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Revue de stress #153

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Voyage, en stop, au bout de la nuit

Les cadeaux de San Nicola

La France est allée cueillir à Bari une victoire contre l'Italie qui fera office de bonne rentrée. Loin de leur niveau de l'Euro, les Bleus ont gardé leur identité. 

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Après l'intensité de l'Euro, retrouver l'équipe de France dans l'ambiance diffuse d'un stade des années 80, pour un match où l'émotion a été la plus forte avant le coup d'envoi, a eu quelque chose d'une plongée dans l'eau tiède. Et cette nette victoire (au tableau d'affichage plus que sur le terrain) procure une satisfaction assez dépourvue d'enthousiasme, un peu comme un retour au boulot. Les Bleus ont manqué de cohérence, le match aussi: ils ont marqué deux buts quasiment accidentels et un autre sur une mystification. Faiblards au milieu, solides mais pas irréprochables dans l'axe défensif, inégaux sur les côtés, il ont pu compter sur l'efficacité clinique de Giroud et Martial, qui ont fait la décision en première mi-temps.

 

 

 

 

En pareil cas, faute de trouver à dire sur des cadres en sous-régime (Griezmann, Pogba, Matuidi, Payet, auxquels on peut ajouter Kanté), on lorgne les performances des joueurs pour lesquels cette rencontre comportait un enjeu individuel. S'agissant de se faire remarquer, Kurzawa remporte la mise. Dans une position évraesque sur le but italien (on ne peut le lui reprocher: il était au premier poteau sur le corner qui précède le contre), il offre une passe décisive à Giroud et s'offre un joli but de filou.

 

"On a su faire mal", a déclaré Didier Deschamps. S'il inversait les deux derniers mots, le sélectionneur avouerait un élément essentiel de sa philosophie. À plusieurs reprises en juin et juillet, l'équipe de France a su mal faire – tout en gagnant. Cet Italie-France en a renvoyé un écho.

 

 


La nalyse

Christophe Kuchly – On le savait avant et on aurait été bien surpris d'être démentis. Quelques semaines après la fin de l'Euro, l'équipe de France joue comme à l'Euro. Son adversaire italien aussi, même si, pour lui, le changement de sélectionneur pouvait instaurer un infime doute. Mais on ne change pas une équipe qui va dans la bonne direction – dans celle que souhaite son entraîneur, en tout cas. Car la France, qui a failli aller au bout de la compétition européenne en jouant de manière restrictive et chuté face à des Portugais sur la même ligne, n'a pas vocation à faire différemment. Si gagner aurait pu permettre à Didier Deschamps de créer des vocations, la défaite doit trop à la réussite pour que le maître des lieux se dédise.

 

Le score de ce match, une victoire contre une Italie à qui il manquait quelques joueurs – mais tout de même bien pourvue – confirme à nouveau qu'on peut gagner de la sorte, à défaut de révolutionner le foot. ''Ce n'est pas ce qu'on demande à un sélectionneur'', auront raison de rétorquer tous ceux qui pleurent encore en pensant à ce bon vieux Eder. Supérieure dans le talent, l'équipe de France n'a pas besoin d'équilibrer le rapport de forces par une tactique audacieuse.

 

 

 

 

 

Côté jeu, toujours pas de folies dans la relance, malgré un petit changement avec l'apparition de passes latérales et de décrochages d'un milieu façon La Volpe, sans les bénéfices puisqu'aucun Italien ne venait se mêler de la chose. De l'autre côté du terrain, pas de pressing spontané (hormis sur une séquence en milieu de première période où deux passes ont suffi à le stopper) et beaucoup de recul-frein. À quelques exceptions près, lorsque ne pas revenir à la perte du ballon permit de vite le reprendre. Calculée ou pas, cette alternance eut le mérite de surprendre et permettre d'être dangereux sans devoir construire.

 

D'ailleurs, pourquoi construire? Vraie question que l'on peut se poser quand, sur une passe bien exécutée mais facile à lire, Paul Pogba lance Anthony Martial de manière décisive. Une interception ratée de Chiellini combinée à un placement foireux de Barzagli, ça n'arrive pas souvent. Mais, comme l'a montré Marc Batra lors de la Supercoupe d'Allemagne, le meilleur moyen d'avoir une occasion est parfois de viser tout droit. Sur un corner, Olivier Giroud a pour sa part montré qu'il pouvait se montrer efficace dans la zone de vérité, rattrapant ainsi la mauvaise transition défensive qui avait transformé un corner français en but italien un peu plus tôt.

 

Sur l'action, N'Golo Kanté, en position de latéral droit de fortune puisque tout le monde ou presque était monté, avait pris un vent par Eder (aucun lien). Cela confirme qu'il n'est pas un surhomme, sans remettre en cause la structure défensive des Bleus. Il y a pourtant matière à progresser: Layvin Kurzawa, bien trop embêté par Candreva en première période, n'a pas franchement impressionné... mais marque le troisième but après un bon appel. Les qualités de contre-attaquant de Djibril Sidibé, autre nouveau lancé dans le onze, ont également rehaussé une copie également loin d'être immaculée. Dans le style, on est à mille lieux des vétérans Evra-Sagna. On les reverra.

 

Le 4-3-3 aussi, visiblement. Didier Deschamps a précisé que ce choix résultait de l'absence de Sissoko au coup d'envoi. Aucun des trois attaquants français n'étant en grande forme en ce début de saison, un constat qui s'élargit a minima à Blaise Matuidi, ce sont les convictions de DD qui dictent les choix. Pour l'instant, le plus important d'entre eux nous ramène début juin: plutôt qu'en neuf et demi, Antoine Griezmann est placé sur un côté. Le temps qu'il montre en club qu'il se sent mieux ailleurs et amène avec lui son compère Kévin Gameiro sur la route du Mondial? Avec les deux matches d'éliminatoire à venir, les premiers – hors-Euro – à enjeu depuis belle lurette, on devrait s'emballer un peu plus que dans cette rencontre piano piano. Et voir ce que cette équipe peut faire quand son adversaire n'est pas là pour répéter ses gammes.

 

 

 

 


L'Italie-France d'avant

Il y a vingt-deux ans, dans le Sud de l'Italie (mais à Naples), l'équipe de France offrait à Aimé Jacquet, pour son premier match en tant que sélectionneur, une victoire qui avait déjà des allures de tournant. Ce jour de février, servi par Ginola après une mauvaise relance de Baresi, Djorkaeff inscrivait l'unique but de la rencontre. Cantona était capitaine, et sur la pelouse figuraient cinq futurs champions du monde: Lama, Karembeu, Desailly, Djorkaeff et Deschamps (Lizarazu, dans le groupe, n'était pas sur la feuille de match). Jérôme Gnako était titulaire pour sa deuxième et dernière cape, et Corentin Martins s'octroyait le record de la sélection la plus courte en passant 35 secondes sur le terrain.

 

Les déplacements de la France en Italie ont souvent été à son avantage: elle n'y a plus perdu depuis 1962: 2 nuls (1978, 2007); 2 victoires (1994, 2012). Au cours de cette période, c'est sur le terrain neutre – hormis le quart de finale de 1998 – des grandes compétitions que les deux nations ont connu des affrontements autrement plus légendaires.

 

 

 

 

Vu du forum

=>> Mevatlav Ekraspeck - 20h59
C'est quoi cette ambiance pour la Marseillaise? Sifflets, puis applaudissements, klaxons? Y a un contentieux? On a fait quelque chose de mal?

 

=>> Tonton Danijel - 20h59
Il faudra mettre les Pouilles sur le terrain.

 

=>> Moravcik dans les prés - 21h08
Merci aux Italiens pour leurs shorts bleus qui nous obligent à porter la tenue bleu-blanc-rouge qu'on aimerait voir à chaque match.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h09
Il y a dû avoir un sacré travail psychologique et tactique avec ce bon Steve, qui n'a pas joué derrière une vraie défense depuis fouyouyouye. D'ailleurs lui-même n'a pas l'air de bien comprendre ce qui se passe sous ses yeux...

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 21h42
Après la Squadra Azzura, les Bari Whites.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h48
Pas sûr que Matuidi et Kanté tiennent à ce rythme. Ils brassent autant d'air qu'une éolienne à Rivesaltes un jour de tramontane.

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 22h17
Règle n°1 de la Squadra Azzurra : les matches pendant les mois en r, on en a rien à foutre.
 

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