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Double jeu à la française

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Une croyance absurde et destructrice

Les Bleus ne trouvent pas l'interrupteur

L'équipe de France a fait avancer sa préparation à Toulouse. L'Euro se précise et compétition a déjà commencé à certains postes. La nalyseLes garsLa vie sans VieiraLe match de TF1Les observations
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France-Paraguay : 0-0
Toulouse, Stadium municipal, 30 mai 2008.

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Une parenthèse en chantier

Les matches de préparation ne se distinguent pas toujours des "petits jeux" effectués à l'entraînement. Samedi soir, le sélectionneur s'est amusé en quelque sorte, dans la perspective de dégager un onze type et dans l'idée de tester des associations, à construire son équipe comme un Lego ou à aligner les dominos, si ce n'est pas à remettre d'équerre un Rubik's Cube.
Avec onze nouveaux titulaires entre le coup d'envoi précédent et celui-ci, Raymond Domenech a même donné l'impression de mélanger deux puzzles en choisissant, cette fois, d'associer sa défense [présumée] bis (hormis Gallas, blessé et "remplacé" par Escudé) avec son gardien numéro 1, mais surtout avec son milieu et son attaque [présumée] type – au doute près entre Anelka (entré à l'heure de jeu) et Benzema. L'assemblage quasi-définitif sera-t-il effectué contre la Colombie, mardi soir?

D'assauts en rafales
En attendant de le savoir, on pourrait s'inquiéter de ce que le score semble paradoxalement attester une bonne solidité offensive mais une efficacité en attaque insuffisante. L'impression doit toutefois être corrigée: on a ponctuellement observé une certaine fragilité défensive dans l'axe, et si la pression a été trop sporadique devant le but de Villar, les occasions sont survenues en rafales, lors des moments forts de l'équipe: au quart d'heure (18e, centre dangereux de Clerc, puis frappe croisée de Benzema sur le poteau, après un service de Ribéry), à la demi-heure (tentatives successives de Ribéry et Benzema) et enfin dans les dix dernières minutes (tirs de Malouda, Govou et Nasri).

Comme on n'en est pas à tirer des conclusions, il convient de retenir plutôt l'impression générale de fraîcheur physique et de cohérence tactique, en dépit des lacunes observées. Car côté positif, il faut souligner le nombre des phases collectives sur lesquelles cette sélection veut appuyer ses succès: une récupération efficace, des percussions ou des combinaisons plutôt dans la zone axiale, par les milieux excentrés ou les attaquants décrochés. Dans ces situations, la vitesse et la technique des joueurs a régulièrement permis de prendre à défaut la défense paraguayenne. Le souci est plus venu de la difficulté à trouver un joueur en position de marquer ou à réussir le dernier geste. À cette heure, il n'y a pas lieu de s'en inquiéter: la qualité de jeu entrevue constitue un signe positif.



Les gars

Coupet a été à l'ouvrage, avec une intervention devant Torres (10e) et un bon rattrapage de la passe en retrait hasardeuse d'Évra (90+1).

Le danger paraguayen est souvent passé plein axe, dans la zone de Boumsong et Squillaci, tout deux dominateurs dans les airs mais moins à leur aise pour baisser le rideau ou relancer. Il en a résulté quelques cafouillages, Boumsong oubliant par exemple de dégager (25e) ou se retrouvant contraint à un tacle de la dernière chance (70e).

fra_para_clerc.jpgOn peut sans scandale estimer que Clerc a été le meilleur Bleu sur le terrain: de "sérieux" – le qualificatif qui lui est généralement accolé – il est passé à brillant, et c'est au moins autant à lui qu'à Ribéry que l'on doit l'animation du flanc droit en première période. Plus que de la disponibilité, il a offert de l'audace, bien combiné avec le Munichois et a délivré de très bons centres – alertant notamment Benzema (24e et 56e). Seul bémol: une position plus en retrait en fin de match, lorsque Govou a rayonné sur le côté droit de l'attaque. Mais il sait qu'il joue son Euro maintenant, et il le joue plutôt bien pour mettre la pression sur Sagnol.
Séduisant par ses raids offensifs et son activité, Évra a fait bonne impression et a fait parler son aisance, mais il n'a pas trouvé la distance avec Malouda. Son bilan souffre de la pénurie d'actions coté gauche et de cette fâcheuse approximation dans le temps additionnel.

Après une entame assez hésitante, Makelele a trouvé son rythme, mais sans jamais influer sur le jeu d'attaque – une remarque qui vaut aussi pour Toulalan, actif mais peu productif. Lassana Diarra a cloné efficacement le Londonien après la pause, justifiant sa promotion au poste de patron par une grande activité.

Ribéry a rapidement mis l'équipe dans le bon sens, avec des relais et des décalages précieux dans l'entrejeu, et il s'est beaucoup dépensé durant ses quarante-cinq minutes sur le terrain, participant à la plupart des bons coups. Malouda a été énigmatique, avec une position très recentrée qui n'a pas favorisé le rééquilibrage de l'équipe. Mais il a accéléré à de nombreuses reprises (percée à gauche, relais avec Benzema et bon centre pour Henry – 32e), avec son rendement habituel en matière de coups francs obtenus. Nasri, entré pour vingt minutes, a tâché de dynamiser le jeu et s'est attelé au lancement de quelques offensives intéressantes, avant de s'essayer à deux bonnes frappes depuis l'axe (85e et 89e).

Benzema, lui aussi, met de l'enjeu dans ces matches de préparation et sa très bonne performance met Anelka en danger. Son manque d'efficacité ou de réussite (un tir détourné sur son poteau par Villar –18e, une tête un poil trop croisés 56e –, un coup franc sorti par le gardien – 63e). Henry a un peu souffert du contraste en première période, avec une faible participation aux actions marquantes. Ce sont plutôt ses ratés qui restent: caviar mal servi pour Benzema après une percée de Malouda (6e) ou talonnade manquée en faveur du Lyonnais (42e). Un bon coup franc enroulé, quand même (7e).

S'il n'a pas pu se mettre en position de tir, Gomis en a offert à Anelka (68e, 80e et 90e+3), Malouda (84e) et Govou (84e). Un joli rendement qui lui permet d'étoffer ses atouts. Govou s'est également montré à son avantage en ne laissant pas péricliter le côté droit, finissant fort la rencontre avec en particulier un tir croisé sur le poteau (84e). On a moins vu Anelka, un peu empêtré dans la densité adverse, mais l'attaquant s'est impliqué dans un bon nombre des occasions de la fin de match.



fra_para_vieira.jpgLa vie sans Vieira ?

"Sans Pat, il n’y a pas d’équipe de France". La phrase a été prononcée il y a quelques années par Claude Makelele et à l’idée de commencer la compétition sans l’échalas milanais, la question de son absence se pose autant en termes techniques que psychologiques.
Au milieu de terrain, seul Toulalan semble capable d’abattre autant de travail défensif et son duo avec Makelele doit déjà faire cauchemarder Ambrosini et Sneijder. Mais c’est dans l’impact offensif que le problème se pose avec plus d’acuité. Même positionné devant son coéquipier, Toulalan n’a pas cette capacité à porter son équipe vers l’avant qui fait des rushes de Vieira une des forces fondamentales de l’équipe de France. La Coupe du monde 2006 avait déjà montré à quel point sa capacité à venir imposer son physique aux abords de la surface adverse était précieuse.

Remplacé par deux joueurs
Devant, le système à deux attaquants rend toutefois sa présence moins indispensable qu’il y a deux ans, quand Henry était parfois très esseulé, mais le 4-4-2 a très souvent tendance à se transformer naturellement en 4-2-3-1 lorsqu’Anelka ou Benzema décrochent. Le match contre le Paraguay a donné quelques indications sur les intentions du sélectionneur. Une fois de plus placé très bas, et recentré, Malouda a fait office de troisième milieu récupérateur dont la fonction est justement de remonter le ballon en utilisant ses qualités physiques, transformant le système en 4-3-2-1 dans lequel il arrivait également à Benzema de revenir très bas pour remonter les ballons, dans un rôle similaire.

C’est surtout psychologiquement qu’il sera compliqué de remplacer Vieira. Zidane avait déjà dû forcer sa nature pour devenir le capitaine de l’équipe en Allemagne, mais l’importance du charisme de l’Intériste sautait déjà aux yeux. Zidane parti, Henry a priori peu capable de rassembler autour de lui, Ribéry et Malouda pas encore légitimes, seul Thuram semble aujourd’hui à même de servir de donneur de coups de pieds au cul sur le terrain. On ne remplace pas 105 sélections en un claquement de doigts.



Le match de TF1

Le gros volume de je
David Astorga : "Thierry Henry, qui gagne quasiment tous ses duels de la tête".

La bonne blague
Christian Jeanpierre : "Il a fait un tabac avec Blackburn".

Europa 2008
Christian Jeanpierre : "Le voici Santana".

Bolivien boire un petit coup à la maison
Jean-Michel Larqué : "La passe, la passe, la passe, la passe". Ah non Jean-Michel, le Paraguay, c’est Asunción.

La minute nécessaire sans David Astorga
Christian Jeanpierre :"Pas de mauvaise blague à l’heure de jeu".

0-0, pas de tête à Toto
Jean-Michel Larqué : "Il y a longtemps qu’il ne nous a pas marqué un but de la tête le défenseur lyonnais".

L'hommage au 21 septembre
Christian Jeanpierre : "On sent de bonnes vibrations dans ce stadium".



Les observations en vrac

• De toute façon, les Bleus auraient gagné en prolongation.
Sept joueurs lyonnais sur la pelouse à Toulouse. Ça fait combien en indemnités pour l'OL?
• On n’avait pas vu autant de gros plans dans les tribunes lors d’une retransmission sportive depuis… depuis l’après-midi même à Roland-Garros en fait.
• C’est toujours deux poteaux que les Bleus ne toucheront plus contre le Sénégal.
• Tiens, Ribéry et Benzema ont rejoint les Harlem Globe Trotters pour leur tournée estivale.
• 0-0 face à une équipe qui aligne Torres, Veron, Valdez et Benitez c’est un sacré exploit.
• C’est pas en nommant Coupet capitaine qu’on va redonner à la jeunesse l’envie de faire l’armée.
• L’hymne des Bleus chanté par Grand Corps Malade, c’est pas un peu trop pour l’hommage à Patrick Vieira?



Les vainqueurs du concours de jeux de mots du forum

>> mbfcs2 - samedi 31 mai 2008 - 22:55
En tout cas, comme le dit Giancarlo, le physique est là.

>> funkoverload - samedi 31 mai 2008 - 23:01
Ce qui est drôle c'est qu'après avoir vue l'Italie hier, on risque fort d'avoir du spectacle. Des attaques assez sympathiques et des défenses centrales assez lymphatiques.



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