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Le Feuilleton de la Ligue 1

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Zato, célèbre et inconnu

La Gazette > 17e journée

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Les abdominaux du ventre mou se contractent de manière cyclique, et voilà que de Valenciennes (5e, 26 points) à Lille (18e, 18 points), on s'agglomère comme des copeaux de bois dans un meuble Ikea. En haut comme en bas, on n'en distingue que mieux les équipes qui se "détachent". Mieux vaut être entre les deux eaux de Nancy qu'entre celles de Sochaux.

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Les résultats de la journée

Strasbourg-Rennes : 3-0
Saint-Étienne-Metz : 2-0
Marseille-Monaco : 2-0
Lorient-Sochaux : 2-1
Toulouse-Lille : 1-0
Caen-Lyon : 1-0
Nice-Bordeaux : 1-1
Nancy-Valenciennes : 0-0
Auxerre-Paris SG : 0-1 
Lens-Le Mans : 1-3


Les 5 gestes de la journée

• L'intervention de Bellaïd en bout de course pour contrer proprement Briand qui avait déclenché une demi-volée puissante, au terme d'un beau mouvement collectif rennais.
• Le lob énervé de Feindouno, qui réussit en finesse ce qu'il avait raté deux fois en force sur Marichez..
• Les deux tacles glissés d'Elmander dans la même action; le premier pour récupérer le ballon à la hauteur de la surface de réparation, le deuxième pour le transmettre à Sirieix qui ne cadre pas sa frappe.
• L’enchaînement contrôle de la poitrine, volée surpuissante du pied droit de Benoît Cheyrou, qui se transforme en passe décisive pour la tête plongeante de Rodriguez en position illicite après avoir déformé la barre de Roma.
• La louche de Benzema, après un contrôle en aile de pigeon, volleyée par Govou avant que Planté n'intervienne.


Les 5 antigestes de la journée

• Le une-deux dans la surface entre Bellaïd et Cassard qui offre un ballon dangereux à Briand que le gardien strasbourgeois parvient à contrer en revenant comme un désespéré.
• La pichenette d'Aubey, juste avant d'emplafonner Runje, qui sert Gervinho dans les meilleures conditions, seul face au but vide.
• Le contrôle orienté de la poitrine de Squillaci en direction de ses buts, et surtout de Gouffran qui ne convertit pas le beau cadeau de Noël.
• La déviation de Squillaci qui rebondit sur Anderson avant d'échoir à Gouffran qui ne rate pas une deuxième fois la cible.
• Le dégagement du gauche dans le vide réussit par Armand avec un superbe chassé du talon droit enchaîné, pour servir Pedretti qui manque le cadre. Moins simpliste que la Cearà de la semaine dernière, la Armand démontre que l’antigeste peut ne pas être dénué d’une belle technicité.


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Venu à la rencontre des supporters en colère, Jérôme Rothen aimerait savoir qui gueule "Ce que je ferais à votre place, c'est changer d'entraînor!" planqué au fond.


La bannette

La L1 Orangina
Romaric (L’Equipe): "Le coach nous a secoués dans le vestiaire. On a passé notre temps à presser".

Le joueur qui a lu le bouquin de Ségolène
Juninho (L’Equipe): "Quand tu perds, c’est normal de s’énerver".

L’entraîneur qui a bien aimé le dernier numéro des Cahiers
Jean-Pierre Papin (L’Equipe): "On s’est suicidés. (...) Ce but gag nous a un peu tués. (...) Cela nous a vraiment tués. (...) Nous sommes malades mais pas morts".

Le directeur des compétitions
José Anigo (om.net) : "Il reste deux matches de championnat, à Bordeaux et contre Le Mans, et on pourra démarrer notre championnat".

Le gardien qui réclame Mendy au mercato
Teddy Richert (L’Equipe) : "On a deux fois l’occasion d’envoyer le ballon en touche. Moi j’aurais bien aimé qu’on l’envoie derrière la tribune".

Le joueur dans sa bulle
Lorik Cana (om.net) : "Il fallait être présent dans les seconds ballons".

Le film à petit budget
Rudi Garcia (L’Equipe) : "Nous n’avons pas les moyens de réaliser de 0-0".

Le surnombre stérile
Laurent Roussey (asse.fr) : "L’ensemble de l’équipe était absent en première mi-temps". Malheureusement, les Messins n'ont pas su en profiter.

L'hypothèse
Francis De Taddeo (asse.fr) : "Nous ne sommes peut-être pas loin d’avoir trouvé un départ intéressant". Le tien?

La logique implacable
Jérémy Toulalan (olweb.fr) : "Ce soir, les Caennais gagnaient leurs duels, ce qui n’a pas été notre cas".

Le bas du tableau
Jérémy Bréchet (L’Equipe): "Il y a un truc qui nous dépasse". Oui, dix-sept équipes.

Le gardien qui n'a rien vu venir
Jérémie Janot (Le Progrès) : "C'est super dur. Je m'attendais à avoir un arrêt à faire en fin de match, sur un coup de pied arrêté ou autre".

Le bluff avec une paire de trois
Ricardo (L’Equipe) : "Notre jeu était trop lisible".

L’opposition déloyale
Achille Ewolo (L’Equipe) : "Après le deuxième but, on a senti que Sochaux baissait les bras". Et tu t’es dit "Mince, Pichot ne va pas provoquer le moindre penalty".

Le remake de Sankukaï
Jérémy Bréchet (L’Equipe) : "Le jeu, c’est la bataille".

Les marchands de bien
• Sylvain Armand (psg.fr) : "Cette victoire fait beaucoup de bien".
• Mickaël Landreau (psg.fr) : "Cela fait beaucoup de bien".
• Zoumana Camara (psg.fr) : "Cela fait énormément de bien mentalement".
• Paul Le Guen (psg.fr) : "Cette victoire nous fait le plus grand bien".



La causerie de Franck Dumas

Lorsqu’une équipe comme Caen parvient à battre le sextuple, on imagine un discours mobilisateur hors du commun de l’entraîneur, une séance de motivation irrespirable proférée par un technicien dont le charisme transcende une équipe. Et puis il y a Franck Dumas, dont Jour de Foot a révélé les derniers mots, susurrés avec la même assurance qu’un Zidane interrogé par Michel Drucker.
"À nous de jouer avec nos qualités déjà. Et puis se lâcher, euh… se faire plaisir, tout en restant dedans, comme on a fait lors du match de Coupe de la Ligue. Prendre du plaisir, et puis euh… pourquoi pas faire rêver les gens au stade?"

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"Enfin, vous faites comme vous voulez les garçons, mais si vous gagnez, ben… ça me fera vraiment très plaisir".


Margotton pète le plomb

En fin de match, Sylvain Armand dévisse dangereusement un dégagement. Benoît Pedretti bénéficie de ce que Gérard Houllier aurait qualifié de crime contre l’équipe. Dans son commentaire, Grégoire Margotton profite de l’action pour souhaiter un joyeux anniversaire subliminal aux Cahiers.
- Laurent Paganelli: "Je pense que La Guille ne va pas le manquer ce geste technique".
- Grégoire Margotton: "Hé, hé, hé... on va suivre les ralentis, sans vouloir s'acharner. C'est pas beau le Micro de Plomb!... Le Marcel d'Or! Qu'est ce que je parle de Micro de plomb moi? Le Marcel d'Or! C'est pas le même métal, ça n'a aucun rapport. En revanche Pedretti, lui, il tente une frappe de plume. Le froid me fait dire de grosses bêtises".



Qui ne saute pas n'est pas marseillais

Au soir de la 17e journée, à quelques encablures de la trêve, la Ligue 1 ne compte qu'une seul entraîneur limogé (Albert Émon) – Guy roux s'étant démis lui-même de ses fonctions. Ailleurs, on a fait front jusqu'à présent, même si Frédéric Hantz et Francis de Taddeo semblent en sursis à Sochaux et Metz. Conjonction astrale favorable, signe de sagesse des dirigeants ou peur de payer de trop lourdes indemnités? Un club comme le FC Metz, qui prépare sa remontée en Ligue 1 quand il y évolue encore, n'a pas forcément besoin de jouer le sketch du choc psychologique.

En Bundesliga aussi, on observe une clémence singulière: seul l'entraîneur de la lanterne rouge Cottbus a été remercié, ce qui tranche avec la tradition locale. Une étude de la fédération allemande (DFL), rapportée par l'AFP, établit en effet une moyenne de cinq coaches limogés au cours des matches aller du championnat sur les quatre précédentes saisons. Ce turnover n'a qu'une efficacité très limitée, à part pour faire illusion auprès des supporters,  mais il a le mérite d'ouvrir le marché de l'emploi à plus de postulants. Imaginez que Sochaux et Metz décident juste d'échanger leurs entraîneurs: cela fermerait la porte aux Francis Gillot, Guy Stéphan et autre Laurent Fournier qui attendent l'ouverture.

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"Ah tiens, même mes secondes sont franchement comptées."



La minute pathologique de Christophe Josse

"Regardez, le Stade Vélodrome qui a fait peau neuve, en tout cas en ce qui concerne les bancs des remplaçants. C'est assez confortable. C'est bien, ça fait sérieux. On voit ça généralement très souvent dans les clubs étrangers, et c'est vrai que ça apporte un cachet particulier au stade. C'est du modernisme, c'est pas du luxe exagéré. Voilà, c'est bien que Marseille emboîte le pas des grands clubs européens".



Le Bakari qui gagne à être Koné

Il était arrivé en Ligue 1 précédé de rumeurs plus que favorables, et c'était Nice qui décrochait le gros lot en l'achetant à un FC Lorient englué en Ligue 2 cette saison-là. Avant d'être adulé au Moustoir, "l'attaquant de poche" (lire "À partir de là") avait été formé à l'Académie de Jean-Marc Guillou à Abidjan, puis récupéré par Christian Gourcuff sous les ordres duquel il évolua brièvement à Al-Ittihad au Qatar.
kone_appl.jpgSur la Côte d'azur, il ne renoue certes pas avec ses stats du Morbihan – ses 24 buts au compteur en 2004/2005 (il est alors meilleur buteur de L2 dans une équipe qui joue le maintien) sont divisés par trois lors de chacune de ses deux premières saisons dans l'élite. L'Ivoirien fait contraster son brio technique avec ce qui devient une réputation de maladresse devant le but. Le joueur n'explose pas, mais presque toujours aligné par Frédéric Antonetti, il fait les bons jours de l'OGCN.

Avec huit réalisations à son actif (dont un penalty) cette saison, il s'exonère du principal reproche qui lui était adressé et accompagne les progrès de son équipe, qui n'est quasiment jamais descendue sous la septième place depuis la 9e journée. Avec la réserve qui le caractérise, Frédéric Antonetti estime que les arbitres assistants, incapables suivre la vivacité du joueur, le privent d'une trentaine d'occasions par saison, ce qui ferait sept à neuf buts selon les estimations du Corse. L'intéressé avoue se sentir "libéré" depuis qu'il a retrouvé une condition physique après son opération à l'épaule.
À vingt-six ans et au bout de trois années de contrat, il sait aussi que sa carrière se joue en ce moment. Et quand on a dans les pieds de quoi en réussir une très belle, il s'agit de ne pas se tromper.



La vanne de la semaine

Attribuée à Guy Carlier, qui confirme avoir un bel avenir dans la compétition, après soixante-dix interminables secondes d’insinuations dispensables sur la sexualité d’Albert II pour préparer sa chute: "À Monaco, on pratique aussi bien la Formule 1 que le yachting. Bref, vous l’avez compris, à Monaco, on est à voile et à vapeur".

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"Attention, humour : je vais vérifier derrière moi, au cas où Albert II se serait introduit… dans le studio!"


L’équipe pauvre type

Sochaliens, Rennais et Lyonnais forment l’épine dorsale de l’équipe pauvre type de la dix-septième journée. Et si les Doubistes et les Bretons paient pour une série de mauvais résultats, à Lyon, c’est la charnière centrale qui est pointée de tous les doigts, histoire de mettre un peu plus de pression avant le rendez-vous d’Ibrox. Le gardien et la pointe sont Lillois, comme pour mieux souligner l’inefficacité des nouveaux reléguables. Quant à Nenê, il est le seul représentant d’une formation monégasque qui aurait peut-être mérité de placer plus de titulaires.

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[Rappel : l'équipe pauvre type est composée en agrégeant les notes de L'Équipe et les étoiles de France Football. Cet exercice ne cautionne pas la notation des joueurs par des journalistes omniscients]



L’envers du championnat
Le football français va retenir son souffle jusqu’à samedi. À vingt heures, les vingt-six mille privilégiés en possession d’un billet pour Saint-Symphorien assisteront à Metz-Sochaux, véritable finale avant l’heure de ce championnat à l’envers. Un nul suffirait aux Grenats pour assurer mathématiquement un titre de champion d’automne.
À en juger par leur performance du Moustoir, les Sochaliens ont pourtant les moyens de faire douter le leader. Ils ont réalisé le match quasi parfait, avec une entame tonitruante qui leur permet de faire la différence après quarante secondes de jeu seulement. Un nouveau but, trois minutes après le retour des vestiaires, souligne que les hommes de Frédéric Hantz reviennent sur la pelouse avec les meilleures intentions, comme il est coutume de dire. Seule une petite erreur sur coup de pied arrêté  aura quelque peu fait frémir Jean-Claude Plessis à dix minutes de la fin.

Mais à Metz, on ne s’inquiète pas outre mesure. Samedi, Francis De Taddeo n’a pas hésité à titulariser Bong, Pouye et Gestede dès le début du match. De quoi faire peur. Relances plein axe, remontées du bloc défensif parfaitement synchronisées avec les passes à l’adversaire, toute la palette y passe. Les Stéphanois, pris au piège, sont contraints de frapper au but. Malheureusement, Marichez fait toujours le geste de trop. Jusqu’à ce que Bassong intervienne pour faire parler son sens du but, en expédiant tranquillement un centre de Dernis dans les filets de Marichez. Gigax lance encore Feindouno dans l'axe, mais le capitaine messin refait un mauvais geste: en voulant se mettre au service du collectif comme Bassong, il pousse le ballon sur la barre! Une nouvelle balle de match est offerte par les Messins. Ultime zigzag de Feindouno flanc gauche, mais cette fois, le Guinéen frappe trop au-dessus de Marichez pour qu'il puisse jouer avec lui. Le ballon retombe dans les filets, de dépit.

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"On lâche rien les gars, hein! Et souvenez-vous: le premier qui essaye de marquer un but, je l'attrape, et je lui pète toutes ses dents!"

Désormais à six petites longueurs du podium, le Stade rennais enchaîne. L’équipe affirme une telle maturité que Pierre Dréossi ne cache plus ses espoirs au micro de Canal: "Je pense qu'on est un peu sur le retour. C’est-à-dire qu'on revient, on revient. J'ai vu des choses intéressantes". Tremblez, Lillois! En posant un pied timide sur le podium, vous êtes entrés dans la ligne de mire d’un club que l’on sait capable de tous les exploits…
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