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Richard N et Christophe Zemmour

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Retourné contre son camp

Madjer 1987, maître talon

Un jour un but – Le 27 mai 1987 à Vienne, l'Algérien Rabah Madjer offre au FC Porto la première Coupe d'Europe de son histoire, face au Bayern Munich. Il marque notamment un but grâce à un geste technique audacieux qui gardera son nom.

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La logique voulait que cette trente-deuxième finale de la Coupe des Champions n'échappe pas au Bayern Munich. Les hommes d’Udo Lattek étaient favoris face au FC Porto, que Franz Beckenbauer, le sélectionneur allemand, avait d'ailleurs désigné comme une “petite équipe portugaise”. Sur le terrain du Prater de Vienne, les Bavarois affichent d’ailleurs une nette supériorité d’entrée, concrétisée par l'ouverture du score, dès la 24e minute, de Ludwig Kögl sur une curieuse tête.

 

 

Inspiration de génie

À la mi-temps, le coach de Porto Artur Jorge reproche à ses joueurs un manque d'audace. Conscient d'avoir monté une équipe un peu trop défensive, il remplace le milieu de terrain Quim par l’attaquant Juary. Dix minutes plus tard, le défenseur Augusto Inácio cède sa place au milieu offensif António Frasco. Le FC Porto présente, avec ces ajustements, un visage résolument plus offensif. Le dispositif bouscule l'équipe bavaroise et donne des ailes à Paulo Futre, si décevant en première période, qui s'offre une série de dribbles maradonesque avant de manquer de peu l'égalisation.

 

Cette soirée aurait donc pu être celle du talentueux ailier portugais, elle sera finalement celle de Rabah Madjer. C'est à l'entrée du dernier quart d'heure que la défense bavaroise, après avoir longtemps plié, rompt. Juary, bien lancé par Frasco, s'enfonce jusqu'aux six mètres allemands. Jean-Marie Pfaff, le gardien belge du Bayern, s'avance pour boucher l'angle. Au lieu de tirer, l'attaquant brésilien centre sur sa gauche, mais son ballon est légèrement contré par le tacle d’Hans Pflügler. Le ballon parvient à Rabah Madjer, seul devant la ligne mais légèrement avancé. L'Algérien est obligé de se retourner et c'est à cet instant que vient l'inspiration: il laisse passer le ballon entre ses jambes puis le frappe du talon. Le défenseur Hans-Dieter Flick, sur la ligne de but, n'a rien vu venir.

 

 

 

 

Cauchemar du foot allemand

Ce but génial permet à Porto d'égaliser et d'inverser le cours de la partie. Après avoir été félicité par ses coéquipiers, Rabah Madjer, tétanisé par des crampes, doit se faire soigner sur la touche. Lorsque l'arbitre l'autorise à rentrer sur le terrain, le défenseur Celso lui envoie un long ballon sur l'aile gauche. Le buteur algérien réalise alors un débordement d'école, élimine deux défenseurs et adresse un centre tendu repris victorieusement par Juary. Le FC Porto l'emporte 2-1 et devient champion d'Europe.

 

Cinq ans après la victoire historique de l'équipe d'Algérie sur la R.F.A. à Gijon, en Coupe du monde, Rabah Madjer est redevenu, le temps d'une soirée, le cauchemar du football allemand. Il a surtout laissé, à la manière de Panenka, son nom à un geste de buteur. Il n'est pourtant pas le premier à l'avoir réalisé, ni le dernier: il l'a simplement effectué au moment et à l'endroit opportuns. “Tu es fou d'avoir tenté une chose pareille”, lui dira d’ailleurs Artur Jorge.

 

Dix ans plus tard, à Munich, l'Italien Alessandro Del Piero inscrira un but similaire en finale de la Ligue des Champions, mais il n'empêchera pas la défaite de la Juventus face à Dortmund. De nombreux autres joueurs marqueront de cette manière – notamment Franck Leboeuf en bleu contre l'Azerbaïdjan en 1995 – mais aucun d'eux ne parviendra à y laisser son nom.

 

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