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Rattrapés par la réalité

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La Gazette > 32e journée

Teenage Kicks, Day 33

La Gazette anglaise n'a rien d'un tabloïd: des Big Four à Gareth Barry en passant par Damien Plessis, elle est un acte d'amour qui ne fait pas mal. Et elle met un sacré relief dans le classement...
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Results


Aston Villa-Bolton Wanderers 4-0
Newcastle United-Reading 3-0
Wigan Atheltic-Birmingham: 2-0
Everton-Derby County: 1-0
Middlesbrough-Manchester United: 2-2
Arsenal-Liverpool: 1-1
Blackburn Rovers-Tottenham Hotspur: 1-1
West Ham-Portsmouth: 0-1
Manchester City-Chelsea: 0-2
Fulham-Sunderland 1-3


Les cotes

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Les 5 gestes de la semaine

• La perfection esthétique des jeux en triangle et des changements de tempo d'Aston Villa lors de la remontée sur le flanc droit par un enchaînement Carson-Bouma-Barry-Young-Bouma-Carew-Young-Barry, lequel centre pour Agbonlahor.
• Le coup du foulard d'Emmanuel Adebayor (Arsenal) qui s'avère surtout être un centre potentiellement décisif.
• Le contrôle intérieur du pied dans la course à la réception d'une transversale de quarante mètres de David Bentley (Blackburn) qui cloue sur place Pascal Chimbonda et permet d'enchaîner sur un centre décisif.
• Le réflexe de Kevin Kilbane (Wigan), victime d'une agression caractérisée (voir plus bas) et qui se relève pour implorer l'arbitre de ne pas expulser son agresseur sous prétexte d'avoir pu se relever.
• La frappe de trente-cinq mètres en lucarne, ouverture lumineuse dans l'axe, débordement sur l'aile droite, slalom au milieu de quatre défenseurs axiaux et frappe impeccable au ras du poteau: on voit mal comment le Ballon d'Or pourrait cette année échapper à Peter Crouch (Liverpool).


Les 5 antigestes de la semaine

• Le tacle tout en interception de Richard Dunne (City) qui propulse de manière imparable le centre de Nicolas Anelka dans ses propres filets.
• L'imitation convaincante d'un piquet par Gary Cahill (Bolton), pris par un double contact le long de la ligne de touche d'Ashley Young et qui met trois secondes à s'en rendre compte.
• L'imitation moins convaincante d'Eunice Barber par Damien Johnson (Birmingham), avec la cheville, voire la carrière de Kevin Kilbane dans le rôle de la marque à atteindre.
• Le lob aveugle du tibia de Kevin Chopra (Sunderland). En même temps, il passe parfaitement au-dessus du gardien et finit dans les filets.
• La solitude de Niklas Bendtner (Arsenal) sur son but. Quelles qu'en soient les raisons, c'est juste moche.

 
La citation de la semaine

Ian Holloway, l'entraîneur de Leicester, à propos de Cristiano Ronaldo: "Il fait un mètre quatre-vingts, est tanké comme un apollon, beau gosse. Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas avec lui. Avec un peu de chance, il est monté comme un hamster. Ça nous ferait tous nous sentir beaucoup mieux".


La perf de la semaine

D'accord, Bolton est à la rue et va probablement descendre. Mais le récital offert par Aston Villa, certes parfois de manière improductive, mais de nature à régaler les amateurs de jeu construit et léché n'est que le zénith d'une saison riche en prestations du même type. Et en liquéfactions soudaines. Portés à bout de bras par leur leader charismatique Gareth Barry, ancrés autour du roc John Carew, les Villains ont construit une identité de jeu à partir de jeunes talents scintillants (Agbonlahor, Young, Carson) qui, si les petits cochons et les mercatos ne les mangent pas, pourraient aller très haut.


La lose de la semaine

"Laissez moi encaisser le résultat de manière digne et sortir d'ici avant que je dise quelque chose qui me fera passer pour un idiot".  Roy Hodgson sait qu'à l'issue d'un match au niveau technique caractéristique d'une confrontation entre potentiels relégués, Fulham a définitivement scellé son sort en Championship. Dans l'indifférence générale. Hormis Jean Tigana, qui peut désormais ranger ses poupées vaudou.



Big Four

Interlude
Étrangement coincé entre deux manches de Champion's League, ce deuxième duel au sommet en une semaine n'allait pas régaler outre mesure le spectateur, les deux entraîneurs ayant décidé de remanier assez sensiblement leur onze de départ.
La proximité du quart de C1 et tous ces changements dans les compositions allaient constituer le terreau infertile d'un match plaisant mais décousu. Les Gunners s'illustraient essentiellement aux moyens des accélérations d'un Théo Walcott surmotivé et dont les capacités de percussion finiront bien un jour par l'imposer dans l'équipe type du technicien alsacien.

Côté Reds, c'est Crouchy le géant gentil qui aura marqué le plus de points. Déjà auteur d'une frappe de mammouth des trente mètres dont la puissance et la trajectoire surprenaient tout le monde, y compris son auteur, c'est lui qui ouvrait le score avant la mi-temps. Reina envoyait très loin son dégagement, Benayoun et Crouch combinaient à travers la défense surprise, et les 45 kilos de l'homme sans muscle propulsaient le ballon depuis les seize mètres. Du foot direct comme Benitez en rêve la nuit. La Red Army, qui apparemment n'avait pas encore déserté les lieux depuis mercredi,  donnait de la voix, scandant les noms des absents.


Arsenal rate le coche
Au retour des vestiaires les Londoniens – qui sont devenus ces derniers temps adeptes de la course contre le score – ne tardaient pas à réagir par Bendtner qui catapultait un coup franc de Fabregas dans les buts. Le géant danois était ensuite boudé par ses coéquipiers pendant qu'il fêtait sa troisième réalisation de l'année en championnat.
Pas sûr que le tacticien espagnol ait cependant goûté les divers ratés de Riise. Pas sûr non plus que le énième changement dans la charnière (Skrtel et Carragher) ait réellement répondu aux questions que se pose Benitez. Celle évitant de peu une nouvelle punition par Hleb qui, paraissant lui-même surpris de se retrouver en position si avantageuse.
Au final, un score nul logique qui rétrospectivement génèrera une nouvelle fois de la frustration dans les rangs des Canonniers qui ne profitent pas du nul concédé par les Mancuniens.


Le retour de la momie
"Je sais que ce n'est pas facile, mais je n'ai jamais demandé à avoir une vie facile". Pointé du doigt par ses propres joueurs comme responsable de la défaite face au Fener trois jours plus tôt, Grant, dont le coaching et la maîtrise tactique ne semblent pas être les qualités majeures, reconnaît dans une interview publiée le matin même dans le Mail "n'avoir rien à foutre" du manque d'affection voire de respect de ses hommes. Ambiance. Une certaine tension règne donc dans le vestiaire des Blues alors qu'ils s'en vont affronter les Citizens, avec la victoire comme seul objectif.

Face à des Mancuniens en perte de vitesse, qui veulent au moins tenter d'effacer le 6-0 infligé à l'aller, l'entraîneur londonien laisse Makelele et Drogba au repos et ressort du formol Shawn Wright-Phillips, associé à Kalou et Anelka en attaque.
Comme à leur nouvelle habitude, les Blues rentrent fort dans le match et marquent très vite, Dunne déviant un centre puissant d'Anelka dans ses buts. Hélas, retombant dans leurs travers tactiques, ils vont peu à peu reculer et laisser la balle aux locaux, menés par un Petrov très actif mais peu en réussite. À la pause, et après un sauvetage d'Ashley Cole sur sa ligne, Chelsea peut s'avouer heureux de mener au score, les Blues se contentant de contre-attaquer.

Alors que les Mancuniens reprennent leurs assauts sur le but de Cudicini, Kalou, particulièrement maladroit jusque-là, double la mise sur un service en profondeur d'Essien. Ce but a pour effet de libérer les Blues: par l'intermédiaire d'un Anelka survolté, ils enclenchent la surmultipliée et vont acculer City sur ses buts, sans toutefois retrouver la faille, mais montrant des mouvements qu'on croyait disparus de ce côté là de Londres.
À cinq journées de la fin, les Blues sont plus que jamais en embuscade derrière MU, sans parler de la demie de LDC face aux Reds. Bel exploit pour une équipe au bord de l'autogestion...


Ooops, I did it again
Une fois leur démonstration romaine digérée, United se réattaquait donc au championnat, avec le devoir de reprendre cinq points à Chelsea, gagnant la veille. En face, Middlesbrough s’était fait jusque là une spécialité de tendre de jolis pièges aux équipes de tête. Pas de quoi inquiéter une arrière-garde mancunienne pourtant privée de Vidic.
Tout commençait très bien avec ce but de Dieu dès la dixième minute. Les occasions se multipliaient, mais sans entrevoir le break au tableau d’affichage. C’est alors qu’Afonso Alves se réveilla: un but, puis deux, puis presque trois sur un joli service d’Aliadière. Sans y voir pour autant une quelconque coïncidence, il commença à neiger à ce moment précis.

Les Red Devils poussaient pendant les trente dernières minutes, grâce à l’excellente rentrée de Park, parvenaient à égaliser par Rooney, mais laissaient la victoire leur échapper. Au lieu d’éructer sur Mr Riley, Ferguson félicitait Boro en sous-entendant avoir eu de la chance de glaner un point. United étant théoriquement plus fort, le mauvais résultat n’incombe évidemment pas à l’arbitrage. Gareth Southgate réussit à maintenir son équipe en Premier League. Ferguson réussit à maintenir un écart de trois points sur Chelsea.



tk33_plessis.jpgAncien combattant: Damien Plessis

La jeune carrière de Damien Plessis aura déjà créé le buzz deux fois en quelques mois. À quelques heures de la clôture du marché des transferts, en août dernier, les brèves relaient l’information selon laquelle le filiforme milieu de terrain, qui vient de jouer et atteindre les demi finales du championnat d’Europe U19, file sans indemnité de Lyon à Liverpool. Énième exil suicidaire d’un jeune prometteur vers les bancs surchargés de Premier League, nouvel acte de piraterie, pillage des centres de formation, les commentaires vouent le jeune homme aux gémonies, d’autant que Benitez lui promet... l’équipe réserve. Les exemples de plantages ne manquent pas, qui semblent donner raison aux sceptiques: Le Tallec et Sinama-Pongolle du Havre, bien sûr, Vignal, ou le franco-marocain El-Zhar de St Etienne, ne sont pas franchement devenus des cadors du Liverpool FC où le vestiaire de Diomède est certainement hanté.

Melwood place
Que ce soit la perspective bouchée à Lyon, qui ne lui a pas proposé de prolongation et où il commençait à s'ennuyer ferme, ou bien le chéquier britannique qui ait provoqué sa décision, Plessis part donc sereinement travailler ses gammes à Melwood dans la cantanera liverpuldienne.
Avec la Youth Team, Plessis apprend et attend patiemment son heure. Vainqueurs de la Coupe, et bien partis pour emporter leur championnat, les réserves offrent finalement une belle exposition. Quand le coach, privé de Mascherano, peu convaincu par Alonso et désireux de faire souffler Gerrard se demande bien qui aligner au côté de Lucas à l’Emirates, il lui offre alors, un mois après son vingtième anniversaire, rien moins qu’une titularisation contre Arsenal. Peut être un moyen d’observer en conditions réelles un joueur qui possède les mêmes caractéristiques que le Malien Sissoko (lui aussi un renégat, dixit Guy Roux) parti depuis à la Juve.

Pour son premier match pro, Damien s’est plutôt bien débrouillé, venant peu à peu à bout du trac de départ et s’appliquant dans le placement. Un retourné complètement raté devant sa surface sera sa seule gaffe de la partie, pas de quoi ternir une bonne impression d’ensemble, qui lui vaudra les félicitations de Benitez et un magnifique sourire de soulagement devant les micros. À sa charge, après avoir les avoir fait taire, de transformer les quolibets en élogieux superlatifs.



tk33_barry.jpgDécouverte : Gareth Barry

Ayant exercé ses fonctions entre deux leaders charismatiques – un Suédois charmeur et un Italien martial –  Steve McClaren aura eu clairement du mal à se construire un nom dans l’histoire des sélectionneurs de l’équipe d’Angleterre. Méprisé tant pour son manque de résultats que pour l’absence d’identité perceptible insufflée à son équipe, McClaren aura surtout pâti de donner l’impression de ne pas savoir ce qu’il faisait. Acmé de cette catégorie de critique: la décision de ne pas titulariser sur la fin de son mandat Frank Lampard – dont l’association avec Steven Gerrard ne faisait pourtant plus rêver personne – au profit du beaucoup moins glamour (ce qui n’est pas peu dire) Gareth Barry.

350 fois Villain
De ce point de vue, effectivement, le capitaine de Villa n’est pas exactement Cristiano Ronaldo. En partie à cause d’une absence complète de visibilité médiatique people (une discrétion à peu près équivalente à celle de Paul Scholes et une conduite tellement peu sulfureuse que son seul fait d’armes reste d’avoir séparé Kieron Dyer et Lee Bowyer à Saint James Park), à une lisibilité rendue difficile par l’occupation de plusieurs postes successifs (il a été attaquant, défenseur gauche, milieu gauche, défenseur central dans une défense à trois avant d’atteindre sa plénitude comme milieu défensif axial) et à une éclipse de quatre ans de l’équipe nationale, snobé par Sven-Goran. Surtout, Gareth est fidèle, Stevie Gerrard style, à un club qui ne brille pas précisément par sa constance sous les sunlights: plus de 350 apparitions sous le plus beau maillot d’Angleterre en dix ans, ce qui lui vaudra une cérémonie officielle orchestrée par le club.

On aurait pourtant tort de se perdre dans cette apparence d’honnête joueur de devoir et de club. Gareth Barry a toujours suscité les commentaires les plus élogieux chez l’ensemble de ses entraîneurs et partenaires, et il y a bien une raison à cela. Plus jeune joueur à atteindre les 300 apparitions en Premier League (à vingt-six ans!), détrônant une nouvelle fois Lampard, il est aussi un des rares joueurs à surnager dans le naufrage collectif de l’équipe nationale. Surtout, 2007/2008 est réellement la saison de son explosion. Entouré d’une bande de gamins hautement talentueux (Ashley Young, Agbonlahor, Carson, Reo-Cocker, Routledge), il est celui qui stabilise l’ensemble par la justesse de son tempo, la capacité à récupérer et à se projeter très rapidement vers l’avant. Villa lui doit une bonne partie de son excellente saison. Reste à savoir qui l’entourera encore la saison suivante. Car une chose est certaine: en dépit d’intérêts appuyés (Tottenham, Chelsea), Gareth Barry sera encore un Villain l’an prochain. Ainsi que les quarante années à venir.
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