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Christophe Zemmour

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Matchbox - Chili-Espagne: 1-2. Retardés par les horlogers suisses, les Espagnols sont finalement à l’heure des huitièmes grâce à une victoire aux circonstances heureuses.
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Loftus Versfeld Stadium, Pretoria
Buts : Millar (47e) pour le Chili ; Villa (24e), Iniesta (37e) pour l’Espagne.

Chili : Bravo – Isla, Medel, Ponce, Jara – Estrada, Vidal, Gonzalez (Millar, 46e) – Sanchez (Orellana, 65e), Valdivia (Paredes, 46e), Beausejour .
Espagne : Casillas – Ramos, Puyol, Piqué, Capdevilla – Busquets, Xabi Alonso (Martinez, 73e) – Iniesta, Xavi, Villa – Torres (Fabregas, 55e).

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La nalyse

Vicente Del Bosque opère un seul changement par rapport à l’équipe victorieuse du Honduras, en lançant Andres Iniesta à la place de Jesus Navas.

Débuts piquants
Vifs dans les duels, toniques et entreprenants, les Chiliens exercent un pressing étouffant sur le porteur du ballon, enrayant la circulation de balle espagnole. Initiant ses offensives à partir de ses hommes de couloir, la sélection chilienne déséquilibre la défense espagnole avec des passes latérales dans l’axe qui créent situations de tirs et des brèches dans lesquelles s’engouffre notamment Beausejour. L’Espagne n’arrive pas à imposer son jeu habituel et n’apparait pas sereine, à l’image de ces nombreux ballons perdus et de Casillas qui dégage du poing un centre-tir de Sanchez en apparence peu dangereux (14e). Quand Xabi Alonso ou Andres Iniesta arrivent à s’engouffrer dans l’axe de la défense adverse, leurs passes en profondeur sont interceptées.

Erreurs cher payées
Le défenseur Ponce ouvre à la dix-neuvième minute le bal des cartons jaunes idiots, pour un coup de pied inutile sur Torres, imité par Estrada deux minutes plus tard pour un tacle en retard. Ces erreurs se couplent à celles de Valdivia, qui oublie complètement le ballon dans son crochet face à Xabi Alonso, et de Bravo qui, sur la même action, effectue une sortie un peu hasardeuse dans les pieds de Torres lancé. Le ballon revient sur Villa qui marque des 35 mètres dans le but vide, d’un joli plat du pied gauche (24e). L’Espagne, qui ne réussissait plus à poser son jeu et à se créer des occasions, est toute heureuse de mener au score.
Les Chiliens continuent d’appliquer leur plan de jeu et prennent leur chance de loin, les Espagnols passant plus de temps à défendre, à contrer (Puyol sur une frappe de Sanchez et Xabi Alonso sur Isla) et à dégager qu’à construire. Lancé côté gauche, Beausejour est même tout près d’égaliser, contré au dernier moment par Piqué (34e).

Le tournant du match survient quand Torres trébuche après un contact involontaire avec le pied d'Estrada et reste à terre. Iniesta, bien servi dans la surface par Villa, double la mise d'un plat du pied droit. Deuxième carton jaune pour Estrada, qui quitte ses coéquipiers, lesquels vont passer une fin de première période pénible, à courir après le ballon et à commettre beaucoup de fautes.

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Vite revenus, mais vite éteints
Les Chiliens repartent rapidement à l’attaque dès l’entame de la seconde période. Millar, fraichement entré, voit son tir contré par Piqué prendre à contrepied Casillas. Cependant, cette réduction du score n’empêche pas les Espagnols de retrouver rapidement la possession du ballon. Par un pressing haut, ils annihilent le jeu de leurs adversaires qui ont du mal à sortir de leurs trente mètres.
Villa se crée des opportunités, sur un ballon piqué de Fabregas (60e) et des services de Xavi (63e) puis Iniesta (64e), mais il est repris par la défense chilienne avant de tirer au but. Busquets se montre très utile en coulissant côté droit pour couvrir les montées de Ramos, et récupère un grand nombre de ballons.
Même repassé à trois en défense, le Chili ne peut proposer mieux qu’une frappe non cadrée (75e), les ballons exploitables se faisant de plus en plus rares avec le temps et la fatigue. La rencontre se termine mollement, entre une équipe espagnole qui fait tranquillement tourner le ballon, et des Sud-Américains qui ne viennent plus les chercher.

Sans conséquence, puisque les deux formations, par la grâce du nul de la Suisse face au Honduras, sont qualifiées pour les huitièmes de finale.

 

Beausejour.jpgLe joueur à suivre

Auteur du premier but de son équipe dans la compétition, Jean Beausejour est en train d’en passer un en Afrique du Sud. Très actif, il s’est illustré par une facilité technique et une vivacité qui ont mis à mal la défense espagnole. N’hésitant pas à prendre sa chance de loin, il est surtout au cœur du bijou collectif du match, intervenu à la dixième minute. Sur une passe d'Isla venue de la droite, Beausejour laisse passer entre les jambes pour Valdivia qui lui remet instantanément, profitant de l'espace laissé par Piqué qui a mordu dans la feinte. En première intention, Beausejour adresse un centre en retrait légèrement contré par Ramos qui file vers un Gonzalez lancé... qui reprend du tibia et ne cadre pas.

 

Les observations en vrac

• Christian Jeanpierre qui crie "Piquuééééééééé" alors qu’il a le ballon à trente mètres du but adverse, avec devant lui huit joueurs adverses et deux rideaux à franchir, c’est parce que ses modèles sont Avi Assouly et Jean Resseguié, ou c’est parce qu’il veut lui donner une indication de frappe?
• Des joueurs qui se nomment Bravo, Vidal ou Beausejour, un drapeau aux couleurs bleue, blanc et rouge, une tenue qui rappelle celle de Lille, un jeu agréable et généreux: ce Chili-là pourrait-il être être notre Sénégal 2010?
• On s’est aperçu que la paranoïa à la française avait gagné du terrain quand Jean-Michel Larqué s’est demandé qui a bien pu dénoncer Estrada sur la chute de Torres.
• On n’a toujours pas compris pourquoi Capdevila a eu le droit de rejouer sa touche complètement ratée.
• David Villa est un joueur extraordinaire: avec son coup franc manqué, il a réussi à faire sourire Del Bosque.
• Fernando Torres doit être le Samson de la sélection espagnole, quand on voit comme il a perdu son jeu en même temps que ses cheveux.



Le match de TF1

Le duo titulaire de TF1 (Christian Jeanpierre–Jean-Michel Larqué) s’est encore brillamment illustré, avec un florilège de mots prononcés avec l’accent espagnol et de fausses assertions instantanément démenties par les images.
Après avoir d’abord déclaré qu'Iniesta débutait son Mondial avec ce match, Jean-Michel Larqué a tenté de caser sans succès ses "feuilles mortes" qu’il voyait constamment partir des pieds chiliens. Tout d’abord sur le centre raté de Sanchez non cadré qu’il voit tomber dans la lucarne de Casillas, ensuite sur le but de Millar – qui est en fait une frappe plat du pied premier poteau contrée par la rotule de Piqué. S’il met presque une mi-temps pour s’apercevoir qu’il a fait une erreur sur le résultat du récent Chili-Suisse, il n’arrête pas en revanche de se reprendre en deuxième période, lorsque les ralentis le contredisent sur les positions de hors-jeu et le nom des joueurs.

De son côté, Christian Jeanpierre n’a cessé de marteler qu’un des défenseurs chiliens ne finirait pas le match à cause de leur énervement. L’expulsion de Estrada est pour lui l’occasion d’affirmer que sa prédiction était juste, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive sur le ralenti que la chute de Torres est due à un croc-en-jambe involontaire.



Vu du forum

=>> nard – vendredi 25 juin 2010 – 21 :01
Coup franc aérien de Villa. Il est écrit en japonais le mode d'emploi du Jabulani?

=>> Tricky - vendredi 25 juin 2010 - 22:20
Bon, la chance de l'Espagne (qui réussit quand même à s'en prendre un à 11 contre 10), c'est qu'ils ne vont pas tomber tous les jours sur le remplaçant de Matuidi pour annihiler leurs efforts en vue d'atteindre les 80% de possession de balle.
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