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Revue de stress #174

Solskjær 1999, le miracle du Camp Nou

Un jour un but – Le 26 mai 1999 à Barcelone, le Norvégien Ole Gunnar Solskjær achève le Bayern Munich en ponctuant le plus ahurissant final de la Ligue des champions.

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Monsieur Collina n’a toujours pas sifflé la fin du match. Il accorde même un nouveau corner à Manchester United. Le Camp Nou est en pleine ébullition. Alors qu’on se dirigeait vers une victoire sans histoire du Bayern Munich, le club anglais a arraché dans le temps additionnel une égalisation inespérée.

 

 

Le corner est tiré de la droite par David Beckham. Teddy Sheringham, l’auteur de l’égalisation, tente une reprise de la tête qu'il manque quelque peu. Mais Ole Gunnar Solskjær est sur la trajectoire. Positionné face au but, il tend la jambe et reprend du pointu... ou du tibia, qu’importe. Le ballon va se nicher sous la barre, hors de portée d'Oliver Kahn et de ses sbires.

 

 

Supersub strikes again

Le stade de Barcelone explose à nouveau tandis que Solskjær célèbre son but en glissant sur la pelouse à genoux face à la tribune – au risque d'abîmer ses ligaments médiaux. Alors qu’il était encore mené au score à la 90e minute, le club mancunien et ses remplaçants ont réalisé in extremis le plus invraisemblable des retournements de situation.

 

Cette finale de Ligue des champions du 26 mai 1999 aurait dû être une soirée à oublier pour Manchester United. Le club anglais encaisse un but d’entrée (6e) et ne parvient pas à bousculer un Bayern Munich sûr de sa force. Alors que Paul Scholes et Roy Keane sont absents, David Beckham a été positionné plus en retrait qu’habituellement. Mauvais choix: le Spice Boy s'épuise à aller chercher des ballons près de ses défenseurs et n’a plus l’énergie nécessaire pour porter le danger en attaque.

 

Le Bayern quand à lui déroule. Stefan Effenberg tente un lob de cinquante mètres qui passe à côté de la cage. Un autre tir du même Effenberg est repoussé par un réflexe de Peter Schmeichel. Une frappe de Mehmet Scholl heurte le poteau avant de revenir dans les bras du gardien danois. Un retourné acrobatique de Carsten Jancker est repoussé par la barre transversale.

 

Côté United, rien, ou pas grand chose. Son équipe privée de toute inspiration, Alex Ferguson s’en remet à son banc de touche. Il fait d’abord entrer Teddy Sheringham puis, à dix minutes de la fin, Ole Gunnar Solskjær. Les choses s’améliorent un peu. Sous l’impulsion de ces hommes frais et d’un Beckham plus offensif, les Red Devils se projettent plus en avant, se créant quelques vagues occasions sur des initiatives désordonnées.

 

 

C’est alors que le temps réglementaire est écoulé que se produit le miracle: sur un corner tiré par Beckham, une succession de maladresses se ponctue par une frappe de Sheringham qui trouve les filets. Deux minutes plus tard, nouveau corner tiré par Beckham et nouveau but, signé cette fois Solskjær.

 

 

Baby face killer

Arrivé à Manchester en 1996, celui qui entraîne désormais le club a ressuscité le mythe du "super-sub", personnifié en 1977 par David Fairclough, le rouquin de Liverpool qui avait ruiné les espoirs de l’AS Saint-Étienne. Dès sa première apparition en Premier League, le Norvégien avait inscrit un but six minutes après son entrée en jeu.

 

Alex Ferguson était convaincu que son Norvégien, qu'il eut onze ans sous ses ordres, s'exprimait mieux dans un laps de temps très court face à des adversaires émoussés, notamment parce qu’il analysait le jeu depuis le banc plus attentivement que les autres. Même si, en regardant ses stats de plus près, on s’aperçoit qu'il a mis la majorité de ses alors qu'il avait débuté la rencontre.

 

Celui de Barcelone renforce le mythe du super-sub. Et dire que Solskjaer aurait pu ne pas jouer cette finale! Dix mois plus tôt, son transfert à Tottenham était quasiment bouclé. Mais il refusa de partir, quitte à cirer sur le banc. Une persévérance qui fera de lui un héros, puis quelques saisons plus tard un titulaire en puissance et une légende du club mancunien.

 

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