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Raphaël Cosmidis

 

Intéressé par la tactique, membre des Dé-Managers, il croit en la littérature de sport. 


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Matchbox - Alors qu'il avait pratiquement la qualification dans la poche, le Bayern a dilapidé son avance de deux buts. De quoi préserver le suspense pour le match retour, avec une nouvelle opposition de style en perspective.

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La nalyse

La vie de Pep Guardiola n’est pas si simple. Malgré l’effectif pléthorique du Bayern Munich, le technicien catalan se rendait hier à Turin sans pouvoir compter sur un seul défenseur central de métier au coup d’envoi. Mehdi Benatia de retour mais pas encore prêt pour quatre-vingt-dix minutes, le deuxième FCB de Guardiola débutait la rencontre avec une charnière Alaba-Kimmich. Sur le papier en tout cas, l’UEFA annonçant un 4-2-3-1.

 

 

Dans les faits, le Bayern Munich ne fut jamais en 4-2-3-1. Opposés au 4-4-2 à plat de la Juventus, les Bavarois étaient à trois derrière. Avec Alaba et Kimmich, oui, mais surtout avec Arturo Vidal entre les deux. Ancien de la Vieille Dame, où il évoluait souvent en numéro dix la saison passée, le Chilien tint en laisse Paulo Dybala toute la première période. Pendant quarante-cinq-minutes, les Bianconeri furent assiégés, asphyxiés par le pressing adverse à la perte du ballon. Confinés dans leur camp, les hommes de Max Allegri n’existaient pas. Il fallut d’abord un raté incompréhensible de Thomas Müller, à deux mètres de la cage, pour garder le score à 0-0. Puis l’international allemand se rattrapa en ouvrant la marque, profitant du boulot monumental de Douglas Costa et Arjen Robben sur les ailes.

 

Remodelé par Guardiola depuis maintenant presque trois ans, le Bayern Munich ne peut rivaliser en termes de talents individuels avec le FC Barcelone. Sa force collective en est d’autant plus remarquable. Si la possession et la circulation de balle sont parfois laborieuses, parce que les Munichois ne parviendront jamais totalement à imiter le football catalan vu entre 2008 et 2012, la domination territoriale des champions d’Allemagne est absolument fascinante. Aucune autre équipe au monde ne place autant de joueurs aussi hauts dans le camp adverse. Lors de la première période, les dix joueurs de champ Guardiola étaient régulièrement ensemble dans la moitié italienne, Alaba et Kimmich avançant à tour de rôle, soit pour trouver une ligne de passe, soit pour presser, tandis que Vidal agissait comme un balancier entre l’Autrichien et le jeune Allemand.

 

 

En étant si haut sur le terrain, semaine après semaine, le Bayern Munich gratte beaucoup de rebonds. C’est ainsi qu’il déverrouilla le bloc de la Juve: un centre un peu trop long d’Arjen Robben tomba dans les pieds de Douglas Costa, qui remit en une touche sur Müller, au coeur de la surface. Une possession très haute, un bloc compact, même en phase offensive, et de la présence dans la surface, voilà la recette de Pep, aux influences multiples (Bielsa, La Volpe, Van Gaal, Klopp, Schmidt…) et magnifiée par les joueurs à disposition, dont un Robert Lewandowski particulièrement propre dans son jeu dos au but et passeur pour Arjen Robben sur le 2-0.

 

 

Malgré tout, c’est bien la Juventus qui termina le match avec un sentiment de satisfaction, et qui aurait même pu l’emporter. Au bilan des occasions, c’est d’ailleurs la Vieille Dame qui finit devant. Longtemps battus par la fuite vers l’avant des Allemands et leur occupation de l’espace, les champions d’Italie reprirent des couleurs en deuxième période, en jouant plus haut dès la 46e minute et en exploitant les faiblesses inévitables de Joshua Kimmich, 21 ans, 1,76 m et central de circonstances depuis quelque temps. Fautif sur le but de Paulo Dybala, l’ex du Red Bull Leipzig fut dépassé par Sturaro sur l’égalisation. Moins maître après l’heure de jeu, le Bayern oublia ses vertus, dont une qui tient cher à Guardiola: la possession défensive, même s’il abhorre le tiki-taka sans intention. Au retour, un 0-0 à l’Allianz Arena qualifierait les Allemands. Ce n’est pas pour autant que Guardiola laissera le ballon à son adversaire. À Massimiliano Allegri et ses joueurs de ne pas revivre la même première période. Car refaire un tel écart face au Bayern n’est pas si fréquent…

 

 

Les observations en vrac

• Manuel Neuer, on sait tous que c'est C-16 depuis qu'il a arrêté une mine de Benzema d'une main blasée au Mondial. 

• Si Robert Lewandowski était blessé, vous pensez que David Alaba jouerait en pointe?

• Le geste de la soirée: le sombrero devant sa surface de Joshua Kimmich sur le mètre quatre-vingt-dix de Paul Pogba. Facile.

 

 

Le résumé vidéo

 

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