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La Gazette de la L1 : 9e journée

La chatte à 2-2

Un vilain match, une belle remontée labellisée Mbappé. France-Islande: l'édito • la nalyse • Kylian Solo • les gars • vu du forum. 

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S'il fallait se convaincre que la Ligue des nations allait dévaluer un peu plus les matches amicaux, ce France-Islande est venu à point. Le manque d'intérêt des joueurs a été palpable et s'est traduit par un mélange de lenteur et de légèreté. Au moins y a-t-il eu quelque justice à voir les Nordiques punir de deux buts cette équipe dont l'esprit était parti ailleurs (ou resté avec Kanté et Matuidi). Et quelque intérêt à suivre une fin de match qui lui a permis de sauver les meubles.

 

Ce retour a ainsi constitué le principal enjeu de la partie – une question d'amour-propre pour des champions du monde –, et il a été accompli par la grâce de l'homme providentiel de l'année et par un doublé très France 2018: csc et penalty.

 

Cette prestation réalisée dans un stade mutique durant de longs moments n'a pas une grande portée, au-delà de bilan individuels peu flatteurs. Elle a au moins permis aux Tricolores de se souvenir qu'on ne gagne rien sans y mettre du sien. Pas même un amical contre une sélection qui venait de subir deux cartons, et qui est passée tout près de sa première victoire sur la France.

 

 

 

 

 

La nalyse

(Christophe Kuchly) Le football aime faire des rappels. La leçon du jeudi soir a porté sur un point: l'engagement. L'investissement que l'on met ou non dans une rencontre et qui, selon l'approche tactique, sera sanctionné d'une façon ou d'une autre s'il n'est pas au rendez-vous.

 

Pour une formation qui aime avoir le ballon dans le camp adverse, l'absence d'envie aura deux conséquences. Une circulation stérile d'abord, puisque personne ne fera la course – avec ou sans ballon – qui doit perturber un bloc bien en place. Des problèmes en transition défensive ensuite, la balle ne pouvant être conservée éternellement, et quelqu'un devant bien se sacrifier pour la reprendre. Voilà pour les hérauts du beau jeu, dont le jeu n'est pas toujours beau d'ailleurs, mais pour qui la punition est d'autant plus inévitable qu'ils mettent huit ou neuf joueurs dans le camp adverse.

 

 

 

 

Pour les Bleus, le problème est différent. Si certains doivent se déployer, la France a besoin de son bloc. D'avoir des lignes rapprochées pour défendre, construire et même attaquer, acte préventif en cas d'échec dont le point négatif, la concentration de l'adversaire sur une zone réduite, est résolu par le talent des individualités tricolores dans les petits espaces. En clair, pour battre un plus petit qui ne va pas se livrer exagérément et qui a du répondant sur coups de pieds arrêtés, jouer haut et prendre des risques individuels peut suffire.

 

C'est ce que les hommes de Didier Deschamps ont fait en fin de match, et ce qui leur a permis d'arracher un match nul qui reflète assez mal le contenu global. Pendant plus d'une heure, et sans que les logiques périodes d'inversion du rapport de forces ne soient de réels temps forts, ce sont en effet les Islandais qui ont maîtrisé les débats. Sans être à l'abri de mouvements collectifs bleus, mais sans surjouer non plus.

 

Et même si le discours de mi-temps a dû être salé, les moments les plus inquiétants, avec des transversales islandaises trouvant des joueurs isolés au sein d'une équipe de France coupée en deux, ont finalement eu lieu en début de deuxième période, dans une phase où l'abandon avait remplacé la flemme – qu'on associera ou non à de la suffisance selon ce qu'on croit savoir de la mentalité des néo-champions du monde.

 

Est-ce le seul dynamisme de Mbappé qui a transcendé ses partenaires, également plus équilibrés par l'entrée de Thomas Lemar? Avec Tanguy Ndombele au milieu, il a en tout cas donné un nouveau visage à l'opposition – même si le score évolue sur deux faits de jeu favorables.

 

Ce basculement fait écho aux premiers matches du FC Barcelone cette saison avec Dembélé: à mi-chemin entre le médiocre et le cataclysmique dans ses choix, ambidextre dont on se demandait finalement s'il avait un seul bon pied et totalement hors de la dynamique collective, l'attaquant finissait toujours par faire l'enchaînement qui offre la victoire à son équipe.

 

C'est l'autre rappel de ce match: quand la force collective permet d'offrir des munitions régulières à des joueurs déséquilibrants, cela finit souvent par passer. Même si on préfère quand même les symphonies aux solos.

 

 

 

 


Kylian Solo

La une que lui a accordée l'édition internationale de Time dit la démesure de l'impact médiatique de Kylian Mbappé, qui semble tourner au délire. Lui marche sur l'eau, la providence dans sa poche. Après un quadruplé retentissant, il endosse le crédit de cette remontée, alors qu'il n'a somme toute "que" provoqué un contre son camp et transformé un penalty. Mais le Parisien symbolise ce qui, de la part des grandes équipes, provoque autant de frustrations que de buts.

 

Là où Ousmane Dembélé et Florian Thauvin, très nettement hors du coup, ont sabordé plusieurs bonnes situations en première période, Mbappé a pris le match à son compte, quasiment en otage comme diraient les usagers de la SNCF, en recherchant uniquement la verticalité. Des choix souvent discutables du point de vue de ce que réclame le jeu, mais qui ont aidé à changer l'attitude générale de l'équipe, subitement plus agressive et motivée.

 

D'autant que chez l'adversaire, il suscite la même terreur et provoque les mêmes dégâts qu'un Nazgul fondant sur l'armée du Gondor. Et quand Sigurjonsson le fauche spectaculairement mais sans grand danger, il soulève le banc français et une vague d'indignation dans tout le pays. La course pour le Ballon d'Or le transcende peut-être. "Je donnerai tout jusqu'à la fin des votes", a-t-il affirmé au micro de TF1. On espère qu'il entend bien continuer après cette date.

 

 

 

 

 

Les gars

Lloris aurait pu faire un miracle sur le premier but, il l'a réservé pour une triple parade (38e). Il a été trop sollicité pour passer une soirée tranquille – mais la justice britannique ne lui en tiendra pas rigueur.

 

Ça reste compliqué pour Pavard, encore débordé sur son côté et peu utile devant. Un centre précis pour Mbappé (78e) et un bon tacle dans le temps additionnel ne rehaussent pas un bilan inquiétant.

 

Son vis-à-vis, sans être extraordinaire, a montré qu'il disposait bien, lui, de la palette d'un latéral. Digne a adressé quelques bons centres, dont celui pour la tête de Griezmann (18e), et les Islandais n'ont pas fait grand-chose de son côté.

 

En brave capitaine, Varane a d'abord maîtrisé sa zone, à l'image d'une interception impeccable (14e), avant de se montrer moins serein.

 

Kimpembe est encore à l'âge où, quel que soit son potentiel, on peut rater un match. Alors que la douleur qui l'a mis au sol sur l'action du premier but islandais reste mystérieuse, il est largement devancé par Arnason sur second. Cela a éclipsé de meilleures interventions et son souci de relancer intelligemment.

 

 

 

 

Pogba a fait du (bon) Pogba, en récupérant et bonifiant beaucoup de ballons, mais les Bleus ne pouvaient s'en remettre à ses seules ouvertures. Son remplaçant, Ndombele a vite mis plus d'impact.

 

Alors qu'il réalise une bonne première période, conclue par une belle frappe (44e), avec un jeu vers l'avant intéressant, Nzonzi a ensuite manqué de volume et il a souvent été pris de vitesse.

 

Première titularisation décevante pour Thauvin. Sa grosse frappe, passée près du cadre (52e) ne sauve pas un match où les maladresses ont à la fois signifié et aggravé son manque de confiance.

 

Deux têtes en très bonne position (14e et 54e) mais sans plus de réussite que dans ses remises, quand elles faillirent être décisives. Griezmann a fait son match, en mode mineur.

 

Dembélé fait du surplace en équipe de France. Ses gestes n'ont pas été à la hauteur de ses ambitions, tel ce coup du foulard inutile, cette tentative qui échoue sur le gardien (34e) ou ses nombreuses imprécisions. Deux centres qui auraient pu être décisifs pour Thauvin (29e) et Griezmann (54e), tout de même.

 

N'ayant que bien peu de ballons à négocier, Giroud a cherché jouer juste dans de petits espaces, rarement avec l'efficacité de son joli relais avec Griezmann (34e). Encore un des meilleurs défenseurs français sur coups de pied arrêtés.

 

Parmi les entrants, Lemar a peiné à apporter du mieux, perdant même une balle de contre pour l'Islande (64e), tandis que Payet parvenait à rapprocher le danger (son coup franc amène le corner qui provoque la main de Sigthorsson). Ndombele a réussi ses débuts, parfois avec finesse, parfois de manière sissokesque – son déboulé qui met Mbappé en position de frappe, sur la réduction du score. Zouma a joué avec un peu trop d'engagement, ne rassurant pas vraiment.

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Moravcik dans les prés - 21h06
Ça compte comme une sélection, pour Kerbrat? Ça serait mérité.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h41
Ça me rappelle ces soirées où tu t’endors paisiblement sur le canapé des potes avec deux grammes dans chaque bras, et au réveil t’as une manucure gratis, les cheveux roses, et plus de slip.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 22h17
Je présume que Dembélé est gaucher du pied droit.

 

=>> Moravcik dans les prés - 22h20
Ce scénario pour permettre à Mbappé de gagner le match tout seul dans les dix dernières minutes est quand même un peu cousu de fil blanc.

 

=>> Breizhilien - 22h41
J'ai pris le match en cours, l'équipe en bleue qui va très vite en contre et qui marque sur corner, c'est bien la France?

 

=>> Beau gosse chiant - 22h46
La Roudouroutourne va tourner.

 

=>> L'amour Durix - 22h54
Une main sifflée sans la VAR, c'est devenu bizarre.

 

=>> La Metz Est Dite - 23h33
Pavard est le seul joueur français à avoir joué l'intégralité des trois matches depuis le Mondial. Ce taulier!

 


Les titres auxquels vous avez échappé
En navrant Guingamp
En Avant de guingois
Champions du monde en pitre
Une équipe de France mollassonne
Geyser et damnation
Bêcheurs d'Islande

 

 

Le titre est de Pascal Amateur, les TAVAE de Mevatlav Ekraspeck, Toni Turek, environ bâillonné, L'amour Durix, Ximenez et Castolo, et McManaman.
 

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