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Petits et grands chantiers de l'UEFA

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Le PSG décomposé

La Gazette, numéro 30

C'était prévu, il n'y aura pas de projet commun de réforme des transferts présenté vendredi à Bruxelles. Moins attendu mais tout aussi logique, Jean-Pierre Hureau tacle sévèrement les nouveaux patrons de la Ligue. Enfin la Lazio ne recule devant rien pour défendre son action…
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Ultimes désaccords
Comme prévu, les différentes composantes du foot pro n'ont pas réussi à s'entendre pour présenter un projet commun à la Commission européenne. Cette dernière receptionnera donc jeudi un fax de la FIFA comportant un projet incomplet avec les points faisant accord, avant de recevoir les différentes délégations vendredi.
Les représentants des joueurs ont une nouvelle fois claqué la porte, répétant pour la dixième fois qu'on ne les y reprendra plus. Le point de désaccord est en effet toujours le même depuis plusieurs semaines et concerne les conditions de résiliation des contrats. Sous la pression des clubs, l'UEFA avait introduit le G14 autour de la table et durci ses positions, ne serait-ce qu'envers la FIFA (voir Gazette 29), et aucun rapprochement n'a été possible. Les clubs n'ont pas voulu transiger sur la durée minimale de trois ans ferme pour laquelle les pros devraient s'engager (lesquels transigeraient à deux ans obligatoires)… Selon Philippe Piat (AFP 12/02), vice-président de la FIFPro, les dirigeants auraient proposé qu'un joueur puisse rompre son engagement à n'importe quel moment, à condition qu'il subisse une suspension de 12 mois! Les deux parties évoquent le motif de la stabilité des contrats, mais avec des interprétations qui divergent totalement en fonction de leurs intérêts.
Reste à savoir si les commissaires européens parviendront à concilier les points de vue ou s'ils seront contraints de trancher, avec les risques de mécontentement de part ou d'autre que cela risque de provoquer, sans parler des différents recours juridiques, voire de la guerre ouverte que pourrait déclencher le lobby des clubs.

Hureau à balles réelles
Nouvelles preuves de la crise ouverte à la LNF, taguée comme un vulgaire centre d'entraînement, les voix des opposants au pool Darmon-Aulas-Campora-Martel s'élèvent pour dénoncer le désordre ambiant. Jean-Pierre Hureau, ancien président du Havre AC doublement malheureux de la relégation de son club et de la défaite de Noël Le Graët, s'est ainsi exprimé dans l'Est-Républicain dans des termes assez sévères.
Il dénonce l'emprise du "bureau" de la Ligue (créé au lendemain des élections de juillet et qui est devenu le pouvoir exécutif que l'on craignait —voir La Ligue aux mains des gros et des ambitieux, 07/07/2000). "Maintenant, ce sont les prétendus grands clubs, ceux qui ont pris le pouvoir, Martel, Campora ou Aulas, qui décident de tout", réduisant le Conseil d'administration au rôle d'observateur. "Avant, nous étions une Ligue organisée, aujourd'hui elle travaille pour quelques clubs intéressés (…) leur ambition est telle qu'ils sont complètement aveuglés. Ils n'en ont rien à faire du reste". Hureau n'a pas peur des paradoxes, puisqu'il défend presque le président de la Ligue: "Heureusement que Bourgoin est là. C'est peut-être le seul qui pourrait faire barrage à une mainmise totale. Le vrai chef de file est Aulas. En ce moment, le pouvoir est dans les mains de trois hommes: Aulas, Martel et Campora. Pour quoi faire? Rien!". Car autre paradoxe, "entre ce qui se passait sous l'ère Le Graët et ce qui se passe maintenant, rien n'est change. Hormis les dysfonctionnements" (www.estrepublicain.fr, merci au lecteur qui nous a signalé cet interview).
Faut-il s'en plaindre, mais depuis leur intronisation, les membres du Club Europe se sont effectivement montrés d'une remarquable inefficacité, y compris dans les domaines où ils se vantaient de faire des miracles (marketing, droits télé, Internet etc.).. "L'expérience élististe" a déjà du plomb dans l'aile et avec ce qui lui tombe sur la tête, un renversement de majorité semble de moins en mois improbable.

La parole et l'action
Encore une conséquence de la collision entre sport, affaires et affairisme. La Lazio entend réclamer plus de 200 millions de francs de dommages et intérêts à Fabio Capello, coupable d'avoir demandé des sanctions lourdes à l'égard des laziali (incluant la perte du titre 2000), pour avoir aligné un joueur ayant fraudé afin d'obtenir la nationalité italienne (Veron). Le titre de la Lazio avait chuté à la bourse après ces déclarations, et les actionnaires du club romain en ont conçu un préjudice dont ils veulent obtenir réparation devant la justice civile. Pour entamer une procédure, la Lazio a besoin de l'agrément de la Federcalcio, et cette démarche pourrait n'être qu'une nouvelle gesticulation dans le feuilleton des conflits entre les deux rivaux romains. Elle pourrait cependant servir de parabole pour stigmatiser la façon dont le financiérisme qui envahit le football conçoit la liberté d'expression et ses propres responsabilités vis-à-vis des règlements sportifs…

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