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Jérôme Latta

 

Chef d'espadrilles.


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Pourquoi le PSG doit perdre le championnat (de temps en temps)

Devancé pour la troisième fois depuis le début de l'ère qatarie, le PSG gagnerait à avoir de vrais challengers – tout comme la Ligue 1. 

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En avril 2006, c'est-à-dire à l'époque où le club de Jean-Michel Aulas s'apprêtait à remporter le cinquième de ses sept titres nationaux consécutifs, nous avions publié "Pourquoi l'OL doit perdre". La thèse soutenue retrouve aujourd'hui son actualité avec le Paris Saint-Germain.

 

Bien sûr, on objectera: le palmarès, le prestige, les droits télé, le chapeau du tirage au sort de la Ligue des champions, la sous-performance en regard du budget, etc. En abandonnant des points bêtement, en accumulant les défaites, le PSG s'est un peu sabordé – ce qui n'enlève rien au mérite du LOSC.

 

Voyons au-delà de ce constat d'échec, car l'issue de cet exercice 2020/21 suspend provisoirement les critiques récurrentes adressées au PSG et à la Ligue 1. Ce n'est que la vérité d'une saison, et d'une saison très particulière, mais il faut examiner ce qu'elle dit.

 


Des rivaux trop irréguliers

"Le PSG n'a pas grand mérite à surclasser le championnat." Le sacre de Lille, après ceux de Montpellier et Monaco, rappelle qu'aucun titre n'est facile à remporter, ce qui redonne de la valeur aux précédents.

 

Ne jamais laisser à ses challengers une chance de détromper les rapports de force, c'est difficile. Montpellier a devancé Paris de trois points, Monaco de huit, Lille d'un seul, alors que les Parisiens ont remporté leurs sept titres depuis 2013 avec 14,4 points d'avance en moyenne: les dauphins sont restés à trop grande distance du leader pour le menacer.

 

 

 

 

"Sa suprématie rend le championnat prévisible et ennuyeux." Le PSG a donc surclassé la compétition depuis 2012… sauf les trois fois où il a vu le titre lui échapper. Cependant, à chaque fois, il a terminé second – ce qui relativise ses échecs et confirme, quoiqu'en la relativisant, sa suprématie nationale.

 

Cela désigne en revanche une partie du problème: il n'a pas de rival régulier. En dix saisons depuis 2011-2012, Marseille, Lyon et Monaco n'ont été que deux fois seconds chacun, Lille une fois. Leur classement moyen oscille d'ailleurs entre la 4e et la 6e place.

 

 

 

 

Sur la période 2012-2021, Lille (8e, 11e et 17e) et Monaco (17e et 9e), avec leur modèle économico-sportif basé sur le trading de joueurs, ont même connu de sérieux trous d'air – dont le LOSC est aujourd'hui menacé avec la vente de ses meilleurs éléments, outre le départ de son entraîneur.

 

Malgré cinq podiums, Lyon a plafonné et Marseille n'a intégré le trio de tête qu'à deux reprises. La configuration rappelle l'ère lyonnaise des années 2000, peu contestée par les clubs théoriquement les mieux armés.

 

"Le PSG n'est pas préparé aux joutes de la Ligue des champions." L'argument a eu de la consistance… jusqu'aux deux dernières saisons, qui ont vu Paris atteindre le dernier carré. Le handicap ne semble pas rédhibitoire.

 

Toutefois, si disputer son championnat dans un certain confort présente aussi des avantages, le bon sens suggère qu'un meilleur équilibre compétitif en a plus encore. On en revient au point précédent.

 


Raccrocher les wagons à la locomotive

Affirmons donc que le PSG a plus intérêt à disputer une Ligue 1 concurrentielle, quitte à abandonner des titres, qu'à assurer une hégémonie quasi totale. En réalité, il s'agit même d'un intérêt commun à la Ligue 1 et au PSG: celui d'une valorisation mutuelle.

 

Un championnat plus relevé, plus disputé, plus intéressant, plus prestigieux, devrait constituer un objectif partagé. En poussant le raisonnement, on suggérera que le Qatar aurait dû consacrer une partie de ses investissements à la Ligue 1 dans son ensemble – et pas seulement en recrutant plus de joueurs locaux.

 

Certes, en lui donnant une "locomotive" bardée de joueurs stars qui a acquis un statut européen, il l'a inscrite sur la carte du football mondial. Mais une locomotive qui décroche ses wagons ne tracte plus qu'elle-même, et risque son propre affaiblissement.

 

Ce n'est pas réellement un problème dans un contexte où les clubs les plus riches se détachent de leur concurrence domestique pour former une élite continentale qui entretient même des velléités de sécession. Pourtant, alors que le projet de Super Ligue a été désavoué, on peut espérer que les compétitions nationales redeviennent le socle du football européen.

 

Dès lors, même si la Ligue 1 a des problèmes plus graves que l'hégémonie parisienne, elle devrait prioritairement réfléchir aux moyens de restaurer son équilibre compétitif afin d'entraîner sa compétitivité globale dans une dynamique positive.

 

Comme on ne pourra pas toujours compter sur Luis Campos, et qu'on ne peut miser sur la philanthropie du Qatar ni sur une prise de pouvoir des bolcheviques à la LFP, le meilleur moyen d'y parvenir consiste à régler les maux majeurs des clubs français, en particulier des challengers possibles du PSG: la médiocrité ou la fragilité des projets sportifs, une gouvernance déficiente. Au boulot.

 


 

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