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Doigt d'horreur

La chute de l'empire lyonnais

Le vaudou a enfin fonctionné: la défaite de l'Olympique lyonnais à Rennes prélude à une grave crise dont le club ne se remettra pas. En bonus à ce scénario : le totem de l'OL, à imprimer et brûler chez vous.
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En concédant leur première défaite de la saison, nette et sans recours possible à des excuses autres que les délires de persécution de leur président, les Lyonnais ne savent pas encore dans quel terrible engrenage ils ont mis le doigt. Leurs futurs adversaires, galvanisés par la pensée que si Rennes y est arrivé, tout le monde le peut, vont abandonner leur fatalisme au profit d'une surmotivation et d'une audace qui n'aurait pas été possible autrement. Les Olympiens vont également connaître, sans avoir jamais appris à les gérer, le poison du doute, les critiques, les explications à fournir et les tensions à supporter. Pour la première fois depuis des lustres, ils vont se faire engueuler. Le supporteront-ils? Supporteront-ils de voir leurs notes dans L'Équipe passer en dessous de six? Ne craignons pas d'affirmer que non, et que leur retour sur terre sera brutal.


Lyon démuni face à la crise
Valenciennes et Sedan devront enfoncer le clou dans les jours qui viennent, car des contre-performances face à des promus résonneront encore plus fort, avant que le Real Madrid ne prenne une cinglante revanche à Bernabeu.
Il suffira d'un enchaînement de circonstances aussi simples pour enclencher ce que l'OL n'a plus connu au cours du 21e siècle: une vraie crise, avec le parking de Tola-Vologe transformé en antichambre conspirationniste pour tout ceux qui viendront confier à la presse leurs états d'âme. L'OL sera subitement voué aux mêmes avanies que ses homologues: insatisfactions, jalousies, velléités de départ, fronde muette contre l'entraîneur – dont les choix seront désormais critiqués par ceux qui jouent le moins. Les assurances comme "le groupe vit bien" ou "la concurrence est saine" sonneront faux et les groupes s'opposeront, les fuites se multiplieront dans la presse.

Du côté des dirigeants, les disjoncteurs sont déjà à la limite de la rupture et paradoxalement, les années de domination n'ont fait qu'attiser leur extrême nervosité: dans les semaines qui viennent, les écarts verbaux de Gérard Houllier et de Jean-Michel Aulas vont annihiler les derniers restes de sérénité au sein du club. Sombrant, l'un dans une accumulation d'excuses ineptes, l'autre dans une paranoïa aiguë, il vont ajouter des sanctions administratives et un désaveu public à la déconfiture sportive. La situation sera aggravée par la grogne des supporters, les Gastrogones envahissant même le centre d'entraînement armés de rosettes.


Dérapages et désertions
Soutenu par la France du football et par toutes les "familles" du métier, le LOSC effectuera une irrésistible remontée que l'OL, en proie à des remous incessants, ne pourra contrecarrer. Jean-Michel Aulas se rendra coupable d'une série de délits: tentative de strangulation sur Pascal Urano, vestiaire des arbitres rendu irrespirable par les invendus de Saint-Marcellin, ivresse publique dans les salons du Club des Cent à Gerland, tentative de strangulation sur le jardinier du Mans, apparitions à scandale dans les émissions de Fogiel et Ardisson, tentative de strangulation sur le supporter nantais qui le félicitera sur son maquillage jaune et vert, envoi d'huissiers sur le terrain en plein match pour faire constater les erreurs arbitrales, tentative de strangulation sur président de la Commission de discipline, etc.

On dira alors que Fred n'a pas seulement le visage de Francis Perrin, mais aussi son physique, que Ben Arfa n'est pas meilleur que Benachour, que Källström est un futur Farnerud, que Carew symbolise l'incapacité de Bernard Lacombe à recruter un attaquant meilleur que lui, que Toulalan est prématurément usé, que Réveillère fait regretter Deflandre, que Juninho, en dehors des coups francs, hein...
Les people se bousculeront devant les caméras pour dire qu'en fait, ils n'ont jamais vibré pour un OL qui manque de passion, Vincent Duluc niera être encarté chez les Bad Gones et les sondages sur les 8-11 ans seront accablants. Le G14 marquera ses distances avec ce membre devenu encombrant, tandis que Gérard Collomb recommandera la construction du nouveau stade à Saint-Chamond.

Le géant a des pieds d'argile et ils viennent de se fissurer. Bientôt, nous entendrons le fracas de sa chute. Frères, sœurs, l'aube d'une ère nouvelle vient de se lever à l'Ouest.



Exclusif : le totem de l'OL

ol_totem.jpgAprès le classement en relief, les Cahiers du football sont fiers de vous offrir un nouvel objet de culte vertical : le totem des titres de L'Équipe au cours d'un automne particulièrement dominateur de la part des Lyonnais, au point d'épuiser les réserves de titre du quotidien sportif – sans toutefois altérer son emphase.

Notre marabout-conseil estime que la présence, à sa base, du titre sur la victoire de Rennes, est de nature à briser le cercle protecteur pour faire pénétrer les esprits maléfiques qui pullulent sur les pelouses de Ligue 1.
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