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Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Kombouaré 1993, la forte tête

Un jour un but – Le 17 mars 1993, Antoine Kombouaré marque dans les tous derniers instant d'un quart de finale de la Coupe UEFA le but qui élimine le Real Madrid.

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En fait, la soirée se passait plutôt bien. Le Paris Saint Germain régalait l'assistance et dégommait méthodiquement le Real Madrid. Le match aller avait été sévère pour les hommes d'Artur Jorge, battus 3-1 alors qu'ils avaient fait jeu égal avec les Michel, Butragueno, Hierro et autre Zamorano. Ce match retour du 17 mars 1993 au Parc des Princes est donc une de ces soirées que seule la Coupe d'Europe, fusse-t-elle de l'UEFA, peut offrir.

 

Les Parisiens font la moitié du chemin en première mi-temps (1-0, but de Weah à la 33e minute), et attendent patiemment les dix dernières minutes pour décrocher leur qualification, grâce à un superbe tir sous la barre de David Ginola, plus magnifico que jamais. En toute fin de match, le Brésilien Valdo ajoute une troisième banderille qui achève définitivement le club madrilène. Plus rien ne semble pouvoir arriver, et pourtant.

 

 

Pas à l'abri

Dans l'euphorie, on en a presque oublié qu'il suffit d'un but, un seul, pour que le Real Madrid se remette en selle. Dépassés par leurs adversaires, amorphes et impuissants durant quatre-vingt-dix minutes, les Merengues trouvent pourtant le moyen de marquer un but dans les arrêts de jeu (Zamorano, 92e). Une chape de plomb s'abat sur le Parc. Il faut désormais jouer la prolongation face à un adversaire revigoré par un but miraculeux. À moins que…

 

L'arbitre hongrois M. Puhl n'a toujours pas sifflé la fin du temps réglementaire lorsqu'il accorde un coup-franc indirect aux Parisiens à la… 96e minute. Alors que Valdo s'apprête à tirer, il y a déjà Weah, Ginola, Germain, Le Guen, Ricardo qui se tiennent devant le but sous la surveillance agitée des Madrilènes. Ce n'est qu'au dernier moment que ceux-ci voient surgir Antoine Kombouaré...

 

 

 

Le défenseur central parisien porte déjà à ce moment-là un titre de héros. Quatre mois plus tôt, alors qu'une élimination se profilait au Parc Astrid, l'ancien Nantais, entré en jeu à la 66e minute, envoyait un coup de tête dans la cage d'Anderlecht et qualifiait son équipe pour les quarts de finales.

 

 

Rédemption et rêves de titre

Tout héros qu'il est, Antoine Kombouaré n'est pourtant pas titulaire dans le onze type d'Artur Jorge. S'il est aligné face au Real Madrid, c'est en raison de la suspension d'Alain Roche, exclu au match aller. Chargé du marquage de Zamorano, il plaide coupable sur le but madrilène.

 

Valdo envoie le ballon devant le but de Buyo. Lancé en pleine course, Kombouaré surgit, frappe de la tête et envoie le ballon dans la cage de Buyo. Un moment de folie pure s'empare du Parc lorsque le Parisien court les bras en V avant d'être agrippé par ses coéquipiers. Les rebondissements des toutes dernières minutes ont mit le public dans tous ses états avant de lui rendre un moment d'euphorie unique.

 

Jamais jusqu'alors le Real Madrid n'avait été sorti par un club français dans l'histoire des coupes européennes. Le PSG, qui a déjà sorti Naples et Anderlecht, n'a même pas peur de la Juventus qui se profile en demi-finale. Dans le même temps, l'AJ Auxerre a sorti l'Ajax Amsterdam et la France du foot se met à rêver secrètement d'une finale de Coupe de l'UEFA 100% française. Elle qui n'a encore jamais décroché le moindre trophée européen.

 

 

 

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