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Léo Devillers

 

Aussi connu sur le forum sous le nom de Maniche Nails.

 


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Combinaison un peu trop audacieuse

Le durcissement du ventre mou

Pour rendre la Ligue 1 plus intéressante, Frédéric Thiriez instaure une réforme à effet immédiat qui change complètement le visage du championnat: qualifier en Ligue des champions le dixième du championnat. Plus rien n'est alors comme avant...

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Dimanche 1er février 2015, peu avant 23h. Alors que le président de la Ligue de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, passait des jours paisibles dans une maison de location en Ariège, la sentence tombe: le match AS Monaco–Olympique lyonnais en clôture de la 23e journée de Ligue 1 vient d'accoucher d'un match nul et vierge. Un triste mais inéluctable terme à un week-end au cours duquel seuls dix petits buts (un record depuis 2007) auront été inscrits sur les pelouses de l'élite du football français. Le président est furieux, son championnat est en passe de devenir l'un des plus soporifiques d'Europe!

 

 

Certes, il connaît la frilosité d'entraîneurs rétifs à toute prise de risques, l'habitude des clubs à laisser partir leurs meilleurs éléments au bout d'une saison, la formation nationale qui privilégie les joueurs robustes aux créatifs… Contre cela, il ne changera rien car c'est grâce à ce terreau conservateur qu'il est depuis plus de dix ans à la tête de la LFP, et il lui en sait gré. Si la solution pour rendre son produit Ligue 1 plus attractif ne peut passer par le terrain, elle passera donc par les instances.

 

Son idée est toute simple: faire pression en sous-main sur son compatriote de l'UEFA, Michel Platini, afin de redéfinir le mode de qualification pour les compétitions européennes. La Ligue 1 souffre de la domination écrasante d'un Paris Saint-Germain face auquel les autres clubs apparaissent comme résignés? Pour redonner un peu d'enjeu, d'intérêt et de suspense au championnat, c'est désormais la dixième place du classement qui sera qualificative pour la Ligue des champions. À compter de la saison en cours.

 

 

Une L1 (toujours) médiocre mais spectaculaire

Évidemment, cette réforme hâtive, présentée comme démagogique, ne créa pas que de l'enthousiasme sur son passage. L'Espagne, l'Allemagne ou encore le Qatar crièrent – non sans raisons – à un complot franco-français. Même dans l'Hexagone il y eut pas mal de critiques puisque la Fédération française de football (FFF), qui s'octroie un droit de regard sur les décisions de la LFP, se montra, via Noël Le Graët, circonspecte jusqu'à la 38e journée du championnat. Une dernière journée qui vit l'En Avant Guingamp remporter in extremis le précieux sésame. "Force est de constater que cette réforme a aussi d'indéniables vertus", reconnut a posteriori l'influent homme d'affaires costarmoricain. Le Stade Rennais (9e) et l'OGC Nice (11e) devraient de leur côté en découdre avec le tour préliminaire. Une tâche ardue pour ces deux clubs peu rompus aux joutes européennes et dont l'élimination en août dernier, respectivement face au Klubi Sportiv Elbasani et au SC Wiener Neustadt, n'eut rien de honteux.

 

Cet automne, Guingamp ne franchit hélas pas davantage la phase de poule. À sa décharge, le club breton était tombé dans le groupe de la mort en compagnie du Crystal Palace de Yohan Cabaye et de l'AC Milan de Jérémy Ménez. Quant au PSG (1er), il fait toujours figure d'outsider sérieux – avec Barcelone et le Bayern Munich – pour apporter à la France la première Ligue Europa de son histoire. Si les clubs français ne se montrent guère plus compétitifs sur la scène continentale depuis l'instauration de la réforme, le championnat domestique est devenu autrement plus animé, et ce dès l'entame de la saison 2015/16. Pour sa reprise, L'OM avait battu Caen 5 buts à 3, la faute à des trous normands indignes d'une défense de Ligue 1: "M. Garande a décidé de se moquer du football", déclara l'entraîneur olympien Marcelo Bielsa, démissionnant de ses fonctions dans la foulée.

 

 

La mise en place de plusieurs Commissions

Dans son désir en partie réussi de créer une Premier League française avec des scores fleuves tous les week-ends, Frédéric Thiriez s'est exposé au risque de laisser la porte ouverte aux petits calculs en tous genres. Forcément, une dixième place ça se travaille et il faut un habile dosage de victoires et de défaites. Faut-il y voir un lien de cause à effet avec l'inédit resserrement de notre championnat à mi-saison – cinq points d'écart entre le premier et le dernier, aucun club n'ayant remporté plus de deux matchs consécutifs –? Sans trop avancer de certitudes, gageons que des soupçons de matchs truqués seraient bien à l'origine de la récente mise en place par la LFP d'une Commission de vigilance.

 

Désormais, sur chaque terrain de Ligue 1, un juge expert en psychologie vient épauler l'arbitre de surface pour déterminer si la porosité d'une défense ou la vendange d'un attaquant ne sont pas intentionnelles. Son superviseur, Charles Biétry, explique: "On a déjà pu invalider quelques buts litigieux grâce à cette méthode imparable pour déceler en temps réel ce qui se passe dans la tête d'un joueur. Malheureusement, ces derniers temps, avec la mode du revival Edgar Davids, il est devenu plus difficile de lire dans les yeux."

 

À cette Commission de vigilance, se succéda une Commission d'éthique, cette fois-ci organisée par l'UEFA. Un "paiement déloyal" de 1,83 millions d'euros de Frédéric Thiriez en faveur de Michel Platini aurait été mis à jour. Cette découverte du pot aux roses fut fatale à ce dernier, tandis que le président de la LFP fit amende honorable en prétextant une farce un peu trop prise au sérieux.

 

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