auteur
Antoine Faye

Du même auteur

> article précédent

La Gazette > 27e journée

> article précédent

Lille bande mou

Gaceta de la Liga - Jornada 26

Dans les châteaux en Espagne vivent des princes qu'on sort, comme le Kun Agüero ou Robinho, et la cour s'agite en polémiques incessantes...
Partager
clasification26.jpgLes résultats

Betis-Murcie : 4-0
Atlético-Barça : 4-2
Espanyol-Valencia : 2-0
Deportivo-Sevilla : 2-1
Levante-Saragosse : 2-1
Recreativo-Real Madrid : 2-3
Getafe-Majorque : 3-3
Villarreal-Osasuna : 0-0
Almería-Athletic : 1-1
Valladolid-Racing : 0-1


Les 5 gestes de la journée

• La feinte de dégagement de Carlos Kameni (gardien de l’Espanyol) pour mettre dans le vent David Villa, et se mettre en condition de faire une relance propre.
• Le retourné de Ronaldinho. Rapidité de réaction, réussite dans le geste. Tout y était.
• Le but lobé de Duscher (Racing Santander), à faire pâlir un joueur de pétanque marseillais fan du pointage.
• L’intégrale des œuvres du Kun Agüero contre le Barça.
• Le corner “je touche le ballon pendant que personne ne remarque pour qu’un autre joueur vienne le prendre et le conduire jusque dans la surface”, imaginé par Carlos Martins (Recreativo).


Les 5 anti-gestes de la journée

• Le tacle version light de Quique Alvarez Taylor sur Arjen Robben da Silva. Le Hollandais du Real ne sera indisponible que pour quelques jours, puisque son pied d’appui n’était pas parfaitement planté dans le gazon au moment de l’impact.
• La confusion mentale de Sorrentino (Recreativo) qui, voulant dégager le ballon que Raúl allait reprendre de la tête, a parfaitement exécuté l’inverse.



Robinho, roi de la recré

Cette 26e journée marquait un curieux revival de la saison passée. Le logiciel informatique qui définit aléatoirement le calendrier de la saison a connu un bug surprenant… En réservant un Huelva-Madrid, un Atlético-Barça et un Deportivo-Séville, le programme de ce dimanche ressemblait à s’y méprendre à celui de la 35e journée de la saison dernière. 
Comble du mimétisme, l’impatience et la tension entre les supporters étaient identiques à celles de la saison dernière. Revenus à deux points du leader madrilène, le Barça de Rijkaard pouvait damer le pion aux Madrilènes. Mais il n’en fut rien. Après trois défaites en Andalousie cette saison, le Real s’est imposé à Huelva (2-3).
“Le Real gagne quand il joue mal”, résume Hugo Gatti dans sa colonne pour le journal Marca. Une formule qui résume le match et la saison. En gagnant à l’extérieur, les joueurs de Bernd Schuster ont mis fin à une mauvaise série loin de leurs bases. Mais ils peuvent remercier, Iker Casillas, encore providentiel, et Robinho, dont l’entrée en jeu à complètement bouleversé la donne.

À dix contre neuf
En concrétisant leur domination initiale, les Andalous ont préservé le suspense. Quelques minutes, à peine, le temps que Raúl égalise en profitant d’un large hors-jeu. En deuxième mi-temps, le match se pourrit. Les locaux, puis les visiteurs, sont réduits à dix. Par la suite, Quique Alvarez laisse le Recre à neuf, pour avoir tenté – et presque réussi –, un attentat sur Robben, touché à la cheville et qui doit abandonner la pelouse.
L’entrée de Robinho, en lieu et place de Cannavaro, change le match. Le feu follet brésilien fait la différence après trente-deux secondes de présence, sur son premier ballon. Courant après l’égalisation, Huelva se découvre et Robinho double la mise (1-3). La tardive réaction de Martins, sur coup franc, ne change pas le cours du match (2-3). À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, certes, mais on triomphe quand même.





“Summa Kun Laude”

Pendant ce temps-là, au stade Vicente Calderón, le Barça a coulé dans les quinze centimètres d’eau du Manzanares (le filet d’eau que les Madrilènes présentent fièrement comme un fleuve). À l’affût d’un faux-pas madrilène, les Catalans ont virtuellement partagé le poste de leader grâce à un retourné de Ronaldinho qui a surpris Abbiatti. En ces instants de domination des visiteurs, le Calderón se désespère, et siffle… jusqu’à l’apparition du Kun.
Agüero, inspiré et efficace, prend alors le jeu à son compte et assomme le Barça. Alors que l’Atleti semble à la merci du Barça, Agüero s’empare du ballon côté gauche, s’amuse de Milito sur un déhanchement et marque avec la complicité de Puyol. Moins d’un quart d’heure plus tard, le Kun délivre un régal de passe dans le dos de la défense, que Maxi Rodríguez envoie au fond des filets, d’une frappe croisée (2-1).

La deuxième mi-temps prolonge la première. Lancé à la poursuite d’une ouverture, l’Argentin, pris dans une lutte contre trois adversaires, obtient un penalty, que Forlán transforme. Le quatrième but madrilène scelle la supériorité du Kun: il dépossède Puyol du ballon, efface Milito sans effort apparent et glisse le cuir au ras du poteau, hors de portée de Valdés.
La réponse de Samuel Eto’o (4-2) ne change rien. Le suspense s’est enfui du Calderón, comme le jeu. L’Atletico tient furieusement le match au milieu de 55.000 colchoneros en fête. En prenant les trois points, les Madrilènes aspirent de nouveau à la Ligue des champions. Quant aux Blaugranas, ils connaissent leur première défaite en quinze matches.




Bataille de strapontins

Perdu entre la lutte pour le titre et la lutte pour ne pas manquer la Ligue des champions, Villarreal a obtenu un maigre bilan ce week-end. Les joueurs de Manuel Pellegrini ont conservé leur troisième place au terme d’un match soporifique (0-0) contre Osasuna..

La course pour l’UEFA connaît de perpétuelles convulsions… Pas une journée sans un changement de qualifiés. Le FC Séville, qui semblait renouer avec la dynamique du succès, est retombé dans ses travers. Une nouvelle fois, les Sévillans ont été battus par leur manque de préparation tactique (2-1).
Malgré une domination initiale, les Andalous ont en effet perdu en raison du manque de vigilance de sa défense sur les coups de pieds arrêtés, son talon d’Achille depuis l’arrivée de Manolo Jímenez. Le FC Séville laisse donc la main à l’Espanyol (enfin vainqueur d’un match, contre Valence 2-0) et au Racing Santander, qui, grâce à un joli but de Duscher, a pris trois points précieux à Valladolid (0-1).



Descente d’organes dans le ventre mou

Grâce à des résultats en dents-de-scie, le milieu de tableau a fusionné avec les relégables. Dix équipes se tiennent en quatre points à douze étapes de la fin de saison.
Et puisque la moitié des équipes de Liga refuse obstinément la descente, chaque journée offre son lot de chocs entre mal classés. Comble de l’incertitude, les équipes condamnées se rebiffent. Après La Corogne, voici Levante. Lentement, mais sûrement, les lanternes rouges de la Liga poursuivent leur impossible remontée. Les Granotas ont mis à mal les joueurs de Saragosse (2-1), et pris trois points très précieux.
 
Ce faisant, les joueurs de De Biasi reviennent à dix points du sauvetage. Pas de quoi être rassurés, certes, mais il s’agit du plus faible écart depuis la 16e journée. Saragosse, de surcroît, revient à portée de tir, car les Maños ont le même nombre de points que le Recreativo, premier relégable.

Paradoxalement, la situation de Murcie semble plus désespérée que celle de Levante. Bien qu’avant-derniers, les promus ne semblent pas en mesure de se rebeller. À six points du mainiten, l’hypothèse d’un changement d’entraîneur, en guise de dernier recours, est de plus en plus évoquée.



kunaguero.jpgNom propre : Kun Agüero.

“C’est le match de ma vie”. Le Kun Agüero et ses supporters en conviendront sans doute: la rencontre contre le Barça est, à ce jour, le chef-d’œuvre de l’Argentin depuis son arrivée sur les rives du Manzanares. Certes, la défense catalane – pourtant la moins perméable de la Liga – n’est peut-être pas au niveau de celle de Chelsea ou Liverpool, mais la facilité avec laquelle le Kun a évolué contre Milito et Puyol a impressionné.

Intenable sur la droite de l’attaque, il n’est pas seulement un attaquant efficace. C’est aussi un joueur dont la vision du jeu et la qualité de passe sont très au-dessus de la moyenne. Au moment de sa sortie, le Calderón lui a réservé une ovation monumentale, sans doute la plus tonitruante de ces dernières années.
Agüero, en constante progression depuis son arrivée, démontre de surcroît une constance inédite, malgré un été passé sur les terrains du Canada pour le mondial des moins de vingt ans, qu’il a remporté pour la deuxième fois… Indispensable à l’Atleti, Agüero, samedi soir, est devenu son symbole.



Polémiques

Le cœur à Cerezo …
L’Espagne est un pays propice aux polémiques incendiaires. Preuve en est la tempête née d’une série de photos publiées par Marca, prises lors de l’anniversaire d’Enrique Cerezo, le président de l’Atletico Madrid.
Sur l’une d’entre elles, le dirigeant colchonero pose fièrement en compagnie du présent offert par Ramon Calderón: un superbe maillot du Real floqué du nom de Cerezo. L’image n’a pas vraiment été du goût des ultras de l’Atletico, déjà moyennement satisfaits du comportement présidentiel.
Si cette affaire de maillot a surtout tourné autour de l’Atletico (on a même vu Calderón poser avec le maillot de l’Atletico pour montrer sa solidarité), la presse espagnole s’est émue à moitié de voir Ángel María Villar, le président de la Fédération, vêtu du maillot merengue. Une attitude franchement discutable et qui risque de mettre davantage en doute la neutralité des institutions sportives espagnoles.


Point de presse
Arbitrage toujours. Bernd Schuster, l’entraîneur du Real, expliquait la semaine dernière que rien ni personne ne le ferait jamais taire quand il s’agirait de parler des arbitres. Et bien sûr, ce week-end, les journalistes de la presse espagnole n’ont pas manqué de vérifier cette affirmation.
Schuster, selon la coutume, aime critiquer l’arbitrage dans une proportion inverse à la qualité de son équipe. Or, dans un match se soldant par un but hors-jeu et trois expulsions, Schuster n’a rien dit… Rien de rien. D’ailleurs, il n’a pas passé plus de trente secondes en salle de presse, considérant, après quelques questions sur le sujet que la séance était levée. Évidemment, le Real de Madrid étant une institution, le comportement de Schuster n’a pas plus, ni aux journalistes, ni aux dirigeants.
Emilio Butragueño, invité par TVE 2 dimanche soir, ajoutait, un brin pervers: “Il est plus facile de dire que l’arbitre nous a fait perdre, plutôt que de le rendre responsabilise d’une victoire”.






La Valence de la justice
Il n’y a pas qu’à Madrid que les débats dégénèrent en disputes… Valence, grâce à son jugement opposant un joueur sous contrat à ses dirigeants, bat tous les records de conflit interne depuis l’invention du concept.
Ce lundi, la 13e Chambre sociale du tribunal de Valence a rendu son verdict: David Albelda, ex-capitaine de l’équipe première – jusqu’à sa mise à l’écart par Ronald Koeman – reste sous contrat avec son club. Ni rupture, ni indemnisation. Cette affaire, qui a notamment vu des joueurs de l’effectif témoigner, connaît donc un dénouement heureux: tout reste en l’état. Voilà qui promet une ambiance festive dans les vestiaires jusqu’à la fin de saison. Albelda dispose de cinq jours pour faire appel.

Tout aussi festive a due être la soirée d’Ever Banega, dimanche dernier. Tout juste rentré de Barcelone après la défaite che contre l’Espanyol, le joueur argentin a rapidement mis à profit les quarante-huit heures de repos décrétées par Ronald Koeman. Sur les coups de cinq heures du matin, Banega a grillé un feu rouge et son test d’alcoolémie s’est révélé positif. Pas de chance, l’alcool est l’un des rares stupéfiants qui peut encore être détecté avec succès chez un sportif de haut niveau.



Les remises de prix de la semaine

Le prix anti-Laurent Blanc de "la Coupe d’Europe surpasse tout" est décerné ex-aequo à…
• Txiki Beguiristain, directeur sportif du FC Barcelone : "Le match contre le Celtic est le plus important. Celui-là on ne peut pas le perdre".
• Manolo Jimenez, entraîneur du FC Séville qui, après avoir fait tourner son effectif à La Corogne, déclare: "Il reste 72 heures avant un match historique".

Le prix Laurent Blanc du "la Coupe de l’UEFA, on s’en fiche totalement" décerné à…
• Michael Laudrup : "Ce match (contre Majorque) est bien plus important que celui contre le Benfica".

Le prix Nicolas-Sarkozy du "président digne sa fonction" de la semaine
est décerné sans appel possible à…
• Ramon Calderon, pour cette petite merveille de révisionnisme sportif: "Ce n’est pas Capello qui a gagné la Liga. Ce sont les joueurs".



Les chiffres

6. Le nombre de matches qu’aura dirigés Javier Irureta depuis le banc de Saragosse. Les quatre derniers (pour autant de défaites), ajoutés au spectre de la relégation, ont amené le Guy Roux espagnol à un départ similaire à son homologue français.

17. Le nombre de mois que le FC Séville a passé en tête du classement de l’IFFHS, le consacrant comme le meilleur club – statistiquement – de la planète. Le club de Nervión a été déboulonné par Chelsea.

1581. La durée, exprimée en minutes, durant laquelle Maxí Rodríguez n’avait plus marqué, jusqu'à la 41e minute de l’Atlético-Barça.



Ils ont dit

"Cette saison, le Racing est la meilleure équipe qu’on ait vue jouer dans cette ville" – José Luis Mendilibar, entraîneur de Valladolid, qui a déjà reçu les visites du Real et du Barça.

"L’arbitre m’avait prévenu : si je ne retirais pas Scaloni, il risquait de l’expulser. Je ne m’attendais à ce qu’il tienne parole. Il l’a expulsé justement, et j’en assume la faute" – Gregorio Manzano, interrogé sur l’expulsion de Scaloni après trente-cinq minutes de jeu.

"L’action du 2-1 est une action que nous avions travaillée avec Sergio. Mais Antonio Tomas ne la connaissait pas. J’ai dû lui expliquer à la mi-temps, à l’aide du tableau" – Miguel Ángel Lotina, entraîneur de Deportivo.


Ils ont écrit

"Saragosse touche le fond" (Marca).
• "Kun Agüero détruit le Barça" (Sport).
"Rijkaard a une mission très difficile, plus encore que de corriger les aspects tactiques: ses joueurs ne doivent pas se décourager” – Pichi Alonso (Sport).
"En trente ans, j’ai vu beaucoup de grands joueurs à l’Atletico: Hugo Sánchez, Futre, Torres… tous magnifiques, mais aucun avec le degré d’excellence qui émane d’Agüero" – Iñako Díaz-Guerra (AS).


L'équipe type de la 26e journée

equipe_tipo_liga26.jpg


L'équipe pauvre type de la 26e journée

equipe_pobretipo_liga26.jpg

Ces sélections sont établies sur la mauvaise foi des classements de la presse madrilène (AS et Marca, qui notent sur 4) et catalane (Sport, qui note sur 10) pour 50% de la note finale chacune.
Partager

> sur le même thème

Gaceta de la Liga - Jornada 25

> du même auteur

Lyon, capitale des gueules

Le football d'ailleurs


Jérôme Duval
2020-03-04

Le football chilien, entre répression et rébellion

Supporters et joueurs se sont engagés dans le soulèvement insurrectionnel chilien, soutenant la contestation, et faisant face à la répression dans les stades et les rues. 


Matthieu Richard
2020-02-21

Une semaine de foot en Israël et Palestine

Trois stades, deux villes, plusieurs atmosphères. De Tel-Aviv à Jérusalem-Est, récit d'un visiteur en tribune. 


Guy Pichard
2020-02-08

Retour de flamme

Il y a un an, l'incendie du centre d'entraînement de Flamengo provoquait la mort de dix jeunes. Depuis, le club a connu une année sportive exceptionnelle… et laissé les familles des victimes à l'abandon. 


>> tous les épisodes du thème "Le football d'ailleurs"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)