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Plumitif

 

Alias Dominique Rousseau, ancien journaliste de l'Équipe.

Forumiste des Cahiers depuis 1999.

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Premier League : n’oubliez pas le parachute !

La Premier League soigne ses relégués qui reçoivent un pactole compensatoire. Le vingtième (QPR l'an dernier) peut actuellement percevoir jusqu’à 86 millions d'euros sur quatre ans. C'est beaucoup? À partir de 2016 ça sera 103 millions sur trois ans!

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La Premier League fonctionne selon des principes clairs. Offrir un spectacle de nature à attirer les diffuseurs télés et les investisseurs. Afin que les diffuseurs télés surenchérissent, il faut des investisseurs bâtissant des équipes avec les meilleurs joueurs. Il convient donc d’être attractif.

 

 

 

Dans un championnat où cinq clubs (Manchester United, Manchester City, Chelsea, Arsenal, Liverpool) sont dominants, les autres propriétaires doivent toutefois conserver leur sentiment d’appartenance à une élite. Dan Jones, directeur de Deloitte Sports Business, définit le profil type des investisseurs en Premier League: "Ils n’envisagent pas ces clubs comme des placements à bénéfices, leur versant un dividende chaque année. Mais en termes d’accroissement de leur capital, cela fait sens. Ce sont des investissements bien ciblés, comme un tableau de maître, une voiture de collection ou une cave de grands crus. Leur rareté et leur attractivité constituent les valeurs recherchées."

 

Onze des vingt clubs de Premier League sont détenus par des propriétaires étrangers, quinze sur vingt-quatre en Championship.  Pour Dan Jones, l’énorme accroissement des droits télés de la Premier League à partir de 2016 (+ 70%) est de nature à attirer encore plus: "Cette augmentation va provoquer un intérêt global encore plus important pour les clubs de Premier League. Ces nouveaux revenus sécurisés pour la période 2016/2019 font que les risques associés à investir dans les clubs de Premier League sont en diminution."

 

 

Amortir la chute

Afin de cultiver le sentiment d’appartenance à la même élite, la répartition des droits télés est la plus égalitaire des cinq plus grands championnats européens. Le ratio entre le premier et le dernier est de 1,53 (2 en Bundesliga, 3,7 en L1, 5,1 en Série A, 11,3 en Liga espagnole). Le système des parachutes financiers compensatoires pour les clubs relégués va dans le même sens: amortir financièrement la relégation sur plusieurs années afin de permettre la remontée en Premier League. Le parachute financier est le même pour les trois relégués. S’ils ne remontent pas en Premier League avant 2019, Hull City, Burnley et Queen’s Park Rangers vont donc percevoir les sommes suivantes:

 

2015/16: 33 M€
2016/17: 26,7 M€
2017/18: 13,3 M€
2018/19: 13,3 M€

 

C’est beaucoup? Du fait de l’augmentation des droits télés à partir 2016/17, le montant des parachutes (versements réduits à trois années) pour les trois relégués sera alors le suivant:

 

2017/18: 48,9 M€
2018/19: 39,2 M€
2019/20: 14,9 M€

 

Par comparaison le montant du parachute de 48,9 millions d'euros pour 2017/18 est plus important que celui perçu en droits télés par le Paris SG, champion 2014/15 de Ligue 1 (45,5 millions)!

 

Pour confirmer le gouffre entre l’Angleterre et la France, il suffit d’énumérer le détail des sommes perçues et à percevoir par le dernier de Premier League (QPR la saison dernière): 90 millions d'euros de droits télés pour la saison 2014/15 et au total, 86,4 pour les quatre suivantes. Et le vingtième de Premier League à la fin de la saison 2016/17 recevra 127,6 millions en droits télés et potentiellement 103 pour les trois saisons suivantes!

 

 

Ligue (à moitié) fermée

Ce système de parachute, censé être égalitaire, ne l’est évidemment pas pour les clubs de Football League Championship, la L2 anglaise. Pour 2014/15, dix clubs sur vingt-quatre (Birmingham City, Blackburn Rovers, Blackpool, Bolton, Cardiff City, Fulham, Norwich City, Reading, Wigan et Wolverhampton) ont reçu en moyenne 16,5 millions d'euros en paiement parachute pour leurs saisons précédentes en Premier League.

 

Un championnat qui n’est pas par hasard à deux vitesses. Il s’agit pour la Premier League d’établir une sorte de ligue fermée qui ne dit pas son nom. Un peu plus quand même à partir de 2016/17. En effet, les clubs qui seront relégués la saison suivant leur promotion en Premier League seront les premiers à subir la nouvelle règle: deux saisons de paiements parachutes au lieu de trois.

 

Le but est clairement de solidifier le niveau sportif et financier des "yo yo clubs", comme QPR, entre la Premier League et le Championship afin d’élargir l’élite et de renforcer l’hégémonie de la Premier League sur le monde. Actuellement, les clubs de Premier League représentent la moitié (quatorze) des trente clubs les plus riches de la planète. À partir de 2016/17, ils seront vingt.

 

* Les montants des paiements parachutes sont ceux fournis par The Swiss Ramble, blog consacré aux finances du foot et qui fait autorité. Les tableaux sont consultables ici.

 

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