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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Francis 1979, un million le but

Un jour un but – Le 30 mai 1979, Trevor Francis marque le seul but de la plus improbable des finales de la Coupe des clubs champions qui voit la victoire de Nottingham Forest sur Malmö FF.

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John Robertson conduit la balle sur l’aile gauche et repique aux abords de la surface. L’ailier écossais fixe deux défenseurs suédois puis les déborde avant d’adresser un centre aérien du pied gauche. Le ballon survole quelques joueurs massés devant la cage de Jan Möller. Légèrement excentré sur la droite, Trevor Francis se précipite et se jette en avant. D’une tête plongeante, il rabat intelligemment le ballon dans le cadre et ne laisse aucune chance au gardien de Malmö.

 

 

À Munich, de la tête, juste avant la mi-temps

Le stade olympique de Munich exulte enfin. Cette vingt-quatrième finale de la Coupe des clubs champions sombrait un peu dans l’insipide. L’affiche était inédite, opposant deux clubs inhabituels, Nottingham Forest et Malmö FF. Sur le terrain, un bloc suédois ultra défensif faisait face à une formation anglaise pas toujours à l’aise quand il s’agit de faire le jeu.

 

 

Ce but inscrit juste avant la mi-temps ne changera pas vraiment la qualité globale du jeu pratiqué, mais il validera la victoire de Nottingham Forest et portera au sommet de l’Europe le plus inattendu de ses champions.

 

Brian Clough, le manager de Forest, est ravi à plus d’un titre. Le million de livres qu’il a fait débourser à son club pour accueillir Trevor Francis est désormais amorti. Le transfert du joueur de Birmingham quatre mois plus tôt avait défrayé la chronique pour son caractère inhabituel, en pleine saison, mais surtout parce que la transaction avait atteint la somme de 1.180.000 livres sterling.

 

Pour la première fois, le cap du million de livres avait été dépassé dans le transfert d’un joueur. Un footballeur si doué soit-il mérite-t-il que l’on lui consacre une telle somme, s’interroge la presse de l’époque.

 

 

Un homme, une finale

L’achat est d’autant plus audacieux que Brian Clough n’ignore pas qu’il ne pourra pas aligner sa recrue en Coupe d’Europe pour les quarts de finale, ni pour les éventuelles demi-finales. Un règlement de l’UEFA stipule en effet qu’un joueur recruté en cours de saison ne peut disputer une compétition européenne que quatre mois minimum après la validation de son transfert. Francis fait donc les beaux jours de Forest en championnat mais reste en tribune quand ses partenaires éliminent les Grasshoppers Zurich puis le FC Cologne.

 

 

Quand s’ouvre enfin la finale de Munich, la question se pose aussitôt: Trevor Francis doit-il être aligné dans une formation qui s’est jusqu’à présent très bien débrouillée sans lui? Oui, répond avec aplomb Brian Clough. Son équipe est au plus haut niveau, mais son first million player lui apporte une dimension supplémentaire, une vision qui sublime ses partenaires.

 

En outre, comme ni Gemmill ni O’Neill, blessés, ne peuvent tenir leur place, la question ne se pose même plus. En marquant le but de la victoire, Trevor Francis a justifié la confiance que lui accorde son entraîneur.

 

Champion d’Europe en n’ayant disputé que la finale, Trevor Francis connaîtra un destin complètement inverse la saison suivante. Il dispute l’ensemble des rencontres qui conduisent Nottingham Forest vers une nouvelle finale mais, victime trois semaines plus tôt d’une rupture du tendon d’Achille lors d’une rencontre de championnat, il ne peut la disputer. Nottingham s’imposera sans lui face au Hambourg de Kevin Keegan.

 

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