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Thuram 1998, buteur dubitatif

Les Bleus ne laissent rien au Hazard

En demi, l'équipe de France n'a pas fait les choses à moitié face à une Belgique brillante mais neutralisée. • Tours de force • La nalyse • Les gars • Vu du forum. 

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Tours de force

Injouables, ou à peu près. Il peut y avoir de l'amertume, du côté d'une formation belge qui a peut-être raison de se trouver "plus belle", mais qui a subi une loi assez implacable, que les vieux supporters de l'équipe de France ont beaucoup connu chez ses adversaires. Celle de 2018 gagne à l'allemande pour le caractère inéluctable qu'elle donne à sa victoire, à l'italienne pour la puissance défensive qui assure celle-ci.

 

Tour après tour, elle impose sa force à des équipes qui n'en manquent pas, des équipes de tous profils qui finissent par désespérer. Cette fois, elle aura dû soutenir le bras de fer imposé par les Rouges en première période, pour se montrer en définitive la plus dangereuse. Et l'emporter par un des "détails" sur lesquels un match se joue à ce niveau, avec ensuite une impressionnante capacité à maîtriser l'adversaire qui lui a permis de ne pas payer son manque chronique d'efficacité devant le but.

 

 

 

 

Intelligente, solidaire et efficace (ou sachant mettre la réussite de son côté), elle est aussi remarquablement apte au sacrifice: plusieurs de ses joueurs majeurs n'ont eu cure d'essuyer un feu de critiques tant que l'objectif collectif était atteint. Deschamps n'est pas un génial tacticien à idées, mais il est d'une totale pertinence depuis trois matches. Surtout, il est de ces rares sélectionneurs qui ont une science intime des grandes compétitions, et de la manière d'y conduire un groupe.

 

Lors de cette Coupe du monde qui a décimé les favoris, les Bleus ont tracé leur route dans une moitié de tableau qui n'offrait aucune promenade de santé. Encore une fois, des Bleus ont cru en eux-mêmes et ont été un peu seuls à y croire. Encore une fois (la troisième lors des six dernières éditions), ils se hissent en finale. Ils se présenteront dimanche à Moscou avec un fort vent dans le dos, et l'expérience d'une finale perdue dans la position de favoris. Injouables, une dernière fois?

 

 

 

 


La nalyse : la Belgique sans solutions

(Christophe Kuchly) C'est une passe en profondeur a priori anodine, mais donnée à la perfection par Umtiti. Cinquante mètres plus loin, Giroud ne parvient pas à contrôler en pleine course (une mission assez compliquée on l'avoue) malgré un bel appel. On joue alors depuis vingt-deux minutes et la France, secouée dans l'entrejeu, va alors fermer les écoutilles et ne plus rien accorder à son adversaire dans le jeu.

 

Terminés les petits relais dans la zone de Pogba ou Kanté, finie la relative liberté accordée à Witsel et Dembélé: Griezmann et Giroud, plus travailleurs que jamais, coupent toutes les transitions dès l'arrivée dans le rond central et compliquent des passes que leurs partenaires s'empressent de récupérer. Désormais, et quasiment jusqu'au bout, la Belgique n'aura plus qu'une solution: passer par les côtés.

 

 

 

 

À droite, Chadli, quatrième homme de la défense qui n'y figurera jamais – la Belgique, disposée à trois derrière avec le ballon, n'ayant qu'à défendre des transitions –, est laissé volontairement libre. Dans sa zone, Matuidi s'occupe surtout de De Bruyne, qui cherche l'espace entre les lignes dans le demi-espace droit. Empêcheur de tourner en rond plus que récupérateur, le Juventino coupe les transmissions, court encore et encore pour que les seuls espaces disponibles soient le long de la ligne de touche. Chadli enverra onze centres, De Bruyne sept, l'entrant Mertens cinq. La France n'en tentera que six. Pas le plan.

 

Pourtant, avec Lukaku et Fellaini à la réception de ces balles aériennes, le second jouant quasiment à hauteur du premier sur de nombreuses phases, la Belgique avançait de sérieux atouts. Invisible, Lukaku n'aura jamais le droit de jouer avec ses partenaires, isolé du reste et souvent pris à deux. Il aurait sans doute pu être trouvé au sol par les défenseurs quand Fellaini forçait Pogba, son garde du corps, à le suivre dans des zones éloignées, mais Vertonghen ne tenta jamais la passe qui casse deux lignes. Fellaini, vainqueur d'un seul duel aérien dans le match, n'a pas fait mieux, sans pouvoir compenser par un talent naturel balle au pied.

 

À gauche, Hazard a régné en maître, laissant une impression de supériorité individuelle rarement vue dans ce Mondial. Heureusement pour Pavard, le joueur de Chelsea s'est un peu perdu dans l'axe après l'ouverture du score, une zone définitivement interdite d'accès par le binôme Kanté-Pogba. Malgré une possession largement en sa faveur, seules deux inspirations de Hazard et un tir en pivot d'Alderweireld sur corner feront passer une menace relative sur le but de Lloris.

 

 

 

 

Les Français, dont la victoire est rendue sereine par le scénario, n'ont jamais douté. Ils n'ont quasiment pas pressé, malgré la fébrilité adverse dès que Griezmann allait embêter la défense d'un petit sprint, n'ont à peu près eu aucune phase d'attaque placée, et ont souvent défendu à dix dans leur camp.

 

Mais leur capacité à jouer dans les petits espaces, qui a déjoué l'agressif pressing belge à la perte de balle, a permis de lancer plusieurs transitions très dangereuses. Avec Griezmann en remiseur, Pogba en box to box surdimensionné et Mbappé en preneur d'espaces, la formule avait tout pour être gagnante sans quelques maladresses ou mauvais choix.

 

Bien sûr, en privilégiant la défense, cette équipe de France qui semble infranchissable quand tout le monde participe à l'effort, reste sous la menace d'un mauvais scénario. Qui sait si, une fois menée, les démons australiens et danois, que l'incompétence défensive argentine a pour l'instant fait oublier, ne viendraient pas ressurgir?

 

Pour l'instant, RAS, et plusieurs joueurs semblent capables de monter en puissance offensivement (Giroud finira bien par cadrer un tir). Mais on n'est jamais à l'abri d'un coup de pied arrêté, surtout face à des Anglais énormes dans le domaine. Même si on ne sait jamais ce qui se passerait face aux pénos de Zlatko, la chatte à DD doit se méfier de la chatounette à Gareth.

 

 

 

 


Les gars

Mieux que la diagonale du fou, l'horizontale du sage. Lloris s'est hissé à un niveau mondial, avec une nouvelle parade déterminante face à Alderweireld (21e), une autre sur un tir de Witsel (81e), deux sorties aux poings pour attester son état de transe.

 

Pavard a d'abord souffert d'être laissé en un contre un face à Hazard, avant d'être mieux soutenu. Il faut bien souffrir un peu pour aller en finale d'une Coupe du monde qu'on a commencée avec six sélections au compteur. Une très belle occasion, mais Courtois remporte le duel (39e) Hernandez n'en avait que cinq, mais c'est Mertens, après son entrée, qui l'a mis à la peine après l'heure de jeu. Il a encore fait son match – le même que les précédents. Les latéraux des Bleus, c'est quand même le plus gros délire de la compétition.

 

L'élève modèle a atteint le zéro faute: Varane a écœuré les Belges dans la surface, déviant les tirs, taclant dans les pieds, coupant les trajectoires. En montant en régime au fil du tournoi, il a changé de statut.

 

C'était son tour de marquer. Buteur, unique buteur d'une demi-finale de Coupe du monde, le reste n'est que détail – tant pis si ça ne rend pas justice à la prestation défensive d'Umtiti, totalement à la hauteur lui aussi.

 

Il a moins eu à faire, peut-être parce que l'autres en ont fait plus, et il s'est peu porté vers l'avant. À force de le croire infatigable, on n'a peut-être pas voulu entendre son souci d'adducteurs. Mais Kanté reste sur sa lancée, celle de l'équipe de France.

 

Rage de défendre, rage d'attaquer. Matuidi ne veut plus voir sa place contestée, surtout maintenant qu'il a trouvé une place à son image: un peu bancale. Une frappe violente mais trop axiale (18e), des combinaisons avec Giroud et Hernandez et une collision qui l'a laissé KO.

 

Qui pouvait penser que l'on évoquerait l'abnégation de Pogba? Il est allé au feu en restant à l'affût des possibilités de passes fatales, surtout dans l'espace pour Mbappé, et s'est signalé par quelques gestes défensifs quand les Belges poussaient.

 

 

 

 

Il va falloir reconnaître que Griezmann fait une très belle Coupe du monde, fût-ce dans un rôle ingrat mais essentiel, pour harceler le porteur du ballon, conduire les actions offensives, proposer des solutions. Il lui a encore manqué le geste du buteur.

 

Sur ce plan, Giroud est encore moins bien loti, en manque de réussite et de précision (déviation sur une ouverture d'Umtiti, 23e minute, tête retournée, 31e, tirs contrés, 51e, ou non cadrés, 67e), parfois de vitesse comme sur le centre de Mbappé (34e), quand il n'a pas buté sur Dembélé (à la conclusion de la sublime action de la 56e). Mais on a désormais de faire une compilation de ses interventions défensives, enrichies d'un tacle pour sauver un corner et d'une autre, limite, dans les pieds de Hazard. Ah, c'est lui qui obtient le corner du but.

 

Mbappé a encore fait peser une menace constante, qu'il a signifiée dès la première minute avec une course le long de la ligne. Il porte le danger et l'a transmis avec un lot de passes qui auraient pu être décisives, pour Giroud (34e et 56e) ou Pavard (39e).

 

Tolisso et Nzonzi ont sécurisé le temps additionnel, le premier manquant de doubler le score sur un tir croisé du gauche dans les ultimes secondes, que Courtois détourne.

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> ParisHilton - 20h54
C'est quand même une belle finale.

 

=>> Aristofan - 20h59
Lukaku a touché un ballon, à part celui qu'il n'a pas touché à la 45e?

 

=>> Sens de la dérision - 21h10
Passer Macron qui se congratule après le but, c'est un beau tue-l'amour.

 

=>> Le Meilleur est le Pires - 21h12
Pavard en 1/8e
Varane en 1/4
Umtiti en 1/2
Lucas, prêt pour dimanche?

 

=>> Breizhilien - 21h28
Giroud meilleur défenseur et nos défenseurs qui marquent. Ça va finir par se voir que Deschamps est adepte du football total.

 

=>> Joey Tribbiani - 21h29
Les Belges pilonnent le but français. C’est fort Adamo.

 

=>> Cush - 21h51
On a la plus jeune équipe de vieux briscards que j'ai jamais vue.

 

 

 

 


Les titres auxquels vous avez échappé

Leningrad Cowboys
Umtiti et grosse minette
Deschamps Elysées

 

Le titre est de Cantona Kelamour, les TAVAE de Hannibal, Aristofan et Jamel.

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