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C'était Pogbalchev

Insipide mais rehaussé par les performances individuelles de Pogba et Mbappé, peu probant sans être alarmant: ce France-Russie laisse en blanc l'avenir des Bleus. • La nalyse • Les gars • Vu du forum. 

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Il y a probablement un peu moins de raisons d'être totalement rassuré par cette victoire qu'il y en a eu d'être inquiet après la défaite contre la Colombie, vendredi soir. D'abord parce que, malgré les changements, l'engagement des Bleus n'a pas été beaucoup plus notable au vu des nombreux duels perdus durant la première demi-heure. Au moins, passée cette période, ont-ils repris l'ascendant sans avoir besoin d'être transcendants.

 

Les Russes n'en avaient en effet profité que pour obtenir une occasion nette, pas très bien négociée par Smolov (15e), et après une réplique analogue de Mbappé (27e), ils finirent par commettre des fautes qui trahissaient leur faiblesse. Koscielny effleurait de la tête un coup franc sans pouvoir tromper Lunev (31e), avant que Mbappé ne règle son compte à ce dernier d'un maître-tir croisé (40e). C'est encore le Parisien, après un passement de jambes, qui servait Martial, gêné par Kudryachov (44e).

 

 

 

 

Après la pause, le coup franc de Pogba (49e) aurait pu éteindre les velléités russes, mais la gestion de cet avantage par l'équipe de France ne fut pas très probante. Sur corner, Smolov mit Lloris en difficulté avant que Granat ne tire à bout portant et à côté (58e). Dix minutes plus tard, l'attaquant de Krasnodar transformait enfin à l'issue d'un contre impeccablement mené (68e). Pas de quoi, faute de situations réellement dangereuses de part et d'autre, faire douter les Tricolores ni inverser un rapport de forces mou, mais net, que Mbappé finit par inscrire au tableau d'affichage (83e).

 

Tenant à la fois de la revue d'effectif et d'une opération de correction de la déception de vendredi, ce France-Russie a surtout eu l'air d'un très classique match amical en cette période de la saison. Assez terne, enjolivé par les buts inscrits, il a conclu une session de deux rencontres dont il ressort surtout une impression de statu quo général.

 

 

 

 


La nalyse

(Christophe Kuchly) À la terminologie match amical, on préfère désormais celle de match de préparation. Plus juste, puisqu’une sélection se prépare toujours pour quelque chose, et qu’elle ne joue pas suffisamment de rencontres pour se permettre la cordialité contre l’un ou l’autre adversaire. Pourtant, il y avait bien quelque chose d’amical dans ce duel entre Russes et Français. Pas forcément dans l’engagement, où certains impacts rappelaient la compétition, mais dans les intentions de jeu.

 

Comment expliquer que les Bleus, qui étaient nombreux à jouer une partie de leur place dans les vingt-trois ou dans le onze, aient ainsi passé autant de temps à jouer en marchant? Que le sélectionneur ait géré le physique de ses troupes ou que tout le monde se soit tiré vers le bas par effet d’entraînement, le constat est le même: il est difficile de juger de la pertinence d’un système et des associations de joueurs quand personne n’évolue à plein régime. Et on oscille forcément entre la complaisance envers une équipe qui n'a pas tout montré et la sévérité après une fenêtre internationale décevante, là où elle devait servir à peaufiner les détails.

 

 

 

De ce match de préparation, on pourra retenir la préparation de match. Face à des Russes qui ne savent pas défendre la profondeur, avec des milieux qui ne cadrent pas le porteur de balle devant une ligne défensive aussi haute que lente alors qu’elle est loin de bien jouer le hors-jeu, l’idée de chercher les espaces pour trouver les joueurs rapides était la bonne. Mais elle a viré à la caricature en première période, aucune forme de construction vers l’avant ne venant alterner avec les multiples passes en profondeur. Aussi belle soit l’ouverture de Pogba vers Mbappé sur le premier but, elle fait ainsi suite à plusieurs choix discutables, une recherche permanente de la passe verticale qui tue quand il y avait des supériorités numériques à exploiter sur les côtés.

 

Même si les enseignements du printemps ne résistent pas toujours à l’épreuve du temps (après tout, le Portugal 2016 et l’Allemagne 2014 ont complètement changé leur manière de jouer en cours de compétition), il y a quelque chose de rassurant à savoir quelle est la direction choisie. Et de plaisant à voir une sélection proposer un spectacle abouti, domaine où ce Russie-France était aussi loin d’Allemagne-Espagne que Rabiot de Mehdi Baala.

 

A priori, on imagine mal une seule sélection adverse aussi faible se découvrir autant cet été, et les hommes de Didier Deschamps ont résolu sans briller un problème qui a peu de chances de se poser à l’avenir. Ils ont certes appris des choses qu’ils suspectaient déjà (Mbappé est un excellent 9, Pogba peut faire le lien entre le milieu et l’attaque mieux que personne), mais celles-ci ne complètent pas – voire s'opposent à – la très bonne entame contre la Colombie. Au moins, le sélectionneur a plusieurs cordes à son arc. Mais l’Allemagne, l’Espagne ou le Brésil, autrement plus impressionnant face aux Russes quelques jours plus tôt, jouent actuellement avec une catapulte.

 

 

 

 

 

Les gars

Son jeu au pied a encore suscité quelques soupirs, mais Lloris a assuré l'essentiel avec ses parades (15e, 58e). Abandonné par sa défense sur le but russe.

 

Koscielny a dégagé une assurance qui tient peut-être aux manquements de ses coéquipiers. Car Umtiti a été plusieurs fois fautif. Il est d'abord devancé par Smolov pour la grosse occasion de la 15e minute. Sur le but, c'est son intervention ratée de la tête, dans le rond central, qui met toute la défense en porte-à-faux, obligeant Hernandez à rester trop longtemps dans l'axe. Un peu plus tard, Smolov se joue de lui, sur le côté (77e).

 

Les seconds choix aux postes de latéraux illustrent mieux que les premiers l'ampleur de ce problème français. La contribution offensive de Pavard et Hernandez a été très limitée: un tir quatre bons mètres au-dessus de la cage (21e) et un bon centre (34e) pour le premier; une passe adroite vers Mbappé (44e) pour le second. Et les Russes sont trop souvent passés par les ailes pour qu'ils soient exempts de responsabilités défensives.

 

La première action notable de Rabiot est un centre sur les défenseurs russes (21e), la deuxième une louche qui lobe le défenseur pour atterrir dans les bras du gardien (39e). Pour le reste, un manque criant d'influence. Sans égal quant à son volume de jeu, Kanté n'a cependant pas été facteur de liant dans une équipe qui en a manqué. Il rate son contrôle dans une position insolite en pleine surface, alors qu'il avait effectué un appel parfait (27e).

 

Pogba s'est très vite impliqué dans le jeu, et malgré un peu de déchet, il a été quasiment le seul à mettre ses partenaires en situation de marquer, notamment par ses passes en profondeur: Mbappé (4e), Kanté (27e), Mbappé pour son but (40e), Martial (45e). En seconde période, il a plus fait dans l'artillerie: coup franc transformé (49e), tir lointain (69e). Un gros match en guise de réponse aux doutes à son sujet.

 

Deux centres pour commencer (10e, 11e), un tir raté (27e), un bon coup franc indirect (31e), une chute un peu facile dans la surface (33e), une reprise de centre difficile (44e) et, avant son remplacement à l'heure de jeu, une frappe contrée (50e)… Martial a pris sa part de l'animation offensive, sans parvenir à être décisif.

 

Il est loin, le niveau atteint la saison passée par Dembélé, qui peine aussi à retrouver sa vitesse. À son crédit, deux passes justes pour Mbappé (33e et 63e).

 

Il a d'abord semblé désireux de battre le record de talonnades ratées de Djorkaeff et Cantona en équipe de France, puis a semé quelques doutes quant à son positionnement axial, notamment en tirant sans conviction seul face au but (27e). Mais Mbappé a ensuite illustré l'expression "faire la différence". Clinique sur son premier but, il a mystifié Lunev sur son second: au moment où le ballon passait entre ses jambes, le gardien se demandait encore ce que le buteur venait de faire à ses défenseurs. Il aura été impliqué dans la plupart des offensives bien menées.

 

Premier des entrants (58e), Griezmann est le seul à avoir réellement pesé, en exécutant des coups francs et en menant des contres. Matuidi s'est illustré par un débordement suivi d'une passe ajustée et décisive pour Mbappé (83e). Tolisso tarde beaucoup trop à reprendre Smolov au marquage avant la réduction de l'écart par ce dernier, malgré la consigne criée par Koscielny. Il force aussi Lloris à concéder un corner parfaitement évitable (77e) et, deux minutes après, gère mal un contre.
 

 

 

 

 

 

Vu du forum

=>> le Bleu - 18h37
Avec 2 buts en 12 sélections, Mbappé rejoint à dix-neuf ans le bilan international de Loïc Amisse. Il vient de faillir égaler la performance en bleu de Bafé Gomis.

 

=>> Lucho Gonzealaise - 18h48
Honnêtement, même avec un arbitrage très conciliant, je vois pas comment les Russes vont gagner ne serait-ce qu'un match au Mondial.
=>> Mama, Rama & Papa Yade - 18h53
Ils ont envoyé un chien dans l'espace, alors onze chèvres, c'est plus que dans leurs cordes.

 

=>> Julow - 19h15
Ça fait les malins à faire gagner le Brexit, mais pour le Mondial, va falloir en faire, du microtargetting Facebook sur les joueurs adverses, à base de chatons décapités, de poutine torse nu avec tronçonneuse, et de je connais l'adresse de ta cousine.

 

=>> McManaman - 19h19
La minute Skripal. Bixente Lizarazu: "C'est très bien exécuté par les Russes".

 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 21h35
J’ai suivi le match en streaming russe, les commentateurs parlaient d’un certain Adrien Glasnost dans notre milieu de terrain, j’ai pas compris de qui il s'agissait.

 


Le titre est de O Gordinho.

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