni la célébrité, ni les femmes beaucoup plus jeunes, ni les grosses voitures de fonction. Une équipe qui ne conteste jamais directement les décisions de l’arbitre constitutionnel. Une équipe qui se soucie du bien-être des populations les plus pauvres et les plus fragiles, dont elle partage d’ailleurs le quotidien harassant.

 

Une équipe de joueurs cultivés, qui connaissent le titre de plusieurs livres et, pour certains d’entre eux, en ont même déjà lus. Une équipe de joueurs innocents, qui chérissent la Loi plus encore que leur vie même, et qui ne compte presque aucune condamnation dans ses rangs. Une équipe tournée vers l’Autre, prête à sacrifier son confort pour accueillir des étrangers en souffrance. Une équipe plurielle, changeante, ouverte à la jeunesse et au renouveau, qui représente toute la richesse et la diversité de notre pays. En un mot, l’équipe gouvernementale est une équipe qui vit bien, une équipe efficace, une équipe respectée, une équipe aimée, qui donne une vraie bonne image de la France et de ses valeurs.

 

Ainsi, aujourd’hui, redonnons tous ensemble un horizon à nos enfants. L’équipe gouvernementale n’est pas quelque chose à part, qui intéresserait seulement les amateurs d’argent. L’équipe gouvernementale, c’est notre patrimoine, notre fierté. À l’heure où la moralité des footballeurs est aussi gravement remise en question par le comportement de quelques-uns, tournons les yeux de nos enfants en direction d’une autre équipe: celle du gouvernement. Car ses joueurs sont, depuis longtemps, un exemple pour nous tous.

 

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