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Peter Bateman

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Revue de stress #153

Air transferts

When Saturday Comes – L'été signifie l'attente impatiente de nouvelles signatures, mais même lorsque le transfert d'une recrue est bouclé, les supporteurs n'ont pas toujours l'occasion de la voir jouer.

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Extrait du numéro 342 de When Saturday Comes. Titre original : "Deal Breakers", traduction Toto le zéro.

 

* * *

Chez la plupart des supporteurs, le sentiment qui prédomine en fin de saison n'est ni l'euphorie, ni le désespoir, mais bien une impression tenace d'insatisfaction: l'année aurait pu être pire, mais aurait aussi dû être bien meilleure. Ils considèrent alors la période des transferts de leur club comme une première indication de ce que sera l'année à venir. 
 

 

Clive Allen, le fantôme de Highbury

En juin 1980, de nombreux fans d'Arsenal ont dû voir en l'arrivée de Clive Allen des Queens Park Rangers comme un message fort. À seulement dix-neuf ans, le buteur sortait d'un saison prolifique à Loftus Road, ce qui avait poussé les Gunners à débourser 1,25 million de livres, faisant de lui le premier espoir à dépasser le million. Avec les défaites en finale de Coupe de la ligue et d'Angleterre la saison précédente, ainsi que le départ annoncé de Liam Brady pour l'Italie, ce transfert ambitieux avait déclenché une vague d'optimisme.

 


Clive Allen (à gauche) avec son entraîneur Terry Neill.

 

Clive Allen débuta pourtant la saison en tant que joueur de Crystal Palace. Ses seules rencontres avec Arsenal auront été trois amicaux de pré-saison lors desquels il ne marqua aucun but. Parmi les explications avancées à propos de ce curieux épisode, celle d'un accord tripartite qui verrait Arsenal obtenir l'arrière de Crystal Palace Kenny Samson. Son transfert ainsi convenu à Highbury impliqua donc le départ de Clive Allen d'Arsenal huit semaines seulement après son arrivée.

 

Le club des Eagles avait longtemps souhaité faire signer le joueur, mais la rumeur voulait que QPR n'était pas du tout disposé à le leur vendre. Une explication plus prosaïque était que Terry Neill, l'entraineur des Gunners, se soit rendu compte de son erreur et considéra que le joueur n'était pas adapté au style de jeu de son équipe. Un an plus tard, la boucle fut bouclée pour Clive Allen: relégué, Crystal Palace le transféra... aux Queens Park Rangers.

 

 

85.000 livres la minute

Plus récemment, certains transferts européens s'avérèrent véritablement embarrassants pour les clubs ayant succombé aux arguments persuasifs d'agents imaginatifs. Jeremy Peace, le président de West Bromwich Albion, doit probablement encore souffrir d'insomnies à la suite du transfert de l'attaquant Polonais Bartosz Slusarski au cours de l'été 2007.

 

Venu du club de Dyskobolia Grodzisk Wielkopolski, à l'Ouest de la Pologne, pour 680.000 livres, sa carrière au club dura huit minutes, ramenant sa prestation chez les Baggies à la coquette somme de 85.000 livres la minute, mais ces huit trop petites minutes ont suffit à révéler l'ampleur du désastre. Le Polonais fut ensuite exilé à Blackpool et un Jeremy Peace furibard jura qu'on ne l'y reprendrait plus.

 

Le club voisin d'Aston Villa s'est également fait surprendre avec des joueurs étrangers inconnus, mais aux agents tout aussi inventifs. L'Italien Fabio Ferraresi, dix-neuf ans lors de sa signature chez les Villans à l'été 1998, avait parait-il préféré le club anglais à l'AC Milan et endossé un rôle déterminant dans la promotion de son club de Cesena la saison précédente. En vérité, il n'avait été qu'un remplaçant occasionnel n'ayant jamais joué. Il ne joua pas vraiment non plus pour Aston Villa, mais fut néanmoins plus actif que le malheureux Slusarski, car il passa vingt minutes sur un terrain en Norvège en coupe de l'UEFA.

 

 

Considérations familiales

L'Italien aura eu le mérite de jouer un match officiel, ce qui ne fut pas le cas d'autres signatures estivales des Villans en 1998. David Unsworth avait quitté Everton pour rejoindre West Ham l'année précédente, mais sa famille n'avait pas réussi à s'installer à Londres. Le club des Hammers avait alors accepté de le laisser signer dans un club plus proche de sa région natale et Aston Villa profita donc de l'opportunité pour le faire venir à mi-chemin de chez lui. S'il mit un an à se rendre compte que Londres n'était pas fait pour lui, il se lassa de Birmingham en quatre semaines seulement et retourna à Everton avant même le début de la nouvelle saison. Sa seule apparition chez les Hammers fut un match amical de pré-saison à Wycombe Wanderers, et son seul impact durable dans l'effectif la blessure qu'il infligea à Dwight York à l'entraînement.

 

Même aux niveaux inférieurs, les considérations familiales peuvent jouer un rôle crucial dans les revirements de transferts. En 1987, les Kidderminster Harriers en Conference League (ligue semi-professionnelle) annoncèrent l'arrivée du défenseur central Alan Kurila, âprement négociée avec le club des Bromsgrove Rovers au niveau inférieur en Southern League. Toutefois, le joueur se trouva toujours aux Rovers l'année suivante, son retour au club étant provoqué par l'intervention de sa femme, qui craignait que son accession en Conference League ne l'éloignât trop souvent de son foyer.

 

L'optimisme engendré par les signatures estivales peut vite se dissiper lorsque les supporteurs voient les nouveaux jouer tandis que ceux qui n'ont jamais joué les laissent en pleines conjectures: "Et s'il était resté...?" Mais toutes ces grandes déceptions ne peuvent empêcher certaines petites consolations. Un supporteur d'Aston Villa que je connais garde toujours précieusement le maillot du club acheté lorsqu'il avait dix ans par son père pour ce match à Wycombe d'il y a si longtemps. Le maillot a le numéro 6 et le nom d'Unsworth. Aucun autre écolier n'a jamais eu le même.

 

Bonus : Clive Allen aura décidément été l'homme des actes virtuels, puisque ce splendide but, pourtant valable, lui fut refusé lors de Coventry-Crystal Palace, cette même saison 1980/81.

 

 

 

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