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Raphaël Cosmidis

 

Intéressé par la tactique, membre des Dé-Managers, il croit en la littérature de sport. 


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La Gazette de la L1 : 33e journée

Pastore top 6 : une histoire de buts

Malgré une inconstance qui persiste, malgré les désaccords qu'il suscite à son sujet, Javier Pastore a régulièrement rappelé son immense talent à travers des buts de classe. Sélection de ses plus belles finitions sous le maillot parisien.

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À cinq minutes près. À cinq minutes près, le but de Javier Pastore au Parc des Princes, le 2 avril 2014, aurait qualifié le PSG pour les demi-finales de la plus prestigieuse compétition européenne, une semaine plus tard. Mais le destin ne voulait pas d’un Pastore décisif. Le solo de l’Argentin, ce superbe slalom réussi au bout du temps additionnel, a été effacé par un but de filou, un vieux tacle de Demba Ba qui finit dans les filets parisiens. Et tant pis pour la beauté, renvoyée à son inutilité sur ce quart de finale franco-britannique. Tant pis pour Pastore, dont la non-titularisation sera regrettée après le match , sans pour autant faire beaucoup de bruit. L’Argentin s’efface facilement. Mais nombre de ses buts méritent autre chose que l’oubli. Top 6 chronologique, parce qu’un top 5 forçait à laisser une pépite de côté.
 

 



 


1. Brest - Ligue 1

Le 11 septembre 2011, quelques semaines après son arrivée, Pastore marque son premier but sous le maillot parisien.
 

Le Stade brestois se rend au Parc des Princes. Le match est plus compliqué que prévu pour le PSG relooké. Il y a toujours 0-0 après 67 minutes. Jérémy Ménez s’envole alors sur le côté gauche (2011 est si loin) avant de servir Pastore dans la surface. L’Argentin fait face à un adversaire au moment de recevoir le ballon, cinq une fois face au but. Deux Brestois se jettent à terre devant lui, pensant bloquer une frappe au sol. Sans regarder le but ni la position de Steeve Elana, Pastore pique le ballon, non pas pour lober, juste pour surprendre. Personne ne s’y attend, et le cuir termine tranquillement dans le but breton. Elana est pris à contre-pied, comme sur un penalty. Il vient d’encaisser une panenka dans le jeu. Pastore ouvre ses bras pour recevoir la joie du Parc. Le PSG bat Brest 1-0.


 

 

 

 

2. Lyon - Ligue 1

Le 2 octobre 2011, trois semaines après son but libérateur contre face aux Bretons, Pastore récidive au Parc des Princes, cette fois face à un adversaire bien plus redoutable.
 

Il y a 0-0 lorsque Mathieu Bodmer lance rapidement Pastore sur le côté droit, après une récupération de balle. Dans son appel, l’Argentin s’éloigne une première fois de Bakary Koné, se laisse de l’espace. Il s’emmène le ballon de l’extérieur du pied en deux touches, entre dans la surface, vient au contact du défenseur lyonnais, le tente, puis accélère sa conduite de balle avec l’intérieur du pied. Koné est lâché. L’angle est fermé, Pastore pourrait centrer, mais il préfère frapper du gauche. Il trompe Hugo Lloris, exulte et fête son but devant les supporters. Le PSG l’emporte 2-0.


 

 

 

 

3. Toulouse - Ligue 1

La rencontre face à Toulouse, le 14 septembre 2012, est la première remportée par les Parisiens à domicile cette saison-là. Pastore ouvre le score.
 

L’Argentin profite d’un placement trop haut de la défense adverse pour s’échapper dans la profondeur, servi par une des premières offrandes de Marco Verratti en France. L’Italien envoie un ballon par-dessus, cette cuillère qui fuit les défenseurs, bientôt une spécialité. Lorsque le ballon atterrit dans la course de Pastore, il est encore capricieux, à rebondir. Ali Ahamada est avancé. Pastore ne contrôle pas la balle. Dans la course de la passe, de l’extérieur du pied, il lobe Ahamada, assez doucement pour que le gardien tente de le chasser l’espace d’un instant. Le ballon, déposé, touche une fois le sol avant d’échouer dans les filets toulousains. Le PSG l’emporte 2-0.


 

 

 

 

4. Barcelone - Ligue des champions

Le Paris Saint-Germain a concédé le match nul 2-2 lors du match aller, et se présente avec une grosse cote au Camp Nou. Pastore est titulaire.
 

À la 50e minute, Marco Verratti récupère le ballon, le donne par-dessus Xavi à Ibrahimovic. Le Suédois combine avec Pastore, deux fois. Le double une-deux et l’appel de Lavezzi de l’autre côté sèment la ligne de défense haute des Barcelonais. Pastore a trente-cinq mètres à faire jusqu’au but, chassé par Dani Alves. Trois touches de balle plus tard, une du pied gauche, deux du pied droit, l’Argentin a un angle de frappe devant Victor Valdés. Le tir du gauche du numéro 27 parisien est moyennement exécuté, mais il finit au fond. Au micro de beIN Sports, Omar Da Fonseca s’écrie: "On parlait de rêve, de désir, d'espoir! Tout a été accompli!" Seulement pour quelques minutes, jusqu’à l’égalisation de Pedro. La règle du but à l’extérieur élimine le PSG.


 

 

 

 

5. Évian Thonon Gaillard - Coupe de France

Une semaine plus tard, le 17 avril 2013, avant d’affronter le club savoyard, le club parisien espère encore le doublé Coupe-championnat. Et y croit très fort lorsque Pastore ouvre le score à la huitième minute.
 

L’Argentin, plein axe après avoir fait un appel en retrait, reçoit un centre fort de Christophe Jallet depuis l’aile droite. Le ballon arrive vite, et le contrôle du droit de Pastore est moyennement réussi. Le ballon s’élève, à hauteur de sa tête. Pastore est alors à l’entrée de la surface, et deux adversaires accourent pour empêcher ce qu’ils voient venir. Les deux joueurs de l’ETG interviennent trop tard. El Flaco volleye violemment du gauche, avec un relâchement qui donne presque l’impression que faire ce geste l’embête. Le ballon, après avoir été dévié par le gardien, percute l’intérieur de la barre transversale et frappe le sol une fois derrière la ligne, si fort qu’il rebondit pour toucher le filet. L’Argentin ne célèbre pas et s’en va féliciter le centreur, en marchant. Le PSG perd le match aux tirs au but (4-1).


 

 

 

 

6. Chelsea - Ligue des champions

Le PSG mène 2-1 face aux Blues, le 2 avril 2014, lorsque Pastore remplace Lavezzi à la 85ème minute. Laurent Blanc se dit sans doute que l’Argentin renforcera la possession du ballon dans les derniers instants. Mais le maigre sud-américain est imprévisible. Sur une touche, à 104 secondes de la fin du match, Pastore entre en transe.
 

Entouré de Willian, Frank Lampard et Cesar Azpilicueta, l’Argentin se sert d’abord de son corps pour résister au Brésilien et à l’Anglais. Willian lâche alors Pastore, qui place un premier double-contact timide au milieu trentenaire. Le maigre laisse le ballon filer jusqu’à la ligne de sortie de but, laisse Azpilicueta rater son tacle et chuter, avant de se trouver à nouveau face à Lampard. Le double-contact est cette fois beaucoup plus brutal, pied droit - pied gauche, et quand l’Argentin entre dans la surface, l’Anglais est encore à l’extérieur de celle-ci. Pastore se retrouve sur son mauvais pied si souvent bon, le gauche, et décide de frapper dans un angle improbable, comme contre Lyon, alors que Yohan Cabaye est seul en retrait. La main faiblarde de Petr Cech ne peut que dévier le ballon dans les filets. Pastore s’en va courir derrière le but, se dirige vers la tribune, mais est pris d’assaut par ses coéquipiers.

 

 


Auraient pu être cités : le but au forcing à Annecy contre l’ETG lors de l’un de ses premiers matches, la volée à Montpellier, la frappe puissante sous la barre contre Sochaux après un double-contact heureux, le but à Valence et l’extérieur du pied petit filet, après trois petits ponts, contre le Bayern Munich en finale de Ligue des champions la saison prochaine.

 

 

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Jérôme Latta
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