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Live at Wembley

Le 26 mai, c'était hier

Les lecteurs des Cahiers du foot ont ressorti leurs souvenirs du sacre européen de l'Olympique de Marseille à Munich...

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Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille remporte la finale de la Ligue des champions face au Milan AC. Munich, Boli, Tapie, Barthez, corner, Deschamps, talkie-walkie, Rijkaard, Massaro, Roger Zabel, VA-OM: autant de mots-clefs qui reviennent à l’esprit quand on évoque cette soirée inoubliable. Chacun se souvient de ces moments où un club français a enfin remporté une Coupe d’Europe, et de ce qu’il faisait ce jour-là. Et la cédéfie en particulier, qu’elle fût jeune, vieille, exilée, domestique, marseillaise de sang et de coeur ou non.

 


 


Festifs avant l’heure

Le staff de l’OM ne veut pas répéter l’erreur de Bari et décide une mise au vert décontractée avant la finale. Les images sont printanières, ensoleillées, souriantes. Les joueurs sont en manches courtes, rigolent avec leur ex-coéquipier Chris Waddle venus leur rendre visite dans leur paisible retraite. À Marseille, la ville entière attend son heure. Il fait beau, les drapeaux sont accrochés aux fenêtres. De la cité se dégage une atmosphère joyeuse, l’espoir est de mise, la peur de la défaite bien loin. De souvenir de Marseillais, on ne retrouvera cette ambiance si particulière qu’en 2004, avant la finale face à Valence.
 

À la télévision, TF1 dédie une journée spéciale à l’événement. Le journal et l’émission Coucou, c’est nous! sont en direct depuis les tribunes de l’Olympiastadion. Toto le Zéro se souvient de “Dechavanne discutant avec des supporters de l’OM et de Roger Zabel venu parader avec son sempiternel blazer”. Il y a quelque chose de spécial dans ce mercredi printanier, où l’envie et l’attente d’un grand événement sont plus grandes que la crainte de le rater. L’OM et le football étaient les priorités, comme pour Jean-Manuel Tétris(te) qui sort de son dernier partiel pour préparer un méga-barbecue avec piscine, et surtout filles en maillot de bain dont il se désintéressera. Josip R.O.G. a sa fille de six mois sur les genoux et elle ne s’endormira pas une seule fois.
 


Angoisse et miracle

Quand le match commence, la tension monte tout de suite, prenant la place de la décontraction. En face, c’est le grand Milan AC et ça fait peur. Éric Di Meco confiera plus tard qu’il avait trouvé ses adversaires impressionnants physiquement lors de l’entrée des joueurs. Ba Zenga torture une pince à linge sur son canapé, syle en oublie ses pizzas, mais personne ne se défile malgré les coups de butoir de Massaro et van Basten. Barthez fait des miracles: arrêt du pied, réflexe, sortie, réussite. De son côté, Boksic ne parvient pas à lober Rossi, tandis que Völler voit sa frappe du gauche repoussée par ce dernier. La finale est en fait plus ouverte qu’en 1991, bien qu’il semble s’en dégager une bataille féroce entre artistes et combattants.
 

Juste avant la mi-temps, Abedi Pelé tente de déborder Paolo Maldini qui parvient à tacler le ballon qui rebondit sur l’épaule du ghanéen avant de sortir. Non, il n’y a pas corner, mais le corps arbitral en décide autrement. Essoufflé, le père d’André et Jordan le botte: le ballon atterrit sur le crâne de Boli qui croise sa reprise. Rossi ne bouge pas, Rijkaard est battu dans le timing, Baresi ne fait que tenir le défenseur marseillais: 1-0. MinusGermain prend son père dans ses bras, tandis celui de dugamaniac crie assez fort pour lui donner envie de sauter de joie. Ba Zenga ne voit même pas le ballon entrer tout de suite. Pour Gone’n’Rosette, ce sera la seule phase du match qu’il aura pu voir.
 


45 minutes pour vivre

Pour Géant Casoni, présent au stade, quelque chose s’est passé: “Je me souviens de cette fameuse 44e minute et de l'hystérie collective dans les tribunes, ce n'est qu'à partir de là que je me suis autorisé à vraiment y croire malgré ce que je ressentais comme une véritable malédiction flottant sur le club, à savoir les expériences douloureuses du côté de Lisbonne et Bari.” Oui, plus qu’une mi-temps à tenir. Barthez boxe un ballon des deux poings et la tête de van Basten au passage. Papin entre en jeu et un sentiment mêlé de nostalgie et de crainte gagne les rangs marseillais.
 

Frédéric Brandao témoigne: “Une brève angoisse à l'entrée de Papin... mais ce n'était déjà plus lui, en fait (ce qui m'avait franchement déprimé, il me semble...)”. JPP est une nouvelle fois dans le mauvais camp, puisque sa reprise est trop croisée. Il monte son pied un peu trop haut sur Barthez et le Milan ne parvient pas à égaliser. L’arbitre siffle trois fois et le calvaire prend fin pour la mère de syle, qui “se rongeait les ongles et poussait un soupir à chaque fois que le danger était repoussé”, pour Beau 6 “obligé d’écouter à la radio le dernier quart d’heure suite à une coupure de courant” et pour Marius T qui ne veut pas voir la fin du match, “planqué dans la haie du jardin familial”.
 


À jamais les premiers

Enfin, la malédiction des trente-sept années est passée, comme le souligne feu Thierry Roland. Géant Casoni pleure “comme une midinette”, Ba Zenga est fou de joie, mais ne verse pas de larmes, comme Boli et lui-même le lui ont fait promettre. Frédéric Brandao a encore en tête “les lunettes 100 % Assurance-Maladie de Pascal Praud qui va à la chasse aux interviews et Tapie qui montre un bref instant d'humanité”. Selon Géant Casoni, “la clameur est impressionnante lorsque Deschamps soulève le trophée”.
 

La fête continue dans la rue pour certains. Exilé à Reims, j’y suis Gerets trouve à sa grande surprise un centre-ville en feu, qui boit le champagne à la bouteille et embrasse sa voiture immatriculée 13 à genoux. Géant Casoni témoigne d’une soirée folle dans les pubs munichois et d’une grande fierté à arborer les couleurs du club dans les rues de Strasbourg lors du voyage retour. Plus tard, l’accueil des joueurs dans les airs (j’y suis Gerets contrôleur de l’Airway empruntée par Munich-Marseille) et à domicile est grandiose. We are the champions et à À jamais les premiers deviennent des devises marseillaises qui résonnent encore dans les têtes de patrice, Frédéric Brandao et Barton rompu. Pour ce dernier, la fête au Vélodrome avec Boli qui fait chanter tout le stade, reste “le plus beau souvenir, plus encore que le match lui-même”.
 


Fondations et destructions

Pour certains, il s’agit d’un acte fondateur. La passion de Ba Zenga a décollé à ce moment-là (il se définit comme un ”Munix”), Troglodyt regardait alors son “premier match à la télévision”. MinusGermain devient supporter de l’OM, Van Der Wiel Age People a lui “l’impression d’évacuer des années de frustration pour le football français de club”. Le lendemain du match, Tonton Danijel chambre un camarade parisien et un autre italien. Il y a bien des gens qui rêvent, comme Frédéric Brandao qui passe plusieurs jours “à refaire le match, l'action, le centre, la tête, dans la cour de l'école”. Licha Sauvage se remémore son numéro du Journal de Mickey titrant "BRAVO L'OM !" avec une photo de Boli tenant la coupe.
 

Pour autant, on n’en oublie pas “la descente aux enfers si violente” qui suivra, avec l’affaire VA-OM. Pascal Amateur avoue avoir eu un cri forcé lors du but pour “se convaincre de sa joie”. Ces joueurs ne le font plus rêver et Rose & Borg ”regrette l’absence de Chris Waddle”. De même, animasana pense que “gagner à Bari avec Waddle et d'autres, ça aurait eu plus de gueule”. Au final, peu importe que cet événement ait été entaché ou vécu de façon différente selon les uns et les autres, il reste un souvenir indélébile. Et c’est ce que le football a surement de plus fort à offrir.

 

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