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Revue de stress #81

Un compte de fait

Se faire peur pour faire mieux : l'équipe de France a battu la Suède sans panache, mais la victoire est payée au même prix. édito • les gars • vu du forum

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Sans maîtrise, la puissance n'est rien, disait le philosophe. Elle sert quand même parfois à passer un peu en force, un peu sur le fil. L'équipe de France n'a pas maîtrisé grand-chose hier soir: elle a encore offert l'ouverture du score à son adversaire et a beaucoup trop tremblé après avoir repris l'avantage, laissant même à Thelin une balle d'égalisation en fin de match. Elle s'est aussi éclipsée après une vingtaine de minutes en première période, a concédé trop d'occasions sur des erreurs défensives, et n'a globalement brillé ni collectivement, ni individuellement – à une ou deux exceptions près. Il a donc encore fallu s'en remettre au facteur de l'efficacité. Les Bleus ont inscrit les deux buts qui leur accordent la victoire sans beau mouvement ni exploit personnel, avec même un peu de providence arbitrale.

 

Mais pour qui connaît l'ingrate épreuve des éliminatoires, deux choses sont sûres: la qualité du spectacle y est optionnelle, et l'important c'est vraiment les trois points. On aimerait bien assister à la progression linéaire d'une équipe, la voir convertir sa supériorité technique et trouver aisément les solutions à l'éternel problème des équipes qui défendent bien sans renoncer à faire mal à la moindre occasion. On préférerait, pour la suite, avoir vu plus de promesses dans le jeu de la sélection. Mais dans l'ingrate épreuve des éliminatoires, ces dix points (sur douze possibles) constituent encore le meilleur des viatiques.

 

 

 

 

 

Les gars

Le match de Lloris sort de son ordinaire: cette fois, il a transpiré. Il a beaucoup de ballons à négocier en première période, et est encore sollicité une minute avant le but suédois (un centre qu'il capte en deux temps – 53e). Il est complètement abusé par la trajectoire du coup franc de Forsberg et son pas de côté laisse le ballon s'engouffrer dans un espace béant. Quelques minutes plus tard, il réussira un bel arrêt sur une frappe à ras du poteau de Durmaz (67e). Pour que la folie soit totale, il a même reçu un avertissement.

 

Nettement moins séduisant que lors de ses précédentes sélections, Sidibé a fait dans les contrastes, avec autant de gestes très ratés que de très réussis, défensivement comme offensivement. Il a eu la vertu de continuer à se battre et à oser, et le mérite du centre qui amène le but de Payet.

 

Évra n'a pas souffert autant qu'on l'attendait sur le côté supposé faible des Bleus. Il a donné de sa personne et un de ses centres trouve la tête de Giroud (48e). Une discrétion qu'on peut porter à son crédit.

 

Varane et Koscielny, mis à la peine dans l'axe avec des incursions suédoises très mal maîtrisées, ont été à plus leur avantage dans les relances et les montées. Le Madrilène déclenche une frappe lointaine qui met Olsen en difficulté (61e), le Londonien s'est efficacement jeté devant Toivonen (23e).

 

 

 

 

Pogba a pris les rênes dès le début du match, dans le registre simplifié de sa précédente sélection, et a bien ancré le jeu au milieu avant de perdre en influence. Il est encore loin de son meilleur niveau, mais il a été important pour son équipe au-delà de son but. Un tir de peu au-dessus (15e), un bon centre pour Griezmann (46e).

 

Hormis une bonne frappe (74e), Matuidi a eu du mal à figurer dans les trente derniers mètres. À défaut, il a eu de l'abattage dans la forêt suédoise, et il a soigné ses passes.

 

Sissoko est allé percuter la défense comme à son habitude, mais il s'est souvent placé dans l'axe et les intervalles, où il trop souvent échoué après avoir pourtant servi deux fois Payet (11e et 15e). Il a compensé par sa disponibilité et par les dommages infligés à l'adversaire.

 

Il agace encore avec des pertes de balle par facilité, mais Payet a été plus le plus créatif et le plus décisif des Tricolores. Son coup franc est tellement une passe décisive qu'il a eu deux buteurs à sa réception, et a lui-même été suffisamment opportuniste pour conclure.

 

Griezmann a souffert de la pénurie de bons ballons dans le tiers d'attaque, et il n'a retrouvé l'inspiration qu'en seconde période. L'efficacité aussi l'a fui: tête à côté (46e), tir sur le gardien (63e), coup franc contré par le mur (76e), tir au ras du poteau (85e).

 

Dominé dans les airs, Giroud devra attendre la reprise pour obtenir sa première occasion (tête non cadrée, 48e), et ses remises ont été rares. Un match dans l'ombre.

 

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h17
Ça va être long. Ne pas s'étonner non plus face aux suédois d'avoir à faire un gros travail de Saab.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 21h43
Donc d'après les commentateurs, Sissoko voudrait qu'on lui foute la paix avec ce statut de meilleur joueur de la finale de l'Euro. Il devrait pas tarder à recevoir un SMS de Cristiano Ronaldo.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h58
Lloris il n'aime pas les frappes de loin au SDF...

 

=>> McManaman - 22h10
Ben voilà, c'est pas sur Giroud qu'il faut balancer les longs ballons, c'est directement sur le gardien.

 

=>> dugamaniac - 22h33
C'est dommage, le supporter girondin espérait au fond de lui que ce match servirait à refourguer Kiese Thelin quelque part, sur un malentendu ou une escroquerie. C'est loupé. Comme son un contre un.

 

=>> Pascal Amateur - 22h40
On nous a cassé les bonbons avec les buteurs GG, mais ce soir, c'était la soirée des PP. 

 

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