auteur
Arno P-E

 

Ancien chroniqueur sur PSGMAG.NET, et supporter du Paris Saint-Germain. Étonnant, non?


Du même auteur

> article suivant

Incalifiés

> article précédent

4-4-2 : losange et démons

In Bed With le PSG : E. L.

Reprise des voyages intérieurs chez les joueurs du PSG. Cette fois, auprès d'un Ezequiel qui n'est pas encore prophète en ce pays.

Partager

 
Il paraît que votre vie entière peut vous passer devant les yeux en un éclair, juste avant votre mort. Toute une vie, condensée en un éclair. C'est possible ça? Pas le genre de trucs que je tiens particulièrement à vérifier en fait: il paraît que la mort, c'est très mauvais pour la santé...

En attendant, mieux vaut en rire. Même assis là, à attendre, sur le banc. Le bonnet marketing, idiot, les gants en polaire thermo-je-sais-plus-quoi, ridicules, et j'ai pensé à elle. Ou plutôt ces souvenirs m'ont sauté dessus. En un éclair, devant mes yeux. Un peu contradictoire, je crois que c'est parce que j'ai si froid, parce que le temps n'avance pas, que l'idée de sa chaleur m'a retrouvé, d'un coup, sur mon siège. Soudain j'étais de nouveau avec elle, comme toutes ces nuits. Pas à me demander si je ne devrais pas la quitter, pour éviter que ce soit elle qui ne me jette.
 

 

Ezequiel Lavezzi PSG

 

La pelouse du Parc des Princes, l'immobilité forcée. Se sentir en dehors du match, et revivre le souvenir de nos nuits. Quelle sensation bizarre... Des nuits à sortir, à s'oublier, à trop boire et puis, le matin venu, à ne plus avoir d'idée claire de ce que l'on a pu y faire. Des nuits où les moyens ne m'importaient plus, où ma seule idée était qu'il me fallait finir là: en elle. Une nuit entière en elle. À me gaver de plaisir. Les filles, ça va, ça vient, mais ces nuits qui sans sa beauté, sa folie auraient été vides. Et j'ai réussi. J'ai vécu ça, et plus. C'était l'important sur le moment, ça l'est encore aujourd'hui. Je peux dire que j'ai construit ces moments, je les ai gagnés.
 

Alors si je dois la quitter, je les emporterai, où que j'aille demain. La chaleur, la passion, la jouissance, je les ai dans mon ventre, elles y resteront. Et si on n'a jamais vraiment pu vivre ensemble elle et moi, parce que le temps, qui file, parce que le passé, aussi, qui pèse... j'ai tout de même réussi à voler des instants de bonheur qui eux ne me quitteront plus. Ça me rassure. De savoir que ça, personne ne me le prendra jamais. C'est ce qu'il me restera.
 

Le plaisir de me réveiller et de la regarder dormir, étendue sous les lumières. Juste-là. Me dire qu'elle est belle comme aucune autre. Que c'est elle, la seule. L'excitation. Sentir monter l'envie de la parcourir toute entière, longtemps. La caresse du souvenir: cette chaleur qui se déverse en moi, assis là, toute la force de ces moments. C'est dur d'avoir vécu ça, maintenant...
 

Je n'ai sans doute pas fait les efforts qu'il fallait. J'ai beaucoup couru, je me suis consacré à ces tâches que d'autres n'auraient pas voulu se farcir. Un peu maso. J'attendais les mercis, j'espérais les récompenses... Tout en sachant qu'au fond, ce n'était sans doute pas ce qu'elle attendait de moi. Davantage de rêve. Plus de folie. De la vie, de l'allant et des preuves d'un investissement sur la durée. Pas des petits travaux de l'ombre, suivis de moments d'absence, ou des sacrifices trop évidents, inutiles ou contraints, puis des parenthèses de joie fausse. Pas un clown besogneux à temps partiel, mais quelqu'un sur qui compter.
 

Les mois passaient, moi j'ai continué à exiger les compliments du début, encore, encore. Me nourrir de ses yeux lorsqu'on se découvrait, quand ce que j'offrais avait le goût de la surprise. C'est tellement facile au début, je me suis endormi. J'en ai profité. Et je n'ai pas su la partager avec les autres, qu'elle aime aussi, différemment. Je la voulais pour moi seul. Je voulais briller.
 

Désormais, je me réchauffe seul. Je cours au bord de la ligne de touche, mais côté spectateur. Je garde le survêtement. Il s'agît d'être prêt, il s'agît d'être là, au cas où le coach ferait appel à moi. Mais comment voulez-vous tout donner, en sachant qu'il n'y a plus qu'une demi-heure, plus que trois remplacements? Comment voulez-vous faire comme si, alors qu'il y a tant de chances d'être déçu? C'est difficile à comprendre, c'est impossible d'en parler.
 

Il faut pourtant que j'aille demander au coach. Que je lui explique. C'est vrai que je ne suis pas à mon maximum. C'est vrai que je veux trop prendre de plaisir avec le groupe, avec le foot, et avec les filles. Mais là c'est différent. J'ai compris. Je veux faire les efforts, retrouver mon niveau. Et si je me sais incapable de tomber amoureux d'une femme, est-ce que cela ne pourrait pas être différent avec une ville?

 

Partager

> du même auteur

In Bed With le PSG : S. A.

In bed with le PSG


Arno P-E
2013-04-10

In Bed with le PSG : B. M.

Quelles pensées bouillonnent sous le crâne de Blaise Matuidi, buteur-égalisateur au terme d'un match dont il ne verra pas le retour?


Arno P-E
2013-03-29

In Bed With le PSG : S. A.

Grand témoin du PSG qui change, Sylvain Armand ne veut plus rien rater. Et lui sait que Paris-Barcelone n'est qu'un match aller.


Arno P-E
2013-03-15

In Bed With le PSG : J. M.

Vous pensez qu'en entrant dans la tête de Jérémy Ménez vous ne trouveriez que du vide? Faites l'expérience...


>> tous les épisodes de la série "In bed with le PSG"

Sur le fil

L’attitude des Argentins sur l’action du but, c’est juste impossible.

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Observatoire du journalisme sportif

aujourd'hui à 03h52 - Hyoga : (c'est pas dispo en replay par hasard?) >>


Toujours Bleus

aujourd'hui à 02h59 - Hal 9000 : En effet Classico, j'ai cette même impression, genre on subit sans trop se faire peur, et on... >>


Bréviaire

aujourd'hui à 02h08 - Milan de solitude : Berpachiche"Un gros chèque pour Berchiche ?" (football365.fr) >>


Paris est magique

aujourd'hui à 01h34 - Classico : Mais pourquoi vendre Guedes qui serait un joueur de rotation parfait au PSG ? Il est déjà... >>


Dans le haut du panier

21/06/2018 à 23h59 - le_merlu_frisé : Petit extrait :No. 332002: With Kenny and Chuck making fun of the influx of foreign players, Stern... >>


World Cup, the road to Doha

21/06/2018 à 23h38 - Jean Luc Etourdi : La Metz Est Diteaujourd'hui à 23h34Le lien entre coupes de cheveux et jeu pratiqué va me faire le... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe D

21/06/2018 à 23h11 - Koller et Thil : La Metz Est Diteaujourd'hui à 22h26La Croatie, c'est un peu comme l'Uruguay, ça paie pas de mine... >>


Foot et politique

21/06/2018 à 23h02 - Coach Potato : Et à lui, on lui dit rien!J'ose à peine imaginer ce que j'aurais ramassé à la place d'Espinas.... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe C

21/06/2018 à 22h43 - lyes : A choisir il vaut mieux tout sauf la Croatie non ? L'Islande c'est béton et pénible mais tout à... >>


Y a pas que le foot à Auteuil !

21/06/2018 à 21h49 - Kurby Bocanda Barcelona : Paire a eu des balles de match finalement, chuis vert, c'est de saison >>


Les brèves

Pepe honni

"Reina, gardien de Naples, dénoncé pour ses liens avec la mafia italienne." (20minutes.fr)

Mendycité

"Mendy : ‘J’ai la dalle’.” (lequipe.fr)

Pas Metz que un club

"Metz : Un groupe amoindri." (lequipe.fr)

DSKudetto

“Maurizio Sarri : ‘On a perdu le titre dans un hôtel’.” (lequipe.fr)

Mousse à mazout

"Sarr : ‘Il ne faut pas nous enflammer’." (sofoot.com)