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Ilf-Eddine alias Raspou

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Tuniques amères

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Nice, meilleur sans Rémy

Le pas bon, la brute et le revenant

Charitablement, un spécialiste du PSG présente aux Marseillais leurs trois recrues ex-parisiennes, légendaires en la capitale.
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Pour le PSG, le principal intérêt du mercato ne s'est guère situé, cet été, au Camp des Loges, mais plutôt à la Commanderie: l'OM a en effet recruté trois anciens Parisiens qui sont, chacun à leur manière, de véritables légendes Porte de Saint-Cloud. Revue d'effectif.


Édouard Cissé ou le nihilisme

Un philosophe allemand qu'il est bien vu de citer dans les soirées mondaines (surtout lorsque l'on vient d'avouer que l'on est un inconditionnel du PSG) définissait ainsi le nihilisme: "l'homme préfère vouloir le rien que de ne rien vouloir". Du coup, il recrute Edouard Cissé.

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De son propre aveu, Édouard Cissé ne sait ni défendre ni attaquer. Son poste de prédilection se situe donc au milieu de terrain, épaulé par un numéro 6 hargneux qui se charge de la récupération et encadré de joueurs créatifs qui prennent en main l'animation du jeu... Dans cette configuration, on en oublie presque qu'Édouard Cissé est totalement inutile et on peut même atteindre avec lui une finale de Ligue des champions.
Édouard Cissé a inauguré la série des piquets tout mous plantés au hasard de la pelouse du Parc – aujourd'hui encore, chaque matin, Grégory Bourillon allume un bâton d'encens sur l'autel célébrant le glorieux ancêtre. Le supporter parisien relira dès lors avec bonheur, tranquillement allongé dans une baignoire de sel, les articles du tournant du millénaire qui prédisaient au duo Ducrocq-Cissé un avenir à la Deschamps-Vieira (si si, je vous assure, j'avais lu ça à l'époque). Pour rincer les plaies, il se remémorera ce jour improbable où l'annonce est tombée: le PSG avait réussi à vendre Édouard Cissé, et à un vrai club de foot (fût-il turc), et contre du vrai argent – ah! Que ce fut fête ce jour-là!

Comme toute légende qui se respecte, Édouard Cissé cassait parfois son propre mythe en zébrant le ciel de sa nullité de quelques scintillants éclairs: ainsi le vit-on frapper de loin en lucarne ou récupérer rageusement le ballon dans les pieds adverses avant de délivrer une passe décisive... Pardon? Les deux fois contre l'OM? Ah oui, c'est vrai... Mais c'est tellement peu de chose par rapport au mal qu'il est capable de faire à nos amis marseillais maintenant qu'il joue pour eux – gageons qu'ils ne tarderont pas à s'en rendre compte.



Gabriel Heinze ou le dernier homme déchu

Pour rester avec notre philosophe allemand, le dernier homme est celui qui peut promettre, parce qu'il sait qu'il a la capacité de tenir sa promesse - tel fut, pour le public du Parc, pendant des années, Gabriel Heinze.

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Gaby promettait qu'il irait au combat sans hésiter un instant - il tenait parole. Que personne ne le passerait en un contre un – idem. Qu'oreilles et tempes des adversaires brûleraient du contact de ses coudes – itou. Qu'il ne quitterait pas le terrain sans qu'en ses quatre coins se trouvent disséminés des bouts de ses tripes et quelques hectolitres de sueur - pas une fois il ne mentit.
Gaby, ce fut le joueur dont on adorait savoir que toute la France le détestait, qu'elle le conspuait aussi viscéralement qu'elle conspue Paris, qu'elle rageait devant sa dureté et son vice mais avec, au cœur de la vindicte, une forme de respect. Marseille avait eu son Di Meco, nous avions notre Heinze, notre gouape provocante, et beau joueur de football qui plus est...

Et puis Gaby fit la promesse de trop. Partir de Paris, ce ne fut pas un problème, nous étions fiers, au contraire, que notre beau guerrier s'en allât rejoindre Manchester... Mais dire, la main sur son cœur énorme, qu'il ne pourrait jouer en France qu'au PSG... Pfff, Gaby, Gaby, comment as-tu pu? Toi, le dernier homme, t'engager sur quelque chose dont tu sais que tu ne peux le tenir! Que tu ailles à l'OM, on le sait bien que c'est la vie d'un footballeur professionnel, on connaît les impératifs d'une carrière, et l'idée de te voir évoluer aux côtés de Cyril Rool pouvait consoler les plus nostalgiques... Mais fallait-il jouer au violon le grand air de l'amour éternel comme un vulgaire Fiorèse de la pampa?



Fabrice Abriel ou l'éternel retour

Des trois légendes, c'est la plus confidentielle, mais pas la moins appréciée des initiés... Elle commence comme une blague: "Il revient quand, Abriel?" Fabrice Abriel, l'éternel prêté, le milieu de terrain formé au club dont on dit qu'il ferait l'affaire en équipe A et puis en fait non, jamais ça ne se réalise... Fabrice Abriel, qu'on continua de croire prêté alors que, depuis déjà longtemps, il avait été transféré - comme ces étoiles dont on continue de recevoir la lumière des millénaires après leur extinction.

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L'histoire aurait pu s'arrêter là, comme pour tant d'autres. Abriel aurait gonflé la réputation de notre centre de formation - celui d'avant sa réorganisation, celui qui faisait rire la France entière parce qu'il ne produisait que deux catégories de joueurs: soit des espoirs déçus; soit des talentueux instables comme Nicolas Anelka ou Jérôme Leroy - deux formes différentes de gâchis.

Abriel semblait donc destiné à l'anonymat des ex-espoirs parisiens, comme Ducrocq, Paisley, Domi, sans parler de Haddad ou Badiane... Et puis voilà que de l'oubli, il passa à Lorient, ce qui est presque la même chose, à un Gourcuff près... Et que dans la belle mécanique merlu, on se rendit compte que le petit Abriel était un excellent footballeur, technique, combatif, juste dans son jeu – l'anti-Edouard Cissé.

*
*   *

Amis marseillais, dans le combat qui nous oppose pour le titre de club le plus ridicule de France, mesurez bien la pression qui est désormais sur vos épaules: d'avoir récupéré trois légendes parisiennes vous donne plus de devoirs que de droits. Il faut que, dans votre imagination infinie, vous contribuiez à leur mythe, comme vous aviez si bien su le faire pour ce cher Fabrice Fiorèse... Débrouillez-vous pour faire aussi bien, par exemple avec un Heinze cassant la jambe de Cissé à l'entraînement, ou bien avec un Abriel ratant sa panenka pour le tir au but décisif en finale de Ligue des champions... En tout cas quelque chose d'original et inventif, à la hauteur de nos réputations conjuguées.


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