auteur
Frédéric Scarbonchi

Du même auteur

> déconnerie

La chanson de Le Guen

> article suivant

Les demoiselles de Reims

> article suivant

Les footballeuses de Preston

> article précédent

La Gazette de la L1 : 5e journée

PSG, les maux de la fin

Ce n'est pas une impression: en Ligue des champions, le PSG craque plus souvent que les autres dans le dernier quart d'heure. Confirmation et comparaisons en chiffres. 

Partager

 

Lorsque Kylian Mbappé rate son dribble à une trentaine de mètres des buts d’Areola, le temps s’arrête pour le supporter parisien lors de Liverpool-PSG. Puis, lorsque Firmino parvient à tromper le portier parisien, un air de déjà-vu tiraille tous les fans.

 

Des fantômes de la Remontada, en passant par les dix dernières minutes du match à Madrid la saison dernière, ou le tibia de Demba Ba sous l’ère de Laurent Blanc, le Paris Saint-Germain a habitué les observateurs à des fins de match cauchemardesques.

 

 

 

Un but sur trois dans le dernier quart d'heure

Simple coïncidence ou mauvaise habitude de l’équipe de Nasser Al-Khelaïfi? Depuis son retour en C1 en 2012, le PSG a concédé pas moins de 20 buts dans le dernier quart d’heure [1], soit 32% des 63 buts encaissés en 56 matches. Plus grave, hormis contre le Dynamo Kiev en 2012 et Bâle en 2015, tous ces buts sont concédés lors de matchs décisifs: soit éliminatoires, soit face à l’autre tête d’affiche du groupe.

 

En clair, lors de ces 33 matchs couperets, Paris a encaissé 52 buts, dont 18 après la 75e minute, soit 35%. Plus d’un tiers sur un temps de jeu effectif de seulement 16,7%.

 

 

 

 

On note que le mal parisien pourrait même se situer dans les deux mi-temps, le dernier quart d’heure de la première période arrivant en deuxième position des tranches de match durant lesquelles le PSG devient perméable.

 

 

Le Real et la Juve, forts jusqu'au bout

Certes, les dernières minutes d’une rencontre sont souvent les plus prolifiques, surtout à ce niveau d’intensité. Selon une étude de 2014, 21 à 25% des buts sont inscrits durant l'ultime quart d'heure (on a par exemple relevé 24% lors de la Ligue 1 2016/17). La fatigue, la déshydratation et donc l'amoindrissement des capacités cognitives.

 

 

 

 

Pourtant, le Real Madrid et la Juve, qui ont trusté la plupart des dernières finales de la compétition, ne concèdent quant à eux que 18% et 20% de leurs buts après la 75e minute. Le FC Barcelone, quant à lui, pointe à 24%.

 

Quand on compare les équipes les plus hermétiques (le Real et la Juve) avec Paris, le Bayern (30% de buts concédés après une heure quinze de jeu) ou, donc, le FC Barcelone, on est tenté d’y voir une opposition de style: quand les équipes de possession peuvent craquer sur la fin ou chercher à inscrire un nouveau but, les équipes modulables, de contre-attaque ou avec un socle défensif positionné plus bas, semblent moins enclines à laisser l’adversaire faire la différence en fin de match, ou à chercher elles-mêmes à marquer.

 

 

Un mal à soigner

L’an dernier, quand il a soulevé le trophée, le Real Madrid n’avait tout simplement concédé aucun but après la 75e minute. Dans le même temps, le PSG se faisait surprendre trois fois en deux matches par… les Madrilènes.

 

On peut aussi comparer avec une équipe dont le parcours en C1 a été similaire à celui du PSG depuis deux ans: le chemin du FC Porto s'est lui aussi arrêté en huitièmes de finales. Sur ces deux saisons, en un même nombre de matches (16), le FC Porto et le PSG ont encaissé à peu près le même nombre de buts (21 contre 22). En revanche, les Portugais sont beaucoup moins fragiles défensivement au cours du dernier quart d'heure.

 

 

 

 

Paradoxe: offensivement, le PSG sait aussi débloquer des situations en fin de match, inscrivant à peu près un quart de ses buts à ce moment de la rencontre. C’est mieux que les Madrilènes ou les Turinois, mais ça ne permet pas de compenser la fragilité déconcertante des ultimes minutes parisiennes.

 

Il y aurait donc, chez les Parisiens, un mal à soigner de ce côté-là. Résulte-t-il du fait de ne pas être habitué à des matches aussi rythmés en Ligue 1, où le PSG peut souvent gérer son avance sans paniquer, ou bien d'une tendance au fléchissement mental? Thomas Tuchel devra trouver la solution. Sinon, à San Paolo, il se peut que le dernier quart d’heure soit encore navrant pour les supporters de la capitale.

 


[1] Afin d’inclure les buts tardifs, ceux inscrits en prolongations sont également comptabilisés – ce n'est cependant le cas que d'un seul concernant le PSG (contre Chelsea, en 2015).

Partager

> sur le même thème

Ben Arfa, l'art de la renaissance

> du même auteur

Louis-II, clichés 0

Le jeu, les joueurs, les entraîneurs


Christophe Zemmour
2019-05-14

Reds ahead redemption

La saison de Premier League s’est achevée sur une note frustrante pour Liverpool, dauphin de City malgré 97 points. Il ne faut pourtant pas oublier à quel point cette campagne fut brillante et qu’elle ne marque peut-être qu’une étape.


Philippe Rodier
2019-05-10

Diego Simeone et Claudio Ranieri, influences oubliées ?

De tout temps, les exploits ont existé dans le football. Essayons tout de même de remonter l’horloge pour comprendre comment la machine s’est emballée.


Sean Cole
2019-03-28

Ashley Cole, la mauvaise réputation

When Saturday Comes – Malgré plus de cent sélections en équipe d'Angleterre et une vitrine pleine de trophées, l'arrière gauche, injustement mésestimé, n'a jamais pu se débarrasser de son image de mercenaire.


>> tous les épisodes du thème "Le jeu, les joueurs, les entraîneurs"

Sur le fil

Faites-nous gagner des sous avec cette #@¡‰ de VAR, au moins. https://t.co/8dhUumRPOZ https://t.co/94x3XCksUK

"Sorry for this terrible varbitrage."

RT @rustre: 📙 @cahiersdufoot La revue : n°3 Quand c'est Noël en juin 🎁 Et que dedans, t'as l'interview d'un des plus grands attaquants fran…

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Toujours Bleus

aujourd'hui à 23h08 - CHR$ : PCarnehan > non le jaune pour la gardienne n'est pas délirant. C'est la simple application de la... >>


Habitus baballe

aujourd'hui à 23h00 - Cush : L'homme busaujourd'hui à 16h52Je suis d'accord, en particulier sur ta conclusion et la nécessité... >>


Scapulaire conditionné

aujourd'hui à 23h00 - Sos muy Grosa, Adli bitum : Filipe Soares, 20 ans, U20 Portugais, 2eme division Portugal. Matteo Tramoni, 19 ans, U19 Francais,... >>


Observatoire du journalisme sportif

aujourd'hui à 22h57 - suppdebastille : Margotton et lizarazu semblent avoir un peu honte. >>


Changer l'arbitrage

aujourd'hui à 22h56 - CHR$ : "Dede Bâilleuraujourd'hui à 22h50Ca a être marrant de faire ça pour les joueurs qui rentrent... >>


Au tour du ballon ovale

aujourd'hui à 22h51 - M.Meuble : Mylène Farmer aussi. Ce serait con de pas l'emmener vu l'apport cette année. >>


Santiago Bernabeu

aujourd'hui à 22h37 - KL : Nos meilleures Sanéaujourd'hui à 21h53En voiture Simeoneaujourd'hui à 16h20—Les Mbappé,... >>


Ventre mou's League

aujourd'hui à 22h33 - El Mata Mord : Parce que si il lui arrive de rester de marbre, il n’est pas de bois... >>


Marinette et ses copines

aujourd'hui à 22h26 - djay-Guevara : Euh franchement ca m'inquiete un peu apres l'excellent debut de compet'. Esperons que ca redevienne... >>


Libertadores / foot sud-américain

aujourd'hui à 22h19 - Le Meilleur est le Pires : Même le tatouage ne suffit pas à Germain pour ne pas être sous coté. Il lui reste à choper la... >>


Les brèves

Alliance Arena

"Quand un arbitre assistant demande sa collègue en mariage." (lequipe.fr)

Prendre les shots les uns après les autres

"Hugo Lloris, le mister penalties de Tottenham." (lequipe.fr)

Milieu de tableau

"Rembrandt s'invite sur le ballon du Championnat des Pays-Bas." (lequipe.fr)

Trafic de coquines

“Football : la Colombie rattrapée par le mouvement ‘Me too’.” (ouest-france.fr)

Veuvage

"Pepe cherche à trouver la solution en solitaire." (lequipe.fr)