auteurs
Christophe Zemmour et Richard N

> article suivant

Revue de stress #174

> article suivant

Nouvelle ère à Budapest

> article précédent

Revue de stress #172

> article précédent

La Gazette de la L1 : 34e journée

Iniesta 2009, fucking grace

Un jour, un but – Le 6 mai 2009, au bout du bout de Chelsea-Barcelone, demi-finale retour de la C1, Andrés Iniesta trouve la lucarne de Petr Cech. Un but colossal et fondamental pour le club, pour lui et pour l’histoire récente du football.

Partager

 

Le contrôle de Samuel Eto’o est raté, “pas bon du tout même” de l’aveu de l’intéressé, pourtant coutumier d’éloges à son propre égard. Sur ce long centre de Dani Alves dégagé de la tête par John Terry, le légendaire avant-centre camerounais ne parvient pas à maîtriser ce ballon qui a pourtant des airs de dernière chance pour son équipe.

 

 

Mené au score à Stamford Bridge depuis la neuvième minute et un tir monstrueux de Michael Essien, le Barça de Pep Guardiola année 1 est en train, en ce 6 mai 2009, de laisser filer l’occasion d’aller en finale de la Ligue des champions. C’est ce même Essien qui foire son dégagement, suite au contrôle trop long d’Eto’o. Le ballon revient sur Lionel Messi, qui se réaxe et sert du droit Andrés Iniesta posté à l’entrée de la surface.

 

 

Descomunal

Je me suis arrêté à cet endroit simplement par inertie. J’étais vraiment sur la réserve. Je suis allé à l’entrée de la surface, mais sans vraiment y croire”, confie le numéro 8 barcelonais dans sa biographie, Mon Histoire. Pourtant, Iniesta avait effectué instinctivement quelques pas pour bien se placer. Il en fait encore un en arrière quand le ballon lui arrive depuis la gauche, dans une configuration idéale pour être repris du droit. Un bel équilibre, un tir qui part sur l’extérieur, qui passe au-dessus de tout, hors de portée de Petr Cech dont l’envolée est vaine. “La balle a fini au seul endroit où elle pouvait battre le gardien. Les gens me demandent souvent si j’ai eu le temps de penser à ma frappe. Pas du tout! Ce tir, je l’ai fait à l’instinct.”

 

L’explosion de joie collective est à la hauteur du scénario, de la qualité technique et de la portée émotionnelle de ce but fabuleux. Joueurs et staff se congratulent et s’agglutinent près du poteau de corner gauche. Sur Onda Cero, Alfredo Martinez exulte: "Bestial. Brutal. Total. Descomunal. Increíble. Increíble. ¡Cómo la pegó! ¡Cómo la pegó! ¡Cómo le salió! Con el corazón de todo el barcelonismo. Con la ilusión. Por el fútbol. Por el arte. Por el talento. Por Iniesta. Por España. Por la Champions. ¡Te quiero!"

 

Le Barça de Guardiola tient sa finale de C1, l’opportunité de consacrer une saison fantastique, de voir triompher une certaine idée du jeu, de s’écrire un destin de grande équipe. Avec le recul, c’est dire la portée et l’importance que revêt ce but d’Andrés Iniesta. Pour Chelsea et Didier Drogba, cela restera le match de la ”fucking disgrace”. Ce sont justement eux qui sonneront le glas européen de l’ère Guardiola, en 2012… en demi-finale de la Ligue des champions.

 

 

Au cœur de la gloire espagnole

Dans le bus les amenant à Stamford Bridge, le jeune Bojan Krkic avait demandé cette faveur à Iniesta: “Écoute Andrés, si tu marques, je te donne mes places pour la finale de la Champions League.” Iniesta ne se fait pas prier et n’hésite pas à réclamer son dû alors même qu’ils commencent à célébrer son but. Une finale à Rome contre Manchester United qu’il ne disputera qu’au prix d’une course contre la montre pour soigner une déchirure à la cuisse droite. Il lui est interdit de frapper ce soir-là sous peine de rechuter.

 

 

Qu’importe, Iniesta a d’autres armes et place une accélération décisive à la dixième minute. Il sert Eto’o qui, d’une feinte de frappe non moins géniale, efface Nemanja Vidic avant de battre Edwin van der Sar et de donner un avantage qui marquera un vrai tournant: “Il n’y avait qu’Andrés pour me faire une passe aussi parfaite que celle qu’il me fit à Rome.” Messi clôt la marque à la 70e et le FC Barcelone rejoint son adversaire du soir au palmarès de la C1, en s’adjugeant son troisième trophée.

 

La saison qui suit est pourtant celle d’un long mal-être pour Iniesta, d’un grand vide post-triplé, de questionnements, d’angoisses. Une période trouble qu’il définit comme un “abysse”. Andrés a notamment été profondément bouleversé par le décès de son ami Dani Jarque le 8 août 2009. L’homme suit une thérapie, consulte même un mage, s’entoure de ses proches pour petit à petit s’en sortir.

 

Le 11 juillet 2010, il inscrit le seul pion de la finale de la Coupe du monde, qu’il dédie immédiatement à Dani Jarque. Un autre but fondamental pour le football espagnol, qui contribue à définitivement faire entrer ce joueur unique dans la légende.

 

Partager

> sur le même thème

United-Barca 1991, la marque Hughes

> Dossier

Histoire FC

Un jour, un but


Richard N
2019-05-01

Bellamy 2007, le swing de Barcelone

Un jour un but – Le 21 février 2007, l’attaquant gallois Craig Bellamy s’approprie un Barcelone-Liverpool de Ligue des Champions avec un but qu’il célèbre d’un étrange geste de golfeur.


Richard N
2019-04-16

Rep 1973, l’étoile rouge de l’Ajax

Un jour un but – Le 30 mai 1973 à Belgrade, le jeune Johnny Rep marque contre la Juventus le seul but d’une finale qui donne à un Ajax tout de rouge vêtu sa troisième Coupe des champions consécutive.


Richard N
2019-04-08

Villa 1981, un goleador à Wembley

Un jour, un but – Le 14 mai 1981, l’Argentin Ricardo Villa signe le plus beau but de l’histoire du vieux stade de Wembley à l’occasion d’une finale de FA Cup, la centième, qui oppose Manchester City à Tottenham Hotspur.


>> tous les épisodes de la série "Un jour, un but"

Sur le fil

Alexandre Ruiz pointing fingers at things, a collection. https://t.co/GxkD6WxkZ2

Ivan Ergić, footballeur et "dernier marxiste" - https://t.co/YsxXFwAQbH

RT @BilelGhazi: Le message du KVN contre la réforme des coupes européennes #OLSMC @lequipe https://t.co/yguyWRHJuF

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Dans le haut du panier

aujourd'hui à 06h19 - Parce que Thomas Levaux bien : Sur une papatte, il est costaud le dino Leonard !Je maintiens ma côte des Raptors. Et un Green en... >>


Et PAF, dans la lucarne !

aujourd'hui à 05h51 - Jean-Huileux de Gluten : ######### SPOILERS GOT SERIE FINALE ##################### SPOILERS GOT SERIE FINALE... >>


Gerland à la détente

aujourd'hui à 05h01 - Hyoga : On parle souvent des réactions des nos anciens joueurs une fois qu'ils sont passés par un... >>


Aimons la Science

aujourd'hui à 02h32 - ULF : @SocRaïtes@Utaka SouleyAlors c'est des vieux souvenirs mais en gros pour le refroidissement sur... >>


Paris est magique

aujourd'hui à 01h45 - Zigmunt l empereur : C'est le moment de lui donner plus de responsabilités... >>


Feuilles de match et feuilles de maîtres

aujourd'hui à 01h34 - Tricky : Nah, c'est Etienne qui a raison, La Jalousie, ça fait longtemps que je n’y avais plus pensé. >>


CdF Omnisport

aujourd'hui à 01h02 - patrice : Golf - USPGAParfaitement résumé Mr Mata Mord... Koepka qui a donc bien fait de massacrer le... >>


Tu sais ce qu'il te dit Casimir ?!

aujourd'hui à 00h27 - Tricky : Metzallica19/05/2019 à 16h19Ivan Balliu———Très très classe, je trouve.J’aime bien ce... >>


Cacamiseta 2019

aujourd'hui à 00h27 - Utaka Souley : J'imagine la séance de brainstorming sous mélange LSD / cocaïne / white spirit / Destop qui a... >>


Etoiles et toiles

aujourd'hui à 00h06 - Aristofan : Jeune Mavuba Vaincu17/05/2019 à 15h37______________________A mon avis, il y a beaucoup mieux à... >>


Les brèves

Alliance Arena

"Quand un arbitre assistant demande sa collègue en mariage." (lequipe.fr)

Prendre les shots les uns après les autres

"Hugo Lloris, le mister penalties de Tottenham." (lequipe.fr)

Milieu de tableau

"Rembrandt s'invite sur le ballon du Championnat des Pays-Bas." (lequipe.fr)

Trafic de coquines

“Football : la Colombie rattrapée par le mouvement ‘Me too’.” (ouest-france.fr)

Veuvage

"Pepe cherche à trouver la solution en solitaire." (lequipe.fr)