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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Guérin 1995, Gavroche et les étoiles

Un jour un but – Le 15 mars 1995, en quart de finale de la Ligue des champions, Vincent Guérin marque le but qui élimine le FC Barcelone.

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Au centre du terrain, côté gauche, Patrick Colleter transmet le ballon à Valdo. Le Brésilien lance aussitôt devant lui Vincent Guérin, qui a pris un boulevard. Le milieu de poche du PSG reçoit le ballon et s'avance dans le camp barcelonais. Iglesias tente bien de le rattraper, mais il est trop court. Aux abords de la surface, Ronald Koeman n'ose pas intervenir, préoccupé qu'il est par le marquage de George Weah. Alors Vincent Guérin, libre de toute opposition, frappe à quelques vingt mètres de la cage. Le ballon fuse jusqu'au pied du poteau droit de Carles Busquets (père de). Le gardien de Barcelone a beau plonger, il ne l'empêchera pas de glisser au fond de ses filets.

 

 

 

 

Le Parc des Princes explose de joie tandis que son buteur d'un soir plane, tout sourire, au milieu de ses coéquipiers. Nous sommes à la 83e minute du quart de finale retour de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone. Ce 15 mars 1995, Vincent Guérin vient d'inscrire le but qui élimine le Barça des Stoitchkov, Guardiola et l'entraîneur Johan Cruijff. Surtout, il évite au PSG de sortir sur une terrible frustration.

 

 

Une qualification jouable

Ce rendez-vous face au Barcelone ressemble en bien des points au quart de finale qui avait opposé, quatre ans plus tôt, l'Olympique de Marseille à l'AC Milan. Même statut (club français numéro un), même objectif déclaré (remporter la Coupe des champions, ou Ligue des champions, puisqu'on l'appelle ainsi désormais), même passage obligé (se frotter en quart de finale à la référence européenne du moment). Le match aller, au Camp Nou, a d'ailleurs respecté les mêmes éléments scénaristiques qu'à San Siro en 1991: le favori ouvre le score sur une grossière erreur défensive (Lama comme Casoni); le buteur attitré du club français rétablit la situation (Weah comme Papin); le score de parité (1-1) autorise tous les espoirs à l'équipe qui reçoit au retour.

 

Le club parisien, géré par la chaîne Canal+ depuis quatre ans, s'impose dans les esprits comme un candidat sérieux au titre européen. Il est notamment sorti de la phase de poules avec un parfait six sur six (six matches, six victoires) dans un groupe comprenant rien de moins que le Bayern Munich, le Spartak Moscou et le Dynamo Kiev. Éliminer le FC Barcelone n'a donc rien de présomptueux, d'autant que le club catalan traverse une période de doute. Il n'a pas tout à fait digéré l'humiliant 4-0 infligé par le Milan en finale de l'édition précédente et, durant l'hiver, il a perdu l'un de ses joueurs clés, l’attaquant Romario, retourné au Brésil.

 

 

Un Parisien propulse Paris en demi

La première période du match retour au Parc des Princes est presque un rêve éveillé pour les supporters parisiens. Leur équipe bouscule copieusement la Dream Team catalane. Mais un manque de réussite incroyable rend vaines ses offensives. Quatre fois durant la première période les tentatives des Ginola, Weah et autres Raí ont échoué sur les montants du bienheureux Busquets. Malgré une domination évidente des Parisiens, le score reste bloqué à 0-0 à la pause.

 

C'est d'autant plus fâcheux qu'en début de seconde période, le Barça, plus entreprenant, marque rapidement sur une superbe reprise de la tête de Bakero. L'offensive était un choix en début de match, il devient une nécessité. Le PSG attaque encore et toujours, mais il percute à nouveau les poteaux, notamment sur un nouvel amour de lob tenté par David Ginola. Il faudra attendre le début du dernier quart d'heure pour voir enfin une offensive parisienne récompensée. Sur un corner de Le Guen, le brésilien Raí profite d'une sortie hasardeuse de Busquets pour marquer de la tête. À un partout, l'égalité est parfaite.

 

C'est à sept minutes de la fin que Vincent Guérin libère le public du Parc et signe l'exploit. Le héros d'un soir est sans doute le plus Parisien des joueurs de ce PSG. Il est né trente ans plus tôt à quelques centaines de mètres du Parc des Princes, juste derrière la tribune Boulogne face à laquelle il a trompé Busquets. Bien sûr, il a commencé sa carrière à Brest, il a passé quelques années à Montpellier (pour oublier son court passage au Matra-Racing), mais il est devenu un joueur cadre du PSG de l'ère Canal, au même titre que Paul Le Guen, Bernard Lama, David Ginola et Patrick Colleter. Son but face à Barcelone l'a définitivement fait entrer dans la légende du club.

 

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