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Lords of the børing

Bien en peine de jouer contre des Danois qui n'en avaient pas l'intention, l'équipe de France gagne la première place de son groupe, mais c'est tout. • L'édito • La nalyse • Les gars • Vu du forum

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Le terme est souvent usurpé, surtout s'agissant de l'équipe de France, mais on le validera pour cette fois. Dans les mémoires, ce genre de pensum se rattache à des entrées en compétition dans des atmosphères lourdes face à la Roumanie ou la Suisse, mais d'autres troisièmes matches de groupe peuvent y prétendre: en 2012, les Bleus se délitaient face à la Suède (0-2), en 2014, ils patinaient contre l'Équateur (0-0) et en 2016, ils nous ennuyaient déjà face à… la Suisse (0-0).

 

Pour la dynamique, ce n'est évidemment pas terrible et les bénéfices attendus de ce rendez-vous ne l'ont pas été, au rendez-vous: hormis Kimpembe qui s'en est bien sorti, les néo-titulaires n'ont pas ébranlé la hiérarchie, et les essais n'ont pas fait avancer d'un pouce le chantier de l'animation offensive. Il faut cependant prendre la mesure du refus de jeu des Danois, qui est allé crescendo au fil de la rencontre et qui pourrait faire passer l'obtention d'une demi-douzaine d'occasions pour un exploit.

 

 


Pas facile de trouver des espaces face à des Danois très regroupés.

 

Une meilleure efficacité aurait d'ailleurs donné au match un tout autre sens, et le Danemark aurait endossé l'habit du pusillanime puni. On doit d'ailleurs pointer des performances individuelles problématiques, notamment de la part des trois "milieux offensifs", dont le défaut de justesse technique a coûté bien des possibilités. Mais qu'elles soient individuelles ou collectives, du fait des joueurs ou de celui du sélectionneur, les faiblesses françaises traduisent un manque de ressources peu rassurant pour la suite.

 

Il va falloir s'en tenir au bilan de cette qualification sans défaite, à la première place du groupe, garder en tête l'heure probante contre le Pérou, et espérer que l'équipe de France se révèle face à l'Argentine samedi – que ce soit en retrouvant ses qualités de l'Euro ou en s'inventant une identité nouvelle. Cela n'a rien d'invraisemblable: les huitièmes de finale, c'est précisément le début d'une autre histoire.

 

 

 

 

 

La nalyse

(Christophe Kuchly) Pourquoi analyser longuement un match faussé par le manque d'intensité et d'ambition des deux équipes? Faut-il vraiment juger (négativement, forcément) la pertinence de circuits de passes rouillés et la stérilité de l'attaque quand on ne sait pas trop ce que voulait faire une équipe de France que ce résultat arrange autant que le Danemark? À vrai dire, on ne sait pas trop, mais on ne voulait pas non plus rendre copie blanche.

 

Pour fêter son 79e match à la tête des Bleus, le même total que Raymond Domenech, Didier Deschamps a dégainé la carte entrejeu renforcé. À notre gauche, Steven Nzonzi, l'un des meilleurs numéros 6 organisateurs du monde, point central d'une équipe sévillane au jeu de position assez abouti et tourné vers l'attaque. Un joueur qui n'évolue jamais avec quelqu'un à ses côtés et qui, avec du temps et cinq à sept hommes en permanence devant lui en club, joue toujours verticalement en cassant les lignes. À notre droite, N'Golo Kanté, ratisseur qui peut se projeter, mais seulement s'il y a un espace à avaler. Deux hommes qui, face à un adversaire regroupé, devraient en théorie jouer pointe basse faute de menace.

 

 

 

 

Avec 67% de possession mais aucun espace à exploiter, la France avait pour mission de créer – si tant elle qu'elle souhaitait gagner. Ses deux milieux, statiques sur attaque placée et qui ne tentent que les dribbles qu'ils sont certains de réussir, n'ont pas les qualités offensives d'un Pogba ou d'un Tolisso. Ils ont donc bloqué les tentatives adverses (douze duels gagnés par Nzonzi sur quinze disputés), à défaut de mettre les éléments offensifs dans une bonne position.

 

Si les défenseurs centraux ne fixent personne à la relance et jouent surtout avec leurs latéraux (111 ballons touchés par Sidibé, record du match), habitude récurrente en équipe de France, et qu'aucun milieu ne peut éliminer par le dribble ou la passe, bon courage aux quatre offensifs pour exister dans un bloc danois que rien n'oblige à se déformer lors de la phase préparatoire…

 

Voilà sans doute pourquoi il n'y a eu qu'une seule passe entre Griezmann et Giroud, l'un dézonant pour sortir de la nasse pour essayer de peser sur le jeu, l'autre restant enfermé dedans. Voilà aussi pourquoi, avec quinze tentatives et très peu d'occasions, cette rencontre fut la plus cadenassée du Mondial devant… Australie-Pérou et France-Australie, toutes deux à dix-huit tirs.

 

Les Danois, eux, n'avaient pas besoin d'en faire plus pour continuer l'aventure. "C'était la première fois que nous voulions être très compacts en défense, et ne pas exercer de pressing très haut, car les Français sont très bons et précis en contre-attaque, c'est pourquoi nous nous sommes dit qu'il fallait les éviter, et camper dans nos bases", assuma leur sélectionneur Age Hareide en conférence de presse. Ils iront maintenant tester la solidité de leur verrou contre la Croatie. Pas sûr que la stratégie fonctionne face à Modric et Rakitic. Pas sûr non plus qu'elle aurait fonctionné avec de l'enjeu et Pogba sur le pré…

 

 

 

 

 

Les gars

Mandanda a eu deux interventions déterminantes à produire: il les a réussies toutes deux à la limite face à Eriksen (sortie pour contrer l'attaquant, 29e, et arrêt en deux temps de son coup franc, 54e).

 

Varane et Kimpembe sont deux des rares satisfactions de la rencontre. Ils ont largement pris le dessus sur les attaquants et ont accompagné de plus en plus haut les actions françaises. Assez présent en début de rencontre, Hernandez est resté à quai comme les autres avant de sortir sur blessure (50e). Sidibé peut plaider le manque de rythme, mais il a eu beaucoup de déchet dans les passes comme dans les centres.

 

Kanté a été égal à lui-même, c'est-à-dire supérieur à la somme de ses parties. Mais son activité a été si mal exploitée que cela a semblé du gâchis. Impérial dans les duels aériens, précieux à la récupération, Nzonzi s'en est bien sorti aussi balle au pied.

 

Lemar et Dembélé ont couru leur chance de monter dans le onze titulaire, mais elle ne leur a pas souri. Lemar ne s'est pas caché et il a touché beaucoup de ballons, qu'il a tâché d'exploiter au mieux sans y parvenir. Pas très heureux dans ses dribbles, Dembélé a mis de l'inspiration dans quelques passes, mais il n'a pas cadré ses tirs. Loin du niveau auquel on l'espérait.

 

Le marais de la défense danoise n'a pas servi les qualités de Griezmann, qui s'est pourtant mis en position de tenter la passe ou le tir fatal, sans trouver l'ouverture. Un problème de condition physique? Giroud a contribué comme il l'a pu, enroulant un tir près de la lucarne de Schmeichel, et il a parfois pu combiner, mais sa relation avec Griezmann est décidément sur courant alternatif.

 

Mendy a eu droit à son tour de piste à cause des circonstances, et il n'a pas paru en difficulté physiquement, mais ses centres sont rarement parvenus à destination. Les entrées tardives ont été positives: Fekir a été l'auteur d'un tir petit filet (70e) et d'un autre enroulé que sort Schmeichel (82e), Mbappé n'a pas réussi à forcer le passage, mais il a eu le mérite d'essayer.

 

 

 

 


Vu du forum

=>> djay-Guevara - 16h25
Pourquoi on joue avec le kit de l'Angleterre? C'est pour passer incognito en cas de contre-performance?

 

=>> Françoise Jallet-Maurice - à 16h30
Pour le moment j'ai l'impression d'être de retour dix ans en arrière. 70% de possession, Anelka qui dézone, les centres pour personne... Avec un pénalty de Ribéry pour la victoire quand même.

 

=>> Aristofan - 16h51
Griezmann fait ses trois meilleures passes de la mi-temps à un joueur qui n'existe pas.

 

=>> dugamaniac - 17h29
Mon streaming a figé. Ben j'ai mis du temps à m'en rendre compte.

 

=>> OLpeth - 17h36
Je suis le match sur le streaming de la télévision suisse, et même leur commentateur trouve qu'on joue lentement.

 

=>> Back-T-Oblak - 17h38
Quitte à ne jamais faire jouer Thauvin même quand il ne reste que lui, on aurait pu prendre un troisième latéral gauche, un buteur ou un enfant défavorisé.

 

=>> Moravcik dans les prés - 18h59
Vu l'ambiance, j'aurais bien râlé aussi (j'aime bien râler), et puis je me suis rappelé comment je suis quand moi aussi j'ai rien à foutre au boulot. Eh ben vous le croirez ou pas, mais j'en fous pas une dans ces cas-là.

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé

Un match à Danois
Pas le match Delaney
Ø-Ø
Loujniqués
Ambiance malsen
On ne fait pas d'Hamlet sans casser les couilles
Un nul soporifrisk

 


Le titre est de Mama, Rama & Papa Yade, les TAVAE de Jamel Attal, Milan de solitude, Le Meilleur est le Pires, Milan de solitude et O Gordinho.
 

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