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Teenage Kicks - Saison 2, épisode 1

La Gazette anglaise signe son retour et revient sur le début de saison, le choc Chelsea-Liverpool, l'avènement des Black Cats et la mode automne-hiver dans la perfide Albion.
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Résumé des épisodes précédents


Pour tous ceux qui ont passé les deux derniers mois sur Pluton ou à Limoges, un petit rappel sur l'entame de la Premier League 2008/2009 sera utile.

Blues revanchards
Chelsea aux avant-postes, voilà qui n'est une surprise pour personne. Le quasi sans-faute des Blues (jusqu'à ce week-end), à peine entaché d'une aumône accordée à domicile aux pauvres Spurs, est le résultat logique d'une intersaison parfaitement maîtrisée par les ouailles d'Abramovitch.

Mis à part l'épisode tragicomique du transfert avorté de Robinho, Chelsea ne s'est pas particulièrement fait remarquer cet été. Scolari est la pointure que les fans et les joueurs réclamaient depuis le départ du Special One, et les arrivées de ses hommes de confiance en sélection portugaise, Bosingwa et Deco, sont des retouches intelligentes apportées à un effectif revanchard. C'est à peine si l'absence récurrente de Drogba se fait sentir. Cole, Lampard et Anelka rayonnent, le jeu est fluide: ce Chelsea a du talent, et de l'appétit.


Reds aériens
Seul Liverpool suit pour l'instant le train d'enfer imposé par Lampard et les siens, mais dans son style propre, un peu fruste: une solidarité à toute épreuve, des éclairs de génie individuels, la forme étincelante de l'énorme Dirk Kuyt... et une baraka incroyable. La fin du turnover imposé par Benitez la saison passée n'a pas révolutionné l'équipe, mais sa prise en main par des cadres déterminés la rend redoutable. Si les événements continuent à tourner en sa faveur, tous les espoirs sont permis pour les Reds.

Manchester United, après un départ poussif marqué notamment par une défaite à Anfield, semble avoir retrouvé son allant. Rooney rayonne, Berbatov est parfaitement intégré, Ronaldo retrouve sa forme, Neville est sorti du formol, et Man Yoo ne devrait pas tarder à apparaître dans le rétroviseur du duo de tête.
À l'Emirates Stadium, on cogite un peu plus: les Gunners ont-ils l'expérience, le mental, la profondeur d'effectif pour se mêler à la lutte? Rien n'est moins sûr, surtout après les épisodes contrariants face à Fulham, Hull et Sunderland... Arsenal semble un peu trop tendre, au grand dam de Fabregas.


Les figurants s'agitent
Derrière l'inamovible Big Four, les outsiders plus ou moins autoproclamés sont d'ores et déjà condamnés à faire de la figuration. Portsmouth et Aston Villa connaissent des trous d'air rédhibitoires, Manchester City malgré l'arrivée de Robinho n'a pas eu le temps de profiter à plein de la nouvelle manne émiratie, et Tottenham doit d'abord assurer son opération maintien, entamée avec optimisme ce week-end suite à l'arrivée de Harry Redknapp aux commandes. Rappelons que c'était lui ou Ginola. Tottenham a donc déjà touché le fond et ne peut que rebondir.

La bouffée d'air frais de ce début de saison vient, contre toute attente et à la stupeur de bookmakers terrifiés, de l'incongru Hull City FC. Qui aurait parié un penny sur un club qui accédait pour la première fois de sa longue histoire à la Premier League, et commettait la double provocation de recruter Bernard Mendy et Daniel Cousin? Certainement pas Arsène Wenger, battu dans son jardin il y a quelques semaines. La blague ne fait plus rire grand monde, et Hull trace sa route, tranquillement installé sur le podium.

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Liverpool aux commandes : if the kids are united...

Depuis quelques années, chaque déplacement des Reds à Stamford Bridge constitue une sorte de match de la peur. La classe dominante des parvenus du quartier de la City avait, semble-t-il, pris durablement l'ascendant sur les prolos historiques du Nord-Ouest, et chaque affrontement en compétition domestique tournait quasi invariablement à l'avantage des Blues. L'Armée Rouge, dans sa marche vers le Grand soir, avait visiblement décidé dimanche de laisser ses complexes à la maison et de contrer l'invincible armada avec la principale qualité qu'on lui connaît: la so-li-da-ri-té.

Impressionnant Jamie Carragher, constamment au charbon; rayonnant Steven Gerrard, technicien de toutes les surfaces remonté comme une pendule; généreux Xavi Alonso, homme du match grâce à son but. Pour une fois, peu d'esprits chagrins viendront se plaindre de l'option défensive des hommes de Benitez. Quand l'esprit collectif est à ce point mis en exergue, les louanges sont de rigueur.
D'autant qu'en face, la bourse aux belles actions – malgré un beau volume d'échanges – n'a pas permis de faire monter l'indice Chelsea. Les Blues voient leur cote s'effriter en perdant ces trois points. Il n'est pas question de crise, mais tout au moins peut-on imaginer que l'histoire est en marche, et que les damnés du foot anglais, avec leur foot que l'on disait rassis, sont enfin des hommes debout.



tk1_sunderland.jpgKiffer Sunderland
 
Ce n'est pas encore la révélation de la saison, mais le vénérable Sunderland Association Football Club mérite un coup de projecteur. Pénibles quinzièmes de Premier League la saison passée, juste au-dessus de la ligne de flottaison, les Black Cats passaient jusqu'ici, de ce côté du Channel, pour une caricature de l'équipe britannique de bas de classement, étrangement installée depuis une dizaine d'années dans un stade tout confort – le Stadium of Light – et disputant à ses voisins Newcastle et Middlesbrough une hasardeuse domination régionale. Pourtant depuis deux ans, quelque chose a changé sur les bords de la rivière Wear.


Couleur L1
À l'été 2006, après une nouvelle relégation en Championship (D2), le club est repris par un consortium d'hommes d'affaires irlandais. L'ancien international Niall Quinn est nommé président du club et installe à la tête de l'équipe un compatriote fraîchement retraité: Roy Keane, qui réussit le pari de faire remonter illico son équipe dans l'élite, puis de l'y maintenir la saison dernière.
L'argent du boom économique irlandais permet alors un recrutement remarquable. Contre 35 millions d'Euros, une petite colonie estampillée Ligue 1 débarque: Steed Malbranque (Fulham), Pascal Chimbonda et Teemu Tainio (Tottenham), El-Hadji Diouf (Bolton) puis Djibril Cissé (en prêt de Marseille) viennent rejoindre le vétéran Dwight Yorke et le jeune Jean-Yves M'voto (ex-PSG).

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Faire vivre le ballon
Sunderland ne cache pas ses ambitions: l'objectif est une qualification pour une coupe d'Europe. D'un coup, les Black Cats ne font plus rire. Et sur le terrain? Demandez à Arsène Wenger – une fois de plus – ce qu'il en pense: ses mouflets de Gunners on arraché le nul à la dernière minute, privant les Black Cats d'une victoire de prestige plus en rapport avec le jeu proposé par les hommes de Keane. À l'issue du match, ce dernier rappelait que son équipe se devait, pour tenir ses objectifs, de s'appuyer sur ses qualités: faire vivre le ballon, tenir celui-ci au sol et proposer du mouvement. Pour qui a vu jouer Sunderland ces dernières années, c'est une petite révolution.

Vieira n'y viendra sans doute pas comme l'annonçait la rumeur, mais cette saison pourrait bien être la plus belle depuis longtemps dans le nord-est de l'Angleterre et, pour peu que Cissé arrête de frapper sur les poteaux, l'avenir semble sourire à Sunderland. À moins que la tempête financière n'emporte ses bailleurs de fonds, et avec eux tous les espoirs.



tk1_ramos.jpgLa statistique vraiment très intéressante

Il y a quelques années, le Big Four se démarquait tant par sa qualité ses résultats que par sa classe vestimentaire. Ses entraîneurs (Mourinho, Ferguson, Wenger, Benitez) poussaient le principe de supériorité jusque dans l’apparence physique. Cela suffisait parfois à impressionner psychologiquement l’adversaire, honteux de se faire diriger par un buveur de bière rougeaud en survêt’.
Si le costard a depuis perdu quelque peu de son aura (sur les soixante premiers matches disputés, 74% des managers l’ont porté), certains continuent obstinément de s’exhiber avec. C'est une question de prestance. Scolari (Chelsea) n’en a pourtant pas besoin pour être devant (0%), et Ramos (Tottenham) l'arborait pour ne pas entacher le peu d’allure qui lui restait (100%). Peine perdue pour l'Espagnol, prématurément remercié. Certains, comme Bruce (Wigan) ou Pulis (Stoke) alternent. Il faut juste trouver la bonne mesure.



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