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Christophe Zemmour

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Liverpool 2019/20, titre définitif

Les Reds ont décroché le titre national. Une récompense aussi désirée que méritée, dans des circonstances aussi uniques que cette équipe. 

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Liverpool est enfin champion d'Angleterre. Trente ans après le dernier titre, les hommes de Jürgen Klopp ont mis un terme à une attente insoutenable pour les fans. Ils sont couronnés un 25 juin, une date anormalement tardive qui s'explique évidemment par la crise sanitaire.

 

Cette consécration a même été menacée par l'annulation de la saison, dont le spectre a longtemps plané. C'eût été cruel quand on sait à quel point les Reds ont dominé l'exercice, d'autant plus connaissant leurs déboires lorsque – au cours des années précédentes – le titre leur avait déjà tendu les bras.

 

Grâce à la défaite de Manchester City sur le terrain de Chelsea, le sacre est assuré à sept journées de la fin, un record de précocité [1]. L'équipe de Pep Guardiola n'a pas su réitérer ses incroyables deux derniers exercices, Liverpool ayant imprimé un rythme implacable et creusé un écart irrémédiable au sortir de la 31e journée.

 

Il reste à aller chercher les records des nombres de victoires et de points, détenus justement par City [2]. À défaut d'avoir été invincibles, les Scousers peuvent faire un sans-faute à domicile [3].

 

 

 

 


Jürgen control

Il est intéressant d'observer l'évolution de l'équipe de Klopp, que ce soit depuis son arrivée en octobre 2015, ou sur les trois dernières saisons. Un style, un groupe se sont formés, une identité symbiotique entre le club et le coach allemand s'est affirmée.

 

Klopp a su choisir ses hommes et les joueurs pour renforcer les postes qui l’exigeaient, tenter des coups sur le marché des transferts. Un remarquable travail d'ajustements progressifs, soulignant l'intelligence et la pertinence de cet homme qui a gagné sa place dans l'histoire du club aux côtés des Shankly, Paisley, Fagan, Dalglish et Benítez.

 

La saison n'a pas manqué de moments marquants. Il y a eu des victoires impressionnantes, face à Arsenal, City, Everton, mais surtout lors du Boxing Day sur le terrain de Leicester alors deuxième, et récemment contre Crystal Palace.

 

Il y a eu des fins de match iconiques, ce penalty de James Milner contre Leicester, ces buts de Mohamed Salah contre Manchester United et de Roberto Firmino à Wolverhampton, ou ce retournement de situation à Aston Villa. Autant de moments qui ont tourné en faveur d'une équipe qui n'a jamais cessé d'aller chercher sa chance.

 

 

 


Emotion pictures

Les joueurs de Liverpool furent nombreux à briller, dans la lignée de leur fin de saison dernière, quand ils avaient déjà démontré la résilience d'un groupe à part. Il est d'autant plus beau de voir une équipe brillante sacrée après avoir échoué de si peu.

 

C'est ce qui est arrivé au Liverpool de 2018, malheureux à Kiev face au Real Madrid, mais champion d'Europe un an plus tard dans la capitale espagnole. C'est donc aussi ce qui est arrivé au dauphin à 97 points de City de 2019, désormais brillant champion d'Angleterre.

 

Les circonstances ont voulu que ce titre ait été, pour le moment, fêté dans des conditions particulières. Cela n'a pas empêché les supporters de se réunir nombreux devant les portes d'Anfield, allant à l'encontre des recommandations sanitaires.

 

Cela n'a pas non plus empêché Jürgen Klopp et Jordan Henderson d'être submergés par l'émotion aux micros des télés anglaises. Mais en y réfléchissant bien, écrire son histoire dans un contexte dramatique correspond à l'identité de cette institution unique. Il n'est peut-être pas de club plus émouvant que le Liverpool FC.

 


[1] Le précédent record était de cinq journées avant la fin: Manchester United (1907/08 et 2000/01), Everton (1984/85) et Manchester City (2017/18).
[2] Les Citizens ont signé 32 victoires en 2017/18 (avec un total record de 100 points) et 2018/19.
[3] Les seuls points perdus l'ont été à Manchester United (1-1), Watford (0-3) et Everton (0-0).


 

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