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Revue de stress #4

Les Bleus dispersent la manif portos

Une mi-temps partout, mais deux buts à un: avec un Benzema plus réaliste que Cristiano, l'équipe de France a battu le Portugal. La nalyseLes garsLes observationsVu du forum

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Avec cette victoire contre le Portugal, l'équipe de France poursuit son parcours dans ces éliminatoires virtuels: elle compterait quatre points dans le groupe G, à égalité avec le Danemark et l'Albanie qu'elle n'a pas encore rencontrés. Elle a en tout cas réussi sa rentrée puisque, malgré le nul frustrant en Serbie, elle a battu toute la péninsule ibérique, fut-ce à chaque fois d'un seul but d'écart.

 

 

 

 

La maîtrise des Bleus n'a duré qu'une mi-temps, mais ils ont confirmé des bases solides tout en montrant les progrès à accomplir. Ils semblent en tout cas bien gérer les changements de personnel, à l'image d'une charnière centrale qui semble de nouveau victime de sa malédiction, avec une troisième version en autant de rencontres (Varane ayant été aligné successivement avec Sakho, puis Mathieu et cette fois Mangala).

 

Si la défense a été composée exclusivement de joueurs remplçants dans leurs clubs respectifs, au moins le milieu retrouvait-il ses "titulaires" de la Coupe du monde, la présence de Cabaye, Matuidi et Pogba assurant aussi la confirmation du 4-3-3 revu en Serbie après le 4-2-3-1 victorieux face à l'Espagne. La remarque vaut aussi pour le trio offensif, avec Griezmann et Valbuena (très mobiles) derrière Benzema.

 

Un peu de changement pour beaucoup de continuité, et des constats connus dans le jeu: de l'ambition dans l'animation, avec une belle capacité à enchaîner des mouvements collectifs, et un manque de maturité parfois criant. L'immense avantage de ces deux saisons pour du beurre est de ne pas avoir à payer ce dernier.

 

 

 

La nalyse : le bloc-moteur

Sans couverture efficace, le Portugal a rapidement pris froid. C'est que, dans leur losange un peu approximatif, les hommes de Fernando Santos formaient un bloc façon mur de Berlin. Pas facile de le passer mais, si on y arrive, c'est l'autoroute vers la liberté. C'est ainsi que sur quelques passes bien dosées, Benzema, Griezmann et même Pogba ont pu facilement prendre la profondeur, exploitant plus ou moins bien les espaces offerts.

 

 

 

 

Mais cette apparente facilité des Bleus à se mettre en bonne position, progressivement démentie au fil des minutes tandis que les Portugais resserraient encore les liens et l'investissement dans les duels, avait deux contreparties. La première, une prise de confiance un peu trop grande dans les transmissions axiales qui a abouti à plusieurs occasions adverses. La seconde, plus tactique, un positionnement un peu trop haut des milieux exposant la défense.

 

Si Griezmann ne suivait pas son défenseur, il a ensuite été imité par Valbuena en deuxième période. De quoi renforcer encore un peu plus l'emprise portugaise au milieu – d'autant que celui-ci s'est mis à presser quinze mètres plus haut –, que Didier Deschamps a voulu contrer en faisant entrer Payet à l'heure de jeu. Sans grande réussite, même si le karma, via Pogba, sanctionnait Fernando Santos d'avoir fait entrer Éder. Mais ce but, sur l'une des seules actions françaises construites après la pause, ressemblait alors plus à un concours de circonstances favorables qu'à autre chose.

 

D'ailleurs, tandis que Schneiderlin poursuivait un échauffement infini, le Portugal réduisait l'écart et Pogba augmentait les grands écarts mal maîtrisés. La qualité technique, c'est comme la confiture, et le Turinois a oublié que le cœur du jeu est un lieu de gestion plutôt que de remise en question des lois mathématiques. Perdant plusieurs fois le ballon seul face à trois adversaires, pas aidé non plus par des partenaires qui le laissaient faire son truc sans trop s'impliquer, il a mis son équipe en danger. Malgré tout, la victoire est là et on a même pu voir la charnière et le gardien être testés. La leçon n'est pas encore connue par cœur, mais l'apprentissage continue.

 

 

 

Les gars en vitesse

2010, 2011, 2012, 2013, 2014 : Mandanda a fêté sa sélection annuelle avec un bel arrêt sur une tête de Cristiano (NB: il en avait connu 6 en 2008, 6 en 2009).

 

Nos latéraux sont parmi les meilleurs du monde en ce moment, et personne ne le sait. D'ailleurs, Évra connaît la meilleure période de sa carrière internationale, mais personne n'est prêt à l'admettre. Tout comme personne n'est en mesure de saluer la qualité des centres de Sagna. Varane est tellement bon en tout qu'il ferait passer Mangala pour un joueur médiocre. Immérité sur ce match, malgré quelques approximations.

 

 

 

Cabaye est toujours là où ça emmerde l'adversaire, cela incite à ne pas trop le juger sur son jeu avec le ballon, pas flamboyant samedi. Pogba, lui, fait des merveilles, comme sur son but, remarquable d'intelligence instantanée. Et puis il commet des pertes de balle dont la bêtise est instantanément sanctionnée. Matuidi a été égal à lui-même, le brassard en plus.

 

Valbuena et Griezmann n'ont pas été d'une grande constance dans la qualité, mais à eux deux, en permutant beaucoup, ils ont mis à mal la défense portugaise. Benzema, c'est tout le contraire d'Henry: il ne sourit que quand il marque.

 

Payet, Sissoko et Schneiderlin sont rentrés au meilleur moment de la prestation des Portugais. Les deux derniers ont couru derrière le ballon, le premier n'en a pas fait grand-chose. Gignac, lui, ne s'est vu offrir qu'un peu de temps additionnel.

 

 

 

Les observations en vrac

Tout le 9-4 avait fait le déplacement dans le 9-3.

 

Sagna a vu défiler toutes ses coiffures à perles quand il s'est trouvé en position de marquer le premier but de sa carrière en 43 sélections.

 

Il n'a fallu que quatre minutes de jeu avant le premier gros plan sur Cristiano Ronaldo regardant le gros plan de Cristiano Ronaldo sur l'écran géant.

 

Le "double rideau", principal concept tactique de Christian Jeanpierre, mériterait d'être expliqué par les Dé-Managers.

 

Maintenant que Matuidi marque des buts, il en croque aussi.

 

Évra est resté sourd à la passe aveugle de Payet.

 

Sur l'occasion de Cristiano Ronaldo, la main de Varane est aussi "collée au corps" que les idées fausses sur les règles le sont à l'esprit de Christian Jeanpierre.

 

 

 

Vu du forum

=>> Newuser - 20h59
Si on a même plus le temps de coucher ses enfants en leur lisant une histoire pour que l'équipe de France claque un but, ça va devenir bizarre à expliquer à Madame.

 

=>> Gouffran direct - 21h05
Pour les nostalgiques du Mondial, le Portugal a ramené sa défense de cet été.

 

=>> Luis Caroll - 21h18
Vu le nombre de plans des réactions, mimiques et grimaces de Ronaldo, on peut raisonnablement penser que le réalisateur est une fille de treize ans.

 

=>> Wallemme Six Yeah - 21h24
L'expression Christianjeanpierriesque de ce soir : "Il est tendu comme une pile".

 

=>> la menace Chantôme - 21h56
Rapidité, puissance, intelligence, précision, ingéniosité, vision du jeu, frappe de balle... Même s'il était dopé, le Pogba, ça voudrait dire qu'il se dope à tout, ce qui resterait une sacrée performance.

 

=>> Newuser - 22h22
Sissoko en troisième ligne aile, il serait pas mal. Il avance même avec trois Portugais sur le dos.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 22h28
Sissoko c'est un mystère pour moi... Des fois je me dis que c'est le chaînon manquant entre l'homme et le footballeur, des fois il nous sort des perfs qui vous l'installeraient à vie dans n'importe quelle équipe.
 

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