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Jolie fin de campagne

De la nalyse, de la synthèse, des images morpho-psychologiques, du débat sur Pires: nous aussi nous tenions à finir dignement les éliminatoires sur ce France-Israël sans souci.

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Avec sa huitième victoire en éliminatoires de l'Euro, l'équipe de France parachève un parcours parfait, mais il faut lui souhaiter un autre destin que sa devancière de 92. La tranquillité que s'est ainsi offerte Jacques Santini pour préparer la phase finale au Portugal n'est pas le moindre des bénéfices de cette campagne, car à quelques détails près (le capitanat de Desailly, suppléé samedi soir par Zidane, ou le rôle incertain de Pires), les polémistes n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais le programme de matches amicaux qui débutera dès le mois prochain par un déplacement en Allemagne permettra de reposer très vite la question du potentiel réel de cette équipe, question laissée en suspens par des adversaires à la qualité incertaine dans le groupe 1.

 


La joie de vivre se lit sur les visages des Bleus.

 

 

Le match

Il a été plié en première mi-temps, avec pour seules sorties israéliennes deux coups francs mal exploités, une reprise à bout portant de Tal, malencontreusement servi par Dacourt de la tête, qui passera au-dessus (14e), et un déboulé de Harazi dont le tir repoussé par le poteau reviendra dans les bras de Barthez (21e). Mais trois jolis buts ont logiquement découlé de la domination française, dont deux sur des actions de jeu qui montrent la qualité retrouvée du collectif tricolore. L'équipe de France ne trouva pas en seconde période le moyen de marquer autant de buts que son homologue rugbystique inscrivit d'essais contre les îles Fidji, mais ce fut pas faute d'occasions: deux duels d'Henry face au gardien (47e et 50e), une tête trop facile de Trezeguet (56e), deux frappes consécutives de Pedretti repoussées par Davidovitch (69e). Après l'heure de jeu, les visiteurs ont eu un coup de mieux, sans parvenir à placer autre chose que des tirs à distance, celui de Revivo échouant toutefois sur la transversale (76e).

 


Trezeguet a bien marqué, mais le gardien israélien ne s'appelait pas Goliath.

 

 

Les gars

Inédite, la charnière Thuram-Boumsong n'a pas franchement été mise à l'épreuve, l'Auxerrois ayant profité de l'absence de Guy Roux pour exploiter une de ses montées et marquer d'une jolie tête sur le coup franc de Zidane. Auteur de quelques fautes de placement et de deux découpages en règle de Harazi (8e et 39e), Lizarazu a cependant joué de son habituelle complicité avec Zidane et profité de la passivité israélienne pour placer une ou deux percées. Réveillère est resté sérieux (et efficace) dans ses tâches défensives, offrant aussi des solutions en attaque qui sont souvent restées à l'état de fausses pistes. Son superbe débordement de la 56e minute aurait pu avoir un meilleur sort si Trezeguet avait un poil plus appuyé sa tête, et c'est lui qui obtient le coup franc préalable au troisième but, sur un appel dans le dos du défenseur. Une première sélection réussie, même si la hiérarchie actuelle au poste d'arrière droit lui laisse peu de chances de disputer l'Euro. Mais sa polyvalence… Déjà épatant lors de la Coupe des confédérations, le duo Dacourt-Pedretti a semblé avoir encore progressé, notamment dans la prise de responsabilité, profitant il est vrai d'une opposition à sa main. Non seulement leur combativité leur a permis de récupérer un nombre considérable de ballons, mais la technique de l'un et la vision du jeu de l'autre leur ont aussi valu de les exploiter au mieux et d'être mieux que de simples relais dans l'entrejeu. Bien loin de la rivalité qui avait perturbé leur Mondial 2002, Henry et Trezeguet ont une nouvelle fois illustré cette bénéfique division du travail à la pointe de l'attaque, qui les rend parfaitement complémentaires. Avec une réalisation chacun, ils se sont partagé les lauriers, le but du Turinois sur une remise de la tête du Londonien étant une pure merveille.

 


Au moment du but de Boumsong, Marcel Desailly ne parvient pas à cacher son enthousiasme.

 

 

La nalyse : la place de Pires

Est-ce que Santini a voulu couper court à la polémique très en vogue en ce moment, consistant à dire que Robert Pires en est réduit au rôle de remplaçant de Zidane? Toujours est-il que c'est plutôt en lieu et place de son coéquipier Wiltord que le Gunner a été titularisé. Auteur d'une bonne première mi-temps durant laquelle il s'est activé à la construction, comme pour prouver son utilité et a été sur le coup des deux buts (mais sans effectuer un gros travail défensif, c'est le moins qu'on puisse dire), il a un peu décliné en seconde période. On peut aussi regretter qu'il a peu cultivé sa complicité avec Réveillère, qui dû se débrouiller seul pour se mettre en évidence. Mais pas de quoi troubler son fan-club de L'Équipe, ni d'ailleurs remettre en cause ses qualités intrinsèques… Pires s'est en effet accordé pas mal de libertés en occupant plus souvent l'axe que Zidane lui-même, lequel semble se fixer de plus en plus nettement sur le flanc gauche, probablement sous l'influence de sa durable expérience madrilène. Il ont certes permuté ponctuellement, mais le revisionnage du match ne laisse aucun doute: l'ex-Messin a au moins autant évolué dans l'axe qu'à droite.

Tactiquement, il est permis de se demander si la tendance au recentrage des milieux offensifs dans ce 4-4-2 ne risque pas de poser des problèmes contre des équipes plus difficiles à jouer qu'Israël (aisée à perforer par le centre), qui obligeront à exploiter plus méthodiquement la largeur du terrain et les couloirs (et à bloquer ces derniers)… D'autant qu'avec la complicité qui unit Lizarazu, Zidane et un Henry qui revient souvent sur le flanc, l'équipe a déjà tendance à pencher à gauche. On peut penser que l'association Wiltord-Thuram de l'autre côté permet justement de mieux équilibrer l'ensemble, surtout que le premier est plus naturellement "ailier droit" (sans négliger son replacement), alors que l'on a vu à plusieurs reprises son coéquipier d'Arsenal renoncer à déborder et de désintéresser de la récupération. Mais le seul "drame" de l'équipe de France, c'est qu'il y a plus de onze joueurs de classe internationale à mériter d'être titulaires…

 


Quand il ne colle pas, Pascal Praud veut toucher.

 

 

Le match de TF1

Il commence avec une réprobation indignée contre les sifflets qui ont accompagné l'hymne israélien. Siffler un hymne est certes un acte idiot, mais compte tenu du contexte politique au Proche-orient, il faut vraiment être d'un angélisme un peu crétin pour imaginer que celui-ci puisse être totalement respecté au Stade de France. Les troubles de la mémoire de Thierry Roland se confirment, puisque à l'entendre Pires et Zidane n'auraient jamais joué ensemble (en fait, à quarante-trois reprises selon L'Équipe). Se souvient-il qu'il y a eu une équipe de France avant Jacques Santini? Toujours auto-parodique, Jean-Michel Larqué a battu son propre record de répétitions avec un "Oh là là, trop trop trop trop trop trop — trop — trop trop-trop d'angle là" (47e minute, on a compté) et a émis sa première critique sur Djibril Cissé au premier ballon touché par celui-ci.

Quand on se lèche mutuellement, appelle-t-on cela se rouler une pelle? Toujours est-il que lorsque l'un demande à l'autre "Vous êtes toujours chevalier [de la légion d'honneur] Thierry?", l'autre répond "Vous aussi Jean-Michel".

Quant à madame Chirac, les deux compères sont heureux de nous apprendre qu'elle assistera à un match du Variétés Club à Sedan (faudra-t-il un jour compter les retransmissions des matches de l'équipe de France dans le temps de parole de la majorité?). Pascal Praud excelle lui aussi dans le rôle du flagorneur: il a beaucoup aimé l'édito de Claude Simonet dans le programme officiel (il est content de lui dire), et il trouve le public génial.

 

Le commentaire à forte valeur ajoutée
Thierry Roland : "C'est très douloureux l'appendice nasal".

 


Abraham Grant, une sorte de Christophe Bouchet dans les fringues de Bertrand Marchand.

 

 

Les observations

Wiltord laissé sur le banc. Il avait réclamé une prime de match? Au lieu de conserver précieusement le maillot de sa première sélection, Réveillère l'a offert à un remplaçant israélien. Un groupe de spectateurs malentendants est reparti très déçu du Stade de France, s'étant attendu à voir Francis Cabrel. Un groupe de spectateurs illuminés est reparti très déçu du Stade de France, s'étant attendu à voir Francis Raël, le frère de l'autre.

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