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Une éternité avant le Brexit

Toucher le Rémy

Deux bonnes reprises en une: celle de Rémy et celle des Bleus. Les courbes de la France et de l'Espagne sont-elles en train de se croiser? La nalyseLes observationsLes garsVu du forum.

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La lune de miel peut continuer, dans l'ambiance un peu mièvre des selfies de vestiaires et des poncifs sur la réconciliation-avec-le-public et la belle-ambiance-au-Stade-de-France, en se repassant le baume de la Coupe-du-monde-réussie-des-Bleus. Après écrémage, il reste quand même le petit lait de cette jolie victoire contre un adversaire qui retrouvera bien de sa superbe quand il aura amorti le choc de son brutal déclassement.
 

 


 

Dans le contexte inhabituel d'une reprise au mois de septembre – suppression de la date internationale aoutienne oblige –, la rencontre, un peu décousue par moments, pauvre en véritables occasions, aura offert un rythme plaisant et un engagement pas seulement symbolique dans les duels. Face à une Espagne qui ne sait vraiment plus que faire de ses phases de possession, Lloris étant resté au chômage technique, l'équipe de France a eu plus d'inspiration et de mordant pour obtenir deux buts valables (pour un seul accordé). En ces deux circonstances, elle a montré sa capacité à mener des actions aussi brillantes qu'efficaces, avec ce mélange d'audace et de justesse technique qui lui a fait défaut lors de ses deux dernières rencontres du Mondial (on peut l'assurer aujourd'hui: elle avait de quoi faire mieux au Brésil, si elle s'était emballée un peu).
 

Les Bleus font ainsi durer le confort dans lequel ils évoluent désormais en s'assurant un package victoire de prestige, bon redémarrage, continuité de l'état d'esprit. Qu'ils profitent de cette tranquillité pour progresser, ils en ont les moyens.
 


La nalyse

Julien Momont – Si Didier Deschamps s'était sciemment engagé dans la continuité de la Coupe du monde, faisant des deux amicaux contre l'Espagne et la Serbie une récompense pour les "Brésiliens", Vicente del Bosque entamait pour sa part un nouveau chapitre, le premier de l'ère post-Xabi-Xavi.


L'entame sembla d'abord confirmer la tendance d'un vent changeant. Voir l'Espagne battue dans la bataille de la possession pendant plus d'une vingtaine de minutes aurait sacrément désorienté un observateur qui se serait endormi après le dernier France-Espagne de mars 2013 pour ne se réveiller que ce jeudi soir. Non, cette Roja n'est plus – ou pas encore redevenue – la machine systématiquement souveraine dans l'entrejeu qu'elle était il n'y a pas si longtemps.
 

 

 


Soirée Moussa
À l'inverse, on retrouva quelques mouvements familiers côté bleu: les projections de Pogba, les déviations de Benzema, les ouvertures de Valbuena. Moins attendu, Sissoko fut le plus percutant au cœur du premier temps fort tricolore, et généralement celui qui fit le plus de différences, malgré un certain déchet. Une prestation qui rappelle son acte de naissance en bleu, sur l'aile droite également, à Madrid en novembre 2012 (1-1).
 

Peu à peu, le pressing de l'Espagne gagna toutefois en intensité, étouffant les sorties de balle françaises, et sa maîtrise s'améliora jusqu'à la mi-temps malgré quelques fausses notes révélatrices du manque d'automatismes au milieu. Le bloc bleu, compact, força la Roja à le contourner à défaut de pouvoir y pénétrer. La seule faille se trouvait sur le côté gauche français – une mauvaise habitude –, pas couvert par un Griezmann prompt à dézoner, libérant de facto Carvajal à la perte du ballon. Matuidi ne pouvait compenser comme à l'habitude, le 4-2-3-1 le forçant à conserver une position axiale pour le bien de l'équilibre défensif global.
 

Combinaisons et contres
La pause remit l'équipe de France dans le bon sens. Les Bleus retrouvèrent allant et agressivité sur le porteur, ainsi que les combinaisons courtes et rapides qui font leur force à l'approche de la surface. Le but de la victoire est venu de l'une d'entre elles, alors que celui auparavant refusé à Benzema pour un hors-jeu limite avait confirmé la dangerosité des contres français. Les entrées de Silva puis d'Isco ont ensuite mis à l'épreuve une défense tricolore plutôt tranquille jusque-là, aidée par le manque de soutien à Diego Costa, que Varane et Sakho ont bien muselé. On ne peut remédier en trois jours à des maux profonds, et l'Espagne a affiché les mêmes difficultés offensives qu'au Brésil.
 

S'il faut relativiser tout enseignement par le contexte d'un match amical disputé dans des états de forme et de motivation disparates, il reste la satisfaction de la perpétuation des bases positives posées au Brésil. Et la saveur forcément particulière d'un succès contre l'Espagne. Le premier en huit ans et six rencontres.

 

 

 

Les observations en vrac

Quand Lloris chante la Marseillaise, celle-ci perd toute connotation guerrière.
 

Benzema nouveau recordman du nombre de buts refusés en équipe de France.
 

Avouons des pensées peu charitables quand Busquets a pris le ballon en pleine poire.
 

Une victoire en maillot bleu-short blanc-bas rouges: on change plus rien maintenant.
 

"Partenaire majeur de l’équipe de France". Voilà Benzema rassuré.
 

Une statuette pour Valbuena !

 

 

 

 

 

Les gars en vitesse

Lloris : un ou deux ballons à cueillir. Tout ce qu'il a risqué, c'est un lumbago.
Évra : pas trop de trafic de son côté, des têtes plongeantes rigolotes.
Debuchy : a dû jouer aux durs, aux tatoués. Un presque-péno concédé à la fin.
Varane : il est beau, il défend bien. Pourvu qu'il dure.
Sakho : plus fort que Diego Costa, facile.
Matuidi : Matuidi.
Pogba : une bonne note artistique, même s'il a parfois patiné.
Sissoko : meilleur joueur du match. Eh oui.
Valbuena : 7 millions ? Au Dinamo ? Sans déconner ?
Griezmann : de "très bon", son Mondial est devenu "exceptionnel". On se calme.
Benzema : présent mais imprécis, il s'est encore fait benzé quand il a marqué.
 

Les remplaçants : tardifs, mais il ont fait durer le match et l'ont emporté avec Rémy.

 

 

 

Vu du forum

=>> Moravcik dans les prés – 21h01
Première remarque : avec ses cheveux qui ont un peu repoussé, Debuchy est passé du look Gestapo au look punk à chien. C'est toujours moche, mais c'est mieux.
 

=>> vert75 – 21h18
Donc là si on bat l'Espagne, on a qui en quart? L'Argentine qui vient de battre l'Allemagne?
 

=>> Mama, Rama & Papa Yade – 21h22
Death Row Records proudly present Patrice E.
 

=>> le Bleu – 21h36
Tous ceux qui s'affolaient déjà d'une compo avec Sissoko à droite en sont témoins: ça marche.
 

=>> newuser – 21h45
En tout cas l'Espagne ça fait moins les malins dès qu'il y a plus les frères Gasol.
 

=>> Mama, Rama & Papa Yade – 21h48
On joue à trois défenseurs centraux ou Evra est en train d'inventer un poste de 3,5?
 

=>> Toto le Zéro – 00h01
L'échange auquel on aura pas eu droit ce soir :
"Figurez-vous, Arsène, que TF1 ne veut plus de vous.
- Pardon?"

 

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