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Pourquoi je supporte Auxerre ?

Le degré zéro de la déblatération

La nullité intersidérale de l'émission On refait le match arrive encore à nous plonger dans la stupeur. Nous avons retranscrit les dix premières minutes du talk show de lundi... Pour témoigner devant l'histoire. Pour que les archéologues du futur essaient de comprendre comment notre époque a tourné le dos au long processus de civilisation.
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Il aurait pu nous venir à l'idée de rédiger une parodie de l'émission On refait le match. Mais il nous serait impossible, au travers d’une fiction, d’atteindre le niveau de la réalité. Rien de tel qu’un bonne vieille polémique arbitrale pour réveiller les résidents de la maison de retraite d’RTL et provoquer une levée de déambulateurs à peu de frais. Livrées ici en intégralité, les dix premières minutes de l’émission furent consacrées à la désintégration en règle d’un arbitre qui, pour une fois, n’avait été stigmatisé par aucun entraîneur ou président. Ou quand les journalistes réussissent à s’abaisser au niveau de la supposée médiocrité qu’ils espèrent dénoncer.

Saccomano
: On refait le match, avec les informations de ce week-end pascal de football. Hervé Pissirello (1) et l’OM, renvoient Lille à la 8e place. Evidemment nous allons parler de cela dès le début […] On va démarrer sur l’affaire Pissirello, car vraiment, Hervé Piccirello, Piccirillo, car il fait l’actualité. Alors, on lui dit tout de suite: on lui en veut pas à lui personnellement. (Rires gras) Non mais c’est vrai, c’est pas qu’on fout le camp, qu’on est hypocrites, on en veut pas à lui, tout le monde peut se tromper, les joueurs passent à côté d’un match mais on va établir, ou rétablir les faits et fatalement, on va un peu le démolir. (Rires gras) Alors je pense que Mr Pissirello, je pense qu’il a coupé toutes les radios, il a éteint toutes les télés, et il a pas lu un journal depuis ce matin (2).
Praud
: Et hier soir il avait fermé les yeux manifestement.
Saccomano
: Et hier soir il avait également, bravo Praud. il avait également fermé les yeux parce qu’à la neuvième minute de ce match, dites nous un peu Hervé Penot, vous étiez sur place.
Penot
: J’étais sur place et donc y’a un tacle tout à fait régulier d’Emerson, Emerson finalement y’a penalty, il est expulsé, donc l’équipe de Lille se retrouve à dix, après il donne une petite compensation pour faire 1-1 mais Lille se retrouve toujours à dix et les autres à onze. Un bon Hervé Piccirello. N’oublions pas que la semaine précédente, il avait arbitré le Lyon Bordeaux, et on sait pas comment Jurietti a fini le match.
Saccomano : Voila, il faut préciser aussi que sur cette action, sur l’action qui amène le premier penalty d’Emerson, il est à…on va pas dire vingt champs, il est à 25 mètres derrière l’action, l’action qui lui tourne le dos, donc je me demande comment il peut voir un penalty, et d’ailleurs les images nous montrent alors effectivement, toujours pareil la vidéo hein, c’est pas l’arbitrage, qui nous montre qu’il n’y a pas faute du tout!
Penot
: Ce qui est terrible c’est que toutes les décisions qu’il a prises ont été mauvaises.
Praud
: C’est surtout ça parce qu’il y a deux penalties qu’il siffle, les deux sont injustifiés, y’en a deux autres qu’il oublie.
Saccomano
: Un autre.
Lunel : Un autre.

« C’est un enchaînement tragique de décisions, comme dans une pièce grecque qui aboutit à la mort de la Ligue 1, mais elle était déjà translucide ».

Praud
: Si vous voulez, un autre, y a l’expulsion qui est pas valable, et y a un carton jaune qui est donné à Ribéry pour une faute qu’il n’a pas commise. Ca fait beaucoup.
Robière
s : Avant que Mr Pitsirelli éteigne le poste.
Saccomano
: Pitsirello.
Robière
: Pitsirello éteigne le poste, rendons lui un peu de cohérence quand même, l’expulsion elle est obligatoire à partir du moment ou il siffle le penalty, au moins là il est cohérent, il siffle le penalty sur la faute d’Emerson.
Saccomano
: Parce qu’il suppose que c’est une faute venue de, enfin, parce qu’il tacle par derrière.
Verdez : Comme dit Guillaume, c’est un enchaînement tragique de décisions, comme dans une pièce grecque qui aboutit à la mort de la Ligue 1, mais elle était déjà translucide, mais là vraiment vous infuser ça après cette journée ou y avait pas eu de but, nous infuser ça c’est…
Praud
: Non mais le problème d’Hervé.
Verdez
: Moi je crois qu’on peut pas lui en vouloir à cet arbitre.
Robière
: On sent bien simplement qu’il s’est rendu compte de sa première erreur qui évidemment avec des conséquences graves puisque le penalty accordé ensuite aux Lillois est une compensation évidente.
Lunel : Le pauvre Emerson, faut penser à lui c’est son premier match en L1, on n’oublie pas qu’il a été recruté au mercato d’hiver par Lille, c’est son premier match, premier titulaire, il joue donc huit minutes et il est expulsé, il a vraiment pas de chance.

« Pourquoi il a arbitré la Coupe de la Ligue ? Ben parce qu’il ne l’avait déjà pas arbitrée avant ».

Praud
: Le problème d’Herve Pitsirillo et c’est pas gentil ce qu’on va dire, c’est que si c’était la première fois, mais il est dans tous les mauvais coups, monsieur Pitsirillo depuis dix ans.
Penot
: Expliquez moi comment il peut arbitrer la finale de la Coupe de la Ligue.
Saccomano
: Praud va vous l’expliquer!
Praud
: Vous savez qu’avec l’égalitarisme qui aujourd’hui est la règle dans plein de domaines mais aussi dans le football, ça a une conséquence directe c’est que quand tu as arbitré une finale, tu peux pas en arbitrer une autre. Ca veut dire que le meilleur arbitre de la Coupe de la Ligue, ben on pioche en dessous! Tout ça pour que tout le monde ait son bonbon! Ça s’appelle de l’égalitarisme! On met tout le monde sur le même pied les amis!
Robière
: Ce serait le deuxième meilleur arbitre français alors, c’est ça?
Penot
: Pourquoi il a arbitré la Coupe de la Ligue?
Praud
: Ben parce qu’il ne l’avait déjà pas arbitrée avant. Et que d’autres, qui étaient meilleurs, l’avaient déjà arbitrée.
Penot
: C’est incompréhensible! Ca veut dire quoi? C’est le meilleur ou c’est pas le meilleur?
Praud
: Quand tu as arbitré une finale de la Coupe de la Ligue, tu peux plus en arbitrer une autre. Donc t’es obligé de piocher en dessous, comme le dit Eugène, ad vitam æternam!
Saccomano
: Non, pas ad vitam æternam. Je pense que…
Praud
: Mais ça fait des années que la Coupe de France est arbitrée chaque année par un arbitre différent, ça vous a échappé mais c’est un fait.
Penot
: Je pensais pas que Piccirello aurait cet honneur là.
Praud
: Alors que Vautrot ou Quiniou ont arbitré trois, quatre finales de Coupe de France.
Saccomano
: Alors, il y a ce penalty ensuite, FLAGRANT sur Niang parce qu’il lui tient le bras, tout le monde le VOIT! Et là il est à…et ça dure un moment hein! Sur trois, quatre mètres, il tire, il lui tient le bras et là il siffle rien du tout. C’est terrible! Terrible! Alors ou il est mauvais, il est pas malhonnête ça on en est sûr, mais il est mauvais! Ou alors il pense oh la la, j’ai merdé le premier coup, comment je vais faire pour me rattraper.

« D’ailleurs, tous ceux-la, à part Poulat, les trois, quatre très bons sont tous arrogants et prétentieux ».

Robière
: Il est mauvais… A priori il est pas très bon ça c’est clair et puis y’a une sorte d’enchaînement qui pollue son match jusqu’à la fin et qui fait que toutes ses décisions sont à peu près contraires à la réalité.
Verdez
: Ce qui est un peu énervant, c’est que stigmatiser les arbitres quand ils sont mauvais, on l’a fait depuis longtemps, et rien ne change, et rien ne change. Pourquoi, ce monsieur qui est très estimable à titre personnel vraiment je l’apprécie sûrement beaucoup mais pourquoi est-il encore arbitre? Est-ce qu’on peut m’expliquer ça?
Penot
: Non mais il a le droit d’être encore arbitre, mais pourquoi on lui colle…
Saccomano
: C’est la valeur des arbitres français, y en a trois, quatre, y a Duhamel…
Praud
: Y a Poulat, qui est remarquable.
Saccomano
: Bon, y’en a quelques un comme ça, y’a aussi. D’ailleurs, tous ceux-la, à part Poulat, les trois, quatre très bons sont tous arrogants et prétentieux, mais bon! Ils sont bons alors on va leur pardonner.


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La quantité de conneries débitées en une seule émission a atteint ce lundi le chiffre effarant de 5767, en hausse de 0,45% par rapport à la semaine dernière.

Penot
: Ah non Gilles, je suis pas du tout d’accord avec toi, parce qu’en dehors de Pitsirello, les autres sont entre moyen moins et puis certains relativement bons. Lui c’est vrai que c’est un cas.
Lunel : Moi je comprends pas pourquoi on instaure systématiquement cette retraite des arbitres. Pourquoi on les laisse pas jouer, officier plutôt, tant qu’ils sont capables de le faire. On a eu d’excellents arbitres, mis à la retraite d’office parce qu’on considère qu’ils étaient trop vieux.
Praud
: Magali a évidemment raison, ça n’a pas de sens d’interdire un arbitre après quarante-cinq ans. Y’avait Gilles Veissière, moi je suis pas un fan de Gilles Veissière à titre personnel
Saccomano
: Verdez non plus mais bon.
Praud
: Mais pour le coup à titre professionnel, c’était un bon arbitre, eh bien il ne peut plus arbitrer ! Il arbritre en direct euhh.

« Et heureusement que Yepes n’est plus là, sinon il y aurait des penalties encore ».

Penot
: Ce qu’il y a c’est qu’un match comme ça fausse une partie du championnat. Voilà.
Praud
: Et bravo à Claude Puel hein. L’élégance de Claude Puel, vraiment.
Saccomano
: Il y a eu les matches à Nancy, il y a eu plusieurs matches à Nancy, c’est bizarre, ça s’est passé à Marcel Picot, il y a eu plusieurs matches où les arbitres ont complètement dérapé. D’abord le fameux match avec Paris Saint Germain, puis le match c’était lequel?
Penot
: Et heureusement que Yepes n’est plus là, sinon il y aurait des penalty encore.
Saccomano
: Ah ouais ouais. Bien, alors ensuite c’est vrai que à propos de penaltys, il y a Chapron qui en siffle un, on lui reproche, les Nancéens lui reprochent ce penalty mais effectivement, là il applique une règle qui a été développée en début de saison par les arbitres français.
Praud
: Il y a que lui qui l’applique parce que c’est lui qui avait sifflé contre Yepes, à Sochaux, en début de saison.
Saccomano
: Parce que vous avez vu! Le défenseur ceinture carrément son adversaire dans la surface de réparation, penalty! Penalty, penalty.
Verdez
: Mais vous décrivez très bien la crise qui nous frappe collectivement Eugène.
Saccomano
: 1900 ! Pardon, allez y.
Verdez
: Je vous en prie. Tant qu’il n’y aura pas un pouvoir fort, stable, intelligent, à la tête de l’arbitrage français, on sombrera dans ces errements et dans ces tourments.
Saccomano
: Alors là je le crois aussi. Alors je vous disais 1982, Rocheteau ceinturé par un Allemand à Séville, penalty…
Praud
: Il est dur parce que Marc Batta est vraiment quelqu’un d’estimable.
Saccomano
: C’est restrictif dans votre bouche estimable?
Penot
: On n’est pas en train de parler de gens estimables, on est en train de parler de gens compétents, c’est un autre problème ! Il faut mettre des gens compétents à des postes importants.
Praud
: La chose qu’on pourrait demander c’est qu’effectivement, ben quand on n’est pas bon, arbitre de foot, on puisse être sanctionné.
Saccomano
: Ah ils sont sanctionnés. Administrativement, il va l’être.
Praud
: Mais moi je voudrais la note de monsieur Piccirillo.
Penot
: Mais Pascal, il est possible qu’il n’ait que 17/20 pour le match qu’il a fait.
Saccomano
: Ca dépend du syndicat auquel il appartient. Auquel appartient, d’abord Pissirillo, et ensuite l’observateur, comment on l’appelle déjà, le contrôleur ! Alors s’il appartient à l’un des trois syndicats, ben il va donner une bonne ou une mauvaise note à Pesserello, S’il est dans le même syndicat que Pissirello, y’a l’AFA maintenant, y’a l’UNAF et y’a le troisième, je sais plus comment il s’appelle.
Robière
: Tout ça n’est pas bien crédible.
Saccomano
: Non, tout ça n’est pas clair.
Robière
: Il faut que le président de la Ligue qui a la charge du championnat tape un peu sur la table.
Saccomano : AH MAIS MAINTENANT Y EN A MARRE DES PROBLEMES D’ARBITRAGE, je suis d’accord avec toi Guillaume. Il faut le régler d’une façon définitive, soit par le président de la Ligue, mais, tu le sais aussi, l’arbitrage dépend de la fédération. Donc il faut un accord entre la Ligue et la Fédération pour rétablir une autorité…
Verdez
: Y’en a plus.
Saccomano
: Une autorité euh…tiens à propos il m’a dit «J’aimerais bien rencontrer Verdez» notre ami euh…euuh… Escalettes!
Verdez
: Vous vous souvenez même pas de son nom!
Saccomano
: Escalettes! Bien, alors, cela étant dit, on va parler quand même du match. Alors on se demande si bon, si il n’y avait pas eu tous ces problèmes, est-ce que Marseille aurait balayé Lille.
Praud
: Oui !

Le débat se poursuivra pendant dix secondes sur les qualités du match de Marseille, avant d’enchaîner longuement sur la non titularisation de Djibril Cissé.


Quelques observations en vrac
> Vu le niveau des propositions formulées lors du débat, on ne peut que s’insurger comme Gilles Verdez de l’inefficacité de ce genre d’émissions sur l’amélioration des problèmes d’arbitrage.
> Sur l’échelle des corporations sur lesquelles on a le droit de cracher, l’entraîneur se situerait donc légèrement au dessus des arbitres.
> Peut-on légitimement exiger qu’il y ait plus de bons arbitres en faisant tout pour dissuader les vocations?
> Il est amusant de constater que les chantres de l’arbitrage vidéo n’ont pas remarqué que, sur le penalty accordé à Lille, ce n’est pas le mouvement du bras de Rodriguez qui est sanctionné, mais le fait – certes moins visible à la télévision mais parfaitement jugé par M. Piccirillo – qu’il s’essuie les crampons avec application sur le bassin de Fauvergue. De ce fait, la décision de l’arbitre est tout à fait valable et ne peut aucunement être qualifiée de compensation.
> Et sinon, ils le refont quand alors, le match ?
> Est-il venu à l’esprit des "débatteurs" que si ça se trouve, les arbitres s’amusent à étalonner leur niveau de compétence sur celui des observateurs?
> Est-ce que les chroniqueurs attendent Saccomano en chantant son nom dans la salle de démaquillage pour lui demander de doubler leurs primes après une performance collective de ce niveau-là?
> Pourrait-on enfin rouvrir dans ce pays le débat du rétablissement des châtiments corporels concernant le coiffeur de Gilles Verdez?


(1) L’arbitre en question se nomme Hervé Piccirillo, qui se prononce Pitchirillo. Les orthographes variables consignées ici tentent de reproduire aussi fidèlement que possible les libertés prises par les intervenants qui ne sont malgré tout pas allés jusqu’à le nommer Poncherello.
(2) En fait, loin de se cacher, Monsieur Piccirillo livrait ses réactions à RMC dans Luis Attaque avec une humilité et une bonne foi qui font entorse à l’esprit grégaire régnant sur le plateau de On refait le match.
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